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L’atterrisseur InSight de la NASA a enregistré son tout premier « tremblement de Mars » : des tremblements sismiques faibles mais indubitables sur la planète rouge. Cependant, à la connaissance des scientifiques, il n’y a pas de tectonique des plaques sur Mars. Alors, comment expliquer qu’un tremblement de terre puisse s’y produire ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’InSight (de l’anglais Interior Exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport, et donc Exploration interne par sondages sismiques, la géodésie et les flux thermiques en français) est une mission d’exploration de la planète Mars développée par la NASA, qui a décollé le 5 mai 2018 et atterri à la surface de la planète le 26 novembre 2018.

À présent, les toutes premières analyses des données récoltées par l’atterrisseur ont confirmé que les tremblements de terre provenaient bien de la planète, par opposition aux influences atmosphériques telles que le vent. Les sismologues travaillent donc d’arrache-pied afin de déterminer la cause exacte de ces tremblements.

Les tremblements de terre sur Mars, tout comme les séismes sur Terre, peuvent révéler d’importants détails concernant l’intérieur de la planète. InSight, qui a atterri sur Mars en novembre dernier, a pour but d’étudier et d’analyser les entrailles de la planète Rouge. À savoir que l’atterrisseur est équipé d’une gamme d’instruments permettant de mesurer la température, la rotation et l’activité sismique de la planète.

À ce jour, la plupart des données collectées par l’instrument SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure) consistaient en des bruits de fond. Cependant, c’est le 6 avril 2019 (soit Sol 128 de la mission d’InSight) que l’instrument a finalement enregistré quelque chose de différent, quelque chose que les chercheurs attendaient avec impatience.

« Cela fait des mois que nous attendons un tel signal. C’est tellement excitant d’enfin avoir la preuve que la planète Mars est toujours active sur le plan sismique », a déclaré Philippe Lognonné, responsable de l’équipe SEIS à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP). « Nous sommes impatients de partager des résultats détaillés une fois que nous aurons eu l’occasion de les analyser », a-t-il ajouté.

Pour les chercheurs, il faut savoir que les ondes d’un tremblement de terre assez puissant peuvent agir comme une sorte de radar à l’échelle de la planète, pénétrant le sol (mais avec des ondes sismiques bien entendu, et non électromagnétiques). Ensuite, lorsque ces ondes se propagent à travers la planète, elles peuvent ralentir tandis qu’elles se déplacent à travers certains matériaux, voire même rebondir. Cela permet aux sismologues de déduire la composition interne de la planète.

Malheureusement, l’événement ayant eu lieu durant Sol 128 était trop faible pour permettre aux scientifiques d’analyser l’intégralité de la structure intérieure de Mars. Cependant, ce tremblement de terre a permis de démontrer que la planète Mars, bien que tectoniquement non active, possède une activité sismique, ce qui laisse espérer aux chercheurs qu’un tremblement de terre plus puissant pourra avoir lieu à l’avenir.

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D’ailleurs, d’autres signaux sismiques plus faibles ont également été enregistrés par InSight durant Sol 105, Sol 132 et Sol 133. Mais le signal de Sol 128 reste le plus fort jamais enregistré sur Mars. De plus, ce dernier est également intéressant pour une toute autre raison : il présente en effet une forte similitude avec le profil sismique des tremblements de Lune détectés par les sismomètres de surface entre 1969 et 1977 (soit les appareils des astronautes des missions Apollo).

La Lune, tout comme Mars, n’est pas active de manière tectonique. En effet, son activité sismique est causée par une légère contraction lente en raison du refroidissement de son intérieur, un processus qui est en cours depuis sa création, il y a quelque 4.5 milliards d’années. Lorsque l’intérieur se contracte et rétrécit, cela crée des contraintes dans la croûte extérieure jusqu’à ce que celle-ci finisse par se fissurer, provoquant des tremblements.

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À l’heure actuelle, les scientifiques planétaires pensent qu’il s’agit du même type de processus qui est à l’origine des tremblements de terre sur Mars. À savoir que selon eux, les tremblements de terre pourraient également provenir « des circulations de magma créant des zones de pression en profondeur ». Enfin, il ne faut pas oublier les impacts de météorites, qui peuvent également provoquer des séismes. Dans tous les cas, quelle que soit l’origine du tremblement, ce dernier provoquera des ondes sismiques.

Les scientifiques espèrent pouvoir enregistrer et analyser plus de détections de ce type dans le futur, dans le but de mieux comprendre ces phénomènes.

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L’instrument SEIS. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Dans tous les cas, nous savons à présent que les instruments d’InSight, notamment le SEIS, fonctionnent comme prévu ! Il s’agit là d’une véritable prouesse d’innovation technique, compte tenu de la faiblesse extrême des tremblements.

« Les premières mesures d’InSight reprennent la science qui a débuté avec les missions Apollo de la NASA. Nous avions recueilli du bruit de fond jusqu’à présent, mais ce premier événement important inaugure officiellement un nouveau domaine : la sismologie martienne ! », a déclaré le chercheur principal d’InSight, Bruce Banerdt, du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA.

Ci-dessous, découvrez l’audio du tout premier tremblement de terre sur Mars, enregistré par les instruments de la mission InSight de la NASA :

Source : NASA

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