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Manifestations lumineuses erratiques souvent repérées au-dessus des sols marécageux, dans les cimetières ou au-dessus de la surface de certains lacs, les feux follets ont très longtemps été l’objet de légendes folkloriques diverses, liées aux esprits malins et aux âmes en peine. Observés partout à travers le monde, les feux follets possèdent aujourd’hui une explication scientifique convenable, bien que certains aspects du phénomène demeurent encore inexpliqués.

Encore appelés ignis fatuus, les feux follets sont un élément important du folklore européen, tantôt associés aux spectres et autres esprits vengeurs, tantôt considérés comme des lanternes spectrales visant à guider ou égarer les voyageurs.

Le terme « follet » vient du fait que la lumière est généralement vacillante, erratique et ne brille généralement que quelques secondes, plus rarement quelques minutes. Considérés longtemps comme l’oeuvre des fées, des fantômes ou des esprits élémentaires, les feux follets ont maintenant une explication scientifique.

Le phénomène n’est pas rare. Des centaines de témoignages sont rapportés à travers le monde chaque année, bien que pratiquement chaque pays possède une légende différente le concernant. Un feu follet peut être une lueur jaune, rouge, verte ou bleue, et se situe généralement à quelques centimètres du sol. Il est principalement visible de nuit et apparaît le plus souvent en automne lors de conditions météorologiques stables.

Les feux follets sont actuellement expliqués par l’oxydation de composés chimiques comme le méthane (CH4), la phosphine (PH3) et le diphosphane (P2H4). Ces deux derniers sont des composés incolores, inflammables et toxiques. En outre, ils s’enflamment spontanément au contact de l’oxygène dans l’air, entraînant la combustion du méthane (présent en plus grandes quantités), et conduisant ainsi à l’émission transitoire de photons.

Cette vidéo montre comment la phosphine s’enflamme spontanément au contact de l’air :

Ces composés sont produits par la décomposition de matériaux organiques, d’où leur présence dans des lieux comme les marais, les tourbières ou les cimetières. La sensation de viscosité ambiante ressentie par certains observateurs à l’approche des feux follets s’explique par le pentoxyde de phosphore (sous-produit de la phosphine) qui, au contact des molécules d’eau présentes dans l’air, donne de l’acide phosphorique qui confère un aspect visqueux à l’air ambiant.

En outre, le fait qu’un feu follet « disparaisse » à l’approche d’un observateur serait simplement dû au fait que tout mouvement d’air entraîne la dispersion du gaz à l’origine du phénomène et, in extenso, l’extinction de la flamme. Cependant, une propriété étonnante des feux follets et qu’ils ne dégagent que très peu de chaleur.

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Des scientifiques comme Louis Blesson ont rapporté que la chaleur dégagée était même insuffisante pour enflammer des feuilles de papier, conduisant à l’hypothèse que les feux follets seraient donc des flammes froides. Cette hypothèse serait en accord avec la diversité des couleurs observées.

ver luisant femelle

Les vers luisants, comme cette femelle Lampyris noctiluca, sont une source de bioluminescence pouvant potentiellement expliquer certains cas de feux follets. Crédits : Timo Newton-Syms

Les autres hypothèses incluent l’effet piézoélectrique de certains sols contenant des roches riches en quartz, silicium et arsenic, qui pourraient produire des décharges d’électricité erratiques canalisées à la surface par des colonnes de vapeur d’eau.

Enfin, la bioluminescence de certains animaux et végétaux est également proposée. Des lucioles, des vers luisants ou bien les champignons du genre Armillaria sont des sources de bioluminescence suffisamment intenses pour expliquer certains cas de feux follets.

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