Entre la Terre et le noyau galactique, il y a une ancienne étoile faible qui semble avoir quelque chose en orbite autour d’elle, de quoi fortement intriguer les astronomes.

Cette découverte rejoint plusieurs autres objets stellaires qui ont déconcerté les chercheurs ces dernières années. De nombreuses suggestions quant à ces objets sont nées : s’agit-il de poussière ? de technologie extraterrestre ? Quoi qu’il en soit, il est toujours utile de connaître plusieurs de ces objets pour les étudier.

Dans un premier temps, les astronomes ont remarqué le vacillement périodique étrange de VVV-WIT-07 lors d’une étude menée en 2012, sur la Voie lactée intérieure, à l’aide du télescope VISTA au Chili. À présent, ils rendent compte de leur découverte, sans être vraiment certains de ce qui la cause. Des analyses de routine du ciel mettent souvent en évidence des objets qui croissent et décroissent de manière inattendue, menant à de nouvelles découvertes.

Certains de ces objets vacillent de manière périodique en raison de leur structure, tels que les très génériques BLAP, ou pulsateurs bleus de grande amplitude (une classe d’étoiles variables à pulsation). D’autres s’assombrissent parce que des planètes passent devant ces étoiles, ou car ces dernières glissent derrière des nuages de poussière. Et puis, il y a des objets comme celui découvert récemment, qui s’assombrissent de temps en temps de manière moins compréhensible… mais pour quelle raison ?

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En 2012, il a été constaté que l’amplitude de VVV-WIT-07 diminuait lentement pendant environ 11 jours, puis disparaissait rapidement au cours des 48 suivants. L’éclipse a bloqué 80% de la lumière mesurée, laissant un véritable casse-tête aux astronomes. En effet, aucune des autres explications habituelles ne permettait de rendre compte de l’éclipse.

Tabetha Boyajian, astronome à la Louisiana State University, comprend que trop bien toute l’excitation des chercheurs quant à cet objet. En 2015, cette dernière a dirigé une étude sur un objet similaire, nommé KIC 8462852, et connu depuis sous le nom « d’étoile de Tabby » ou étoile de Boyajian, selon le nom de la chercheuse. Mais, contrairement à VVV-WIT-07, tout ce qui se passe entre la Terre et l’étoile de Tabby, ne bloque qu’environ 20% de la lumière. Plusieurs années plus tard, nous nous interrogeons encore sur ce qui pourrait causer un modèle d’obscurcissement aussi étrange.

À ce sujet, Boyajian élimine les idées selon lesquelles une civilisation extraterrestre pourrait en être la cause : « Les nouvelles données montrent que différentes longueurs d’onde de lumière sont bloquées à différentes intensités. Par conséquent, tout ce qui se passe entre nous et l’étoile n’est pas opaque, comme on pourrait s’y attendre de la part d’une planète ou d’une mégastructure étrangère », a-t-elle déclaré récemment.

L’étoile de Tabby n’est pas la seule anomalie constatée dans les études récentes. En 2012, Mamajek, astrophysicien de l’Université de Rochester, a dirigé une étude qui enregistrait un étrange flux d’intensité autour d’une étoile. Sa singularité aurait pu être expliquée par une planète à anneaux.

Cependant, les anneaux en question devraient être absolument gigantesques : des anneaux qui feraient honte à Saturne, et qui devraient s’étendre sur une distance environ 200 fois plus grande que l’orbite des satellites glacés de notre glorieuse géante gazeuse.

Des anneaux pourraient-ils également expliquer la baisse d’intensité de VVV-WIT-07 ? Bien que Mamajek ne participe pas à cette étude, il ne pense pas que ce soit le cas ici : « L’anneau devrait faire plus d’un million de kilomètres de large et être très dense pour pouvoir bloquer autant de lumière stellaire », a-t-il déclaré.

D’énormes amas de poussière pourraient encore expliquer le phénomène. De plus, contrairement à des formes de vie extraterrestres évoluées, nous sommes certains, et depuis maintenant longtemps, que la poussière existe bel et bien dans l’espace. Il faut savoir que les nuages interstellaires bloquent déjà une bonne partie de la lumière de l’étoile, ce qui rend encore plus difficile la détermination de ses caractéristiques.

Bien que des densités variables dans les matériaux en orbite ne puissent pas être exclues, leur configuration serait plutôt inhabituelle, et remplacerait ce qui est déjà une mystère, par un autre mystère.

L’équipe de recherche s’attend à ce que l’occultation se reproduise l’année prochaine et se prépare donc à collecter davantage de données susceptibles de fournir des réponses. Jusque-là, les chercheurs gardent l’espoir de pouvoir, éventuellement, réussir à identifier quoi que ce soit d’autre d’intéressant dans la zone, simplement pour avoir plus d’informations. Ces derniers s’attendent par exemple à découvrir un essaim de comètes, des nuages de poussière ou encore un système d’étoile binaire de forme inhabituelle.

Source : Monthly Notices oft he Royal Astronomical Society

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