Les femmes sont-elles vraiment plus empathiques que les hommes ?

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Se lier aux autres, comprendre leurs sentiments, partager leurs émotions, ressentir leur état d’esprit… Tous ces traits constituent l’empathie. Au cours des dernières années, les psychologues ont notamment étudié les différences d’empathie entre femmes et hommes, et la somme de ces recherches tend à montrer qu’en règle générale, les femmes se montrent bien plus empathiques que les hommes. Cependant, à l’heure actuelle, les scientifiques ne savent toujours pas en expliquer précisément la cause.

L’empathie est définie comme « la capacité de comprendre et de partager les sentiments d’autrui ». Le fait est que nous prétendons tous être « empathiques ». Cela parce que nous sommes amenés à croire que nous sommes soit empathique, soit une sorte de psychopathe ou de sociopathe. Mais en réalité, comme beaucoup de choses, l’empathie fonctionne sur un spectre.

Il y a des sociopathes, bien sûr, et il y a ceux qui ressentent la douleur des autres si profondément qu’elle devient en fait perturbatrice dans leur vie. Et puis, il y a la majorité d’entre nous — quelque part le long de la ligne entre ces deux extrémités polaires. Mais le genre a-t-il un impact sur l’endroit où chacun de nous se situe sur ce spectre ? Les femmes sont-elles généralement plus empathiques que les hommes ?

Une empathie féminine plus élevée confirmée par la science

Le problème est que bon nombre de ces traits sont difficiles à mesurer et encore plus difficiles à comparer. Surtout en ce qui concerne tous les autres facteurs culturels et environnementaux qui ont également une influence sur nous. Cependant, selon l’UCLA, lorsque l’on voit les autres ressentir de la douleur, le cerveau féminin montre davantage une réponse empathique.

« Nos données suggèrent que les femmes sont plus douées pour ressentir la douleur des autres, pour vraiment ressentir ce que l’autre ressent à un instant précis. Les femmes participantes à l’étude ont montré une activation relativement plus élevée dans une zone sensorielle du cerveau associée à la douleur que leurs homologues masculins », expliquent les auteurs de l’étude.

De même, une recherche menée à l’Université de Cambridge, testant plus de 680 000 personnes, a révélé qu’en moyenne, les femmes ont une plus grande capacité à reconnaître ce qu’une autre personne pense intuitivement et à réagir de manière appropriée. D’autre part, l’étude suggère que les hommes ont une volonté plus forte de voir le monde à travers des « systèmes basés sur des règles » qui s’efforcent d’apprendre comment les choses fonctionnent à travers leurs « parties sous-jacentes ».

Des traits liés à notre biologie et à nos fonctions primitives ?

Alors peut-être que cette tendance des femmes à être plus empathiques et des hommes à être plus analytiques n’est pas seulement due au conditionnement sociétal comme beaucoup le croiraient aujourd’hui. Peut-être que cela se résume à notre biologie — et les femmes sont littéralement câblées pour ressentir la douleur des autres, tandis que les hommes en sont quelque peu détachés car ils se concentrent plus sur les faits que sur les sentiments. Cela pourrait être lié à la fonction la plus primitive de l’espèce, qui est d’assurer la survie de sa progéniture — et peut-être plus largement, de son clan.

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Dans les interactions sociales altruistes, les femmes montrent une empathie supérieure aux hommes, bien que la raison n’en soit pas encore bien claire. © James R. Doty

Les hommes ont assumé le rôle principal de défendre et de protéger ; exigeant un certain degré de détachement de la souffrance des autres afin de les combattre en cas de besoin. Ces fonctions primitives de base de l’homme et de la femme pourraient-elles encore jouer un rôle dans les interactions sociales actuelles ?

Empathie supérieure des femmes : les données ne mentent pas

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Les chiffres ne mentent pas : les femmes commettent beaucoup moins de crimes violents que les hommes. En fait, les femmes ont des taux d’arrestation inférieurs à ceux des hommes pour toutes les catégories de crimes, à l’exception de la prostitution. Cette différence est unanime dans tous les pays pour lesquels des données sont disponibles, pour tous les groupes sociaux et pour toutes les périodes historiques jusqu’à présent.

Il est vrai que cela peut être dû en partie au fait que les femmes ont moins de testostérone – responsable d’une grande partie des agressions masculines alimentées par la colère – et que l’empathie ne soit donc pas le seul élément impliqué. Cependant, pour beaucoup de chercheurs, cette différence flagrante soutient définitivement l’argument selon lequel les femmes ont généralement plus d’empathie que les hommes.

De même, les recherches suggèrent que les femmes sont également plus susceptibles d’avoir des opinions politiques plus libérales et tolérantes que les hommes. De nombreuses études (des dernières décennies — donc pas seulement lié au climat politique actuel) montrent que les femmes — les femmes plus jeunes, en particulier — sont plus susceptibles de sympathiser avec celles qui ne font pas partie de leur propre cercle social ou économique, et sont donc plus susceptibles d’être en faveur des droits des minorités, de la mobilité sociale et du progrès socioculturel.

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