Une étude révèle une grande différence d’intelligence entre des soeurs jumelles élevées dans deux pays distincts

L’une a été élevée en Corée du Sud, et l’autre aux États-Unis.

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Il est rare que des jumeaux soient élevés séparément, en particulier dans des pays de cultures bien différentes. Une nouvelle étude offre un aperçu des influences génétiques, culturelles et environnementales sur le développement humain. Elle porte sur les similitudes et les différences comportementales, physiques et médicales de soeurs jumelles monozygotes — qui proviennent de la division d’un unique œuf et possèdent la même information génétique — élevées séparément : l’une par la famille biologique en Corée du Sud, et l’autre par une famille adoptive aux États-Unis. Des chercheurs en psychologie ont trouvé que les similitudes étaient évidentes en matière de personnalité, d’estime de soi, de santé mentale, de satisfaction professionnelle et d’antécédents médicaux. En revanche, les scores d’intelligence générale et de raisonnement non verbal des jumelles présentaient des différences marquées.

Selon le psychologue anglais Charles Spearman, l’intelligence générale comprend les intelligences logico-mathématiques, émotionnelles, sociales et artistiques. Elle peut être évaluée à partir des tests bien connus de quotient intellectuel (QI), censés rendre compte de ces différents aspects. Mais relève-t-elle davantage de la nature (l’héritabilité génétique) ou de la culture et de l’environnement ?

Pour le savoir, des études portant sur l’intelligence générale de jumeaux monozygotes élevés dans deux environnements différents sont nécessaires. La nouvelle recherche, publiée dans la revue Personality and Individual Differences, porte sur le cas de deux soeurs jumelles nées à Séoul en Corée du Sud en 1974. Les auteurs racontent qu’à l’âge de deux ans, l’une des jumelles s’est perdue dans la ville avant d’être emmenée dans un hôpital situé à une centaine de kilomètres de là où habitait sa famille. Cette dernière ne l’a pas retrouvée, et la jumelle a été placée dans une famille d’accueil, pour finalement être adoptée par un couple états-unien. En 2018, elle a découvert l’existence de sa sœur jumelle après avoir soumis un échantillon d’ADN.

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En plus de la différence de culture notoire entre la Corée du Sud et les États-Unis, les environnements familiaux dans lesquels ont été élevées les jumelles étaient loin d’être similaires. La fille restée en Corée du Sud a été élevée dans une atmosphère solidaire et cohésive, tandis que la fille adoptée par le couple américain a connu un environnement plus strict, plus religieux et plus conflictuel.

Le même type de personnalité mais une intelligence générale différente

Dans le cadre de la recherche, les deux soeurs ont rempli des évaluations portant notamment sur cet environnement familial, les traits de personnalité, l’estime de soi, la santé mentale, la satisfaction au travail et les antécédents médicaux de vie. Elles ont également répondu à des tests d’intelligence générale et de raisonnement non verbal.

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Sans grande surprise, les jumelles avaient le même type de personnalité. Elles présentaient des profils de santé mentale similaires et ont obtenu environ le même score sur la mesure de l’estime de soi. Par ailleurs, elles semblaient toutes les deux avoir le même niveau de satisfaction pour leur travail, même si leurs professions étaient très différentes (une est administratrice gouvernementale et l’autre cuisinière). La jumelle élevée aux États-Unis avait des valeurs plus individualistes par rapport à celle élevée en Corée du Sud.

Cependant, les différences cognitives étaient notables à la suite des tests d’intelligence générale et de raisonnement non verbal. La jumelle élevée en Corée du Sud a ainsi obtenu des résultats plus élevés aux tests d’intelligence liés au raisonnement perceptif et à la vitesse de traitement, avec une différence de QI global de 16 points.

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Selon cette étude, les gènes auraient donc un impact sur la personnalité et la perception de la vie en général, mais dans une moindre mesure sur l’intelligence générale mesurée par un test de QI, tandis que l’environnement présenterait un plus fort impact (sur le QI). L’une des chercheuses conclut que les mécanismes impliqués (des gènes aux comportements) ne sont pas encore clairs et que l’étude d’autres cas sera nécessaire pour en connaître davantage sur le sujet.

Source : Personality and Individual Differences

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