Guerre en Ukraine : la France prévoit une crise énergétique cet hiver

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| Pixabay
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Depuis le début de la guerre en Ukraine, les pays de l’Union européenne s’inquiètent de leur dépendance énergétique à la Russie, qui leur fournit une grande portion de leur gaz naturel et de leur pétrole. À cause du conflit, des difficultés d’approvisionnement se font déjà sentir dans plusieurs pays de l’Union, en particulier chez ceux qui ont du « retard » dans leur transition énergétique (inscrite dans les objectifs climatiques). Parmi ces pays, la France prévoit des difficultés pour approvisionner ses citoyens l’hiver prochain, et a fait un appel officiel à l’économie d’énergie, le 28 mars dernier.

En plus de la baisse de production d’électricité nucléaire d’EDF (le principal fournisseur du pays), la France fait actuellement face à une forte demande et à une envolée sans précédent des prix, cette inflation étant une conséquence inévitable du conflit Russie-Ukraine.

Même si l’Union européenne veut réduire ses importations d’hydrocarbures russes, afin de se conformer aux sanctions adoptées pour la Russie par les États-Unis et le Royaume-Uni, ce n’est pas chose facile. Moscou fournit en effet 44% du gaz de ces pays (dont 17% pour la France) et 25% du pétrole.

Pour le pétrole, il est certes possible de se fournir auprès d’autres pays, car il est transportable en barils, mais cela est beaucoup plus difficile pour le gaz, qui est acheminé à travers un réseau physique depuis la Russie. Or, si la Finlande, par exemple, a rénové ses infrastructures depuis les années 90 et dépend moins du gaz russe, les pays comme la France dépendent encore fortement de ce dernier pour produire de l’électricité et chauffer leurs bâtiments.

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Il reste possible de se tourner vers d’autres fournisseurs de gaz, mais les plus proches (comme la Norvège et l’Algérie) sont déjà saturés en matière de capacité de production et ne peuvent approvisionner toute l’UE. Une alternative est également envisageable en transportant le gaz naturel sous sa forme liquide. Les États-Unis auraient apparemment promis de soutenir l’UE en leur livrant du méthane liquide, mais là encore, l’on ne parle que de 10% de ce que la Russie fournit.

Les autorités françaises ont ainsi pour le moment adopté la solution de l’économie énergétique, et appellent les citoyens à la solidarité. Cette décision a notamment été prise en prévision du prochain hiver, où l’approvisionnement en gaz russe sera peut-être encore plus compliqué si la guerre perdure. « Il faut économiser du gaz et de l’électricité en France dès maintenant, sinon cela pourrait mal se passer l’hiver prochain », prévient Jean-François Carenco, président de la Commission française de la régulation de l’énergie. D’après l’expert, la situation serait urgente et toute la France est concernée (industries, infrastructures publiques, ménages, …).

Transition énergétique en France : évolution ou régression ?

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Cette crise énergétique engendrera peut-être le déclic nécessaire pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables. L’inconvénient à ce stade est que cela prendra beaucoup de temps et nécessitera d’importants investissements financiers. Cette solution ne peut donc pas forcément être appliquée à court terme, notamment dans le contexte urgent de la guerre en Ukraine.

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En attendant la mise en place à grande échelle d’infrastructures d’énergies renouvelables, la France n’aura peut-être d’autres choix que de se tourner vers le bois ou le charbon. Ce serait une régression pour un pays (qui plus est) en retard dans ses objectifs climatiques. Tout récemment (en janvier de cette année), l’hexagone a même révisé un décret sur la limitation des activités de ses deux dernières centrales à charbon (passant de 700 à 1000 heures par semaine) en raison de son dernier hiver qui tardait à se terminer.

De plus, la France s’appuie encore sur le nucléaire pour 70% de sa demande en électricité. Avec ses 56 centrales en activité, le pays dispose de plus de la moitié de la puissance nucléaire de l’Union européenne. Le bannissement du nucléaire, qui était déjà en bonne voie dans l’ensemble de l’Union, ralentira peut-être à nouveau si le prix du gaz continue d’augmenter.

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