Selon les microbiologistes, voici comment se laver correctement et efficacement les mains

lavage mains
| Shutterstock/ Alexander Raths

Bien que se laver les mains soit une activité quotidienne banale que la majorité des individus réalisent sans réfléchir, ce n’est pas pour autant que nous le faisons correctement. En réalité, la plupart n’y consacrent pas suffisamment de temps, ne frottent correctement et/ou assez fort leurs mains ou n’utilisent pas les produits appropriés. Ainsi, une mauvaise hygiène des mains peut non seulement nuire à notre propre santé, mais également propager des pathogènes dans notre environnement. À ce titre, voici une série de conseils pour se laver les mains correctement, qui sont particulièrement importants durant cette épidémie de COVID-19.

Il existe deux stratégies principales. La première consiste à diminuer la biomasse globale des microbes, c’est-à-dire à diminuer la quantité de bactéries, virus et autres types de micro-organismes. Pour cela, faire mousser le savon sur les mains et les rincer fonctionne efficacement. La chimie du savon aide à éliminer les micro-organismes de nos mains en accentuant les propriétés glissantes de notre propre peau.

Des études ont montré qu’un lavage efficace à l’eau et au savon réduit considérablement la charge bactérienne des bactéries responsables de la diarrhée. La deuxième stratégie consiste à tuer les bactéries. Pour ce faire, il faut utiliser des produits contenant un agent antibactérien tels que l’alcool, le chlore, les peroxydes, la chlorhexidine ou le triclosan. Certains travaux universitaires ont montré que les savons antibactériens sont plus efficaces pour réduire certaines bactéries sur les mains souillées que les savons classiques.

La nécessité de faire attention aux produits nettoyants utilisés

Cependant, il y a un problème. Certaines bactéries peuvent être dotées de gènes qui leur permettent de résister à un agent antibactérien donné. Cela signifie qu’après que l’agent antibactérien a tué certaines bactéries, les souches résistantes restant sur les mains peuvent prospérer. De plus, les gènes qui ont permis aux bactéries d’être résistantes pourraient se transmettre à d’autres bactéries, donnant lieu à des souches plus résistantes.

À LIRE AUSSI :
Le coronavirus survit sur la peau cinq fois plus longtemps que celui de la grippe
formule triclosan
Reconnu comme perturbateur endocrinien, le triclosan a été retiré des produits nettoyants pour les mains. Crédits : ChemBase

De plus, l’utilisation à long terme de certains produits antibactériens peut nuire à votre santé. Par exemple, des études animales portant sur l’agent antibactérien triclosan, qui se trouvait auparavant dans les savons, les dentifrices et les déodorants, ont montré qu’il modifiait le fonctionnement des hormones dans le corps (perturbateur endocrinien). La Food and Drug Administration (FDA) a interdit l’utilisation de produits de lavage antiseptiques en vente libre contenant du triclosan et de nombreux autres ingrédients actifs antibactériens.

Une procédure simple pour se laver les mains correctement

Pour se laver correctement les mains, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) recommandent :

  • mouiller les mains avec de l’eau propre
  • appliquer du savon et faire mousser/frotter tous les coins et recoins de vos mains pendant 20-30 secondes, y compris entre les doigts
  • bien rincer à l’eau courante propre
  • sécher les mains avec une serviette en papier propre ou sécher à l’air
  • Surtout dans les lieux publics : si le robinet n’est pas automatique, le fermer avec la serviette (évitez le contact direct après le lavage)

Malheureusement, tout le monde ne se plie pas à ces règles. Une étude indique que 93.2% des 2800 personnes interrogées ne se lavaient pas les mains après avoir toussé ou éternué. De plus, une autre étude a montré que dans un environnement universitaire incluant 3749 participants, le temps moyen de lavage des mains était d’environ six secondes, ce qui est largement insuffisant.

Pour plus de détails, cette vidéo, réalisée par la Johns Hopkins University, montre les étapes de lavage conseillées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

Si le savon et l’eau ne sont pas disponibles, les CDC recommandent d’utiliser un désinfectant pour les mains à base d’alcool qui contient au moins 60% d’éthanol. Les alcools ont un large spectre d’activité antimicrobienne et sont moins sélectifs pour la résistance que d’autres produits chimiques antibactériens. Cependant, les désinfectants pour les mains à base d’alcool peuvent ne pas fonctionner sur toutes les classes de germes.

À LIRE AUSSI :
La COVID-19 deviendra « probablement endémique »

Sur le même sujet : Une bactérie améliorant les capacités physiques retrouvée dans le microbiote d’athlètes

Microbiote : tous les micro-organismes ne sont pas des agents pathogènes

Nous vivons dans un monde microbien : des milliards de bactéries différentes colonisent notre peau, nos intestins et nos orifices. Collectivement avec les levures et les virus, ils sont appelés microbiote. Une pléthore de recherches passionnantes suggère que les associations d’hôtes animaux avec leur microbiote ne sont pas rares, mais sont en fait d’une importance fondamentale pour la biologie de l’hôte.

microbiote humain
Infographie présentant quelques-uns des nombreux micro-organismes constituant le microbiote humain. Crédits : Lelivrescolaire

Notre microbiote peut nous protéger des germes en entraînant notre système immunitaire et en faisant obstacle à la colonisation ; par exemple, la caractéristique du microbiote intestinal est de bloquer la colonisation des pathogènes. Bien que davantage de recherches soient nécessaires pour comprendre les interactions complexes entre les communautés microbiennes et les cellules hôtes, des travaux cohérents montrent qu’une population diversifiée de microbes et un équilibre de cette communauté sont importants pour notre santé.

À LIRE AUSSI :
Innovation : un hydrogel conducteur qui pourrait guérir les lésions nerveuses

Une mauvaise alimentation, un manque de sommeil, le stress et l’utilisation d’antibiotiques peuvent perturber négativement le microbiote, augmentant le risque de contracter certaines infections. Le microbiote participe activement à la prévention et parfois à l’évolution des maladies, selon l’état des populations microbiennes.

Plus d'articles
geode expansion
Des chercheurs prédisent la localisation d’un potentiel candidat à l’énergie sombre