Au cours des dernières années, de nombreuses études ont révélé l’intelligence hors-norme des corbeaux. Capables d’utiliser des techniques sophistiquées pour recueillir leur nourriture, ces oiseaux n’ont pas fini d’étonner les scientifiques. Une équipe de biologistes a en effet mis en évidence une capacité spectaculaire de certains corbeaux, jusqu’alors inobservée chez des animaux non-humains.

Les corbeaux de Nouvelle-Calédonie utilisent des outils dont la sophistication dépasse de loin celle des autres animaux. Cela indique que les corbeaux peuvent apprendre les uns des autres. Cependant, ces oiseaux étant solitaires et ne communiquant pas par le langage, les scientifiques ont longtemps tenté de comprendre comment cette transmission du savoir se faisait.

Une nouvelle étude montre que si Corvus moneduloide est une créature solitaire, il est capable d’apprendre de nouvelles techniques d’outillage et de les appliquer en faisant appel à sa mémoire ; un phénomène jamais observé chez les animaux jusqu’alors.

Bien que les corbeaux soient des oiseaux très intelligents, ceux de Nouvelle-Calédonie sont particuliers. Ils plient des brindilles et déchirent des feuilles pour confectionner des outils-hameçon afin d’extraire les vers de terre du sol. En outre, ils sont capables de façonner et nouer des câbles avec minutie.


Un autre article sur l’intelligence des corbeaux :

Les corbeaux se souviennent des individus qui ont été malhonnêtes avec eux


Dans cette vidéo, l’intelligence des corbeaux est une nouvelle fois confirmée par leur capacité à résoudre des problèmes séquentiels :

Néanmoins, les scientifiques s’interrogent sur la façon dont les corbeaux acquièrent ces capacités, étant donné qu’ils ne s’imitent pas entre eux, même en captivité. Une équipe de biologistes de l’université d’Auckland, dirigée par Sarah Jelbert a montré que lorsque de nouveaux outils, et leur utilisation, sont présentés aux corbeaux de Nouvelle-Calédonie, ces derniers sont capables de reproduire des outils similaires de mémoire. Les chercheurs suggèrent que les corbeaux apprennent en regardant leurs parents ou en trouvant des outils façonnés par d’autres et, parfois, les perfectionnent, conduisant à une forme de sophistication technologique.

Jelbert a enseigné à huit corbeaux une astuce qu’ils n’auraient pas appris d’eux-mêmes dans la nature. Elle a créé un distributeur automatique récompensant les corbeaux par de la nourriture lorsqu’ils inséraient des morceaux de papiers colorés à l’intérieur. Une fois assurée que les corbeaux avaient compris l’idée, elle leur a donné des morceaux de papier coloré trop grands pour être insérés.

Les oiseaux ont alors commencé à déchirer le papier — quatre d’entre eux sans avoir besoin d’indice — jusqu’à ce qu’il puisse entrer dans la machine. Ensuite, deux papiers de couleur différente ont été donnés aux corbeaux, dont une seule des couleurs activaient la machine. Sept des huit corbeaux ont rapidement appris à utiliser uniquement la couleur adéquate.

Une fois les corbeaux préparés, la biologiste est passée au véritable test. Elle a donné aux corbeaux deux morceaux de papier de taille différente, dont seulement l’une des deux tailles permettait d’obtenir la récompense. Une fois que les corbeaux ont compris quelle taille ils devaient utiliser, Jelbert leur a fourni un grand morceau de papier.

Rapidement, les corbeaux ont déchiré ce dernier, en faisant des morceaux de taille très similaire à celle qu’ils utilisaient précédemment. Un corbeau nommé Emma a été plus minutieux que les autres en déchirant deux fois les mêmes morceaux afin d’obtenir des tailles correspondant quasi-parfaitement à la bonne taille, sans avoir de patron auquel comparer son travail.

Cette vidéo présente les tests auxquels les corbeaux de Nouvelle-Calédonie ont été soumis :

Le processus cognitif sous-tendant un tel phénomène est spectaculaire : les corbeaux parviennent à identifier qu’une taille de papier fonctionne mieux qu’une autre, se souviennent précisément de cette taille, puis déchirent le papier de manière à ce qu’il corresponde à celle-ci sans pour autant avoir de pouces opposables.

Emma a même démontré un niveau de perfectionnisme non-requis. Les travaux de Jelbert permettent d’expliquer les variations technologiques des outils entre les différentes régions de la Nouvelle-Calédonie. Dans tous les cas, une transmission culturelle et une véritable évolution sont impliquées, phénomène jusqu’alors jamais observé chez des animaux non-humains.

Source : Scientific Reports

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