Un homme accusé de viol après avoir transmis son ADN à un site de généalogie

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| PA Images

Les faits remontent à 14 ans. Un habitant de l’Ohio, Jared Vaughn, vient d’être inculpé pour viol grâce à l’échantillon d’ADN qu’il a sciemment transmis à un site de tests d’ADN généalogiques. Les échantillons d’ADN prélevés en 2007, au moment de l’agression, n’avaient jusqu’à présent jamais trouvé de correspondance… jusqu’à ce que Vaughn décide d’acheter un kit ADN grand public pour en savoir plus sur ses origines !

Les tests ADN généalogiques sont relativement tendance actuellement. De nombreuses personnes sont curieuses d’en apprendre plus sur leurs lointains ancêtres et plusieurs sociétés spécialisées ont vu le jour, accumulant au passage des millions de profils ADN. Jared Vaughn s’est livré au jeu, a uploadé son ADN sur l’un de ces sites spécialisés, et n’a sans doute pas pensé une seconde que cela lui serait préjudiciable.

En 2007, la victime avait déclaré qu’elle rentrait à pied vers son dortoir de l’Université de Tampa, en état d’ébriété après le célèbre Gasparilla Pirate Festival, lorsqu’un homme âgé d’une trentaine d’années lui a proposé de la raccompagner. L’agression a eu lieu une fois sur place, puis l’homme s’est enfui. La police a pu recueillir des traces d’ADN, mais aucune correspondance n’a été trouvée à l’époque — bien que Vaughn ait déjà figuré dans les dossiers du service de police à la suite d’une arrestation deux ans plus tôt pour conduite sous l’emprise de stupéfiants.

Des informations accessibles à la police si l’usager y consent

Ce sont des agents travaillant dans l’unité de généalogie médico-légale de Floride qui ont trouvé cette correspondance, après avoir parcouru les bases de données de deux sites populaires de généalogie, GEDMatch et FamilyTree, à la recherche d’ADN qui pourrait être lié à d’anciennes affaires non résolues. Après cette découverte, la police s’est rendue au domicile actuel de Vaughn, afin de lui demander un nouvel échantillon d’ADN. Celui-ci a confirmé qu’il s’agissait bien de la même personne.

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« Il a fallu 14 ans pour résoudre cette affaire, mais c’est quelque chose qui était important pour nous et pour la victime », a déclaré le chef adjoint de la police de Tampa, Ruben Delgado, lors d’une conférence de presse. Pionnière en la matière, cette unité de généalogie médico-légale a été spécifiquement créée en 2018 pour tenter de faire la lumière sur les cas non résolus ; d’autres États, notamment la Californie et l’Utah, ont depuis mis en place un département similaire au sein de leurs forces de l’ordre, pour exploiter les développements récents de l’analyse ADN afin de résoudre d’anciennes affaires.

Les bases de données généalogiques publiques sont devenues de plus en plus populaires ces dernières années ; certaines personnes sont simplement curieuses de connaître leur ascendance, d’autres tentent de trouver des correspondances familiales. Au moment de soumettre leurs données, les utilisateurs de ces sites spécialisés sont invités à autoriser les forces de l’ordre à accéder à leurs échantillons d’ADN (ils peuvent refuser). « Notre succès dépend des informations trouvées dans les bases de données généalogiques publiques, où les participants – et c’est important – doivent accepter les correspondances avec les forces de l’ordre », confirme Mark Brutnell, agent spécial en charge du laboratoire du Florida Department of Law Enforcement.

Des criminels confondus grâce à une simple recherche d’ascendance

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Fort heureusement, dans le cas présent, le suspect a apparemment accepté que ses données soient consultées par la police (du moins, il n’a pas explicitement refusé). Pour Brutnell, ces immenses bases de données, combinées au travail habituel de terrain, pourraient permettre de résoudre bon nombre d’enquêtes et il exhorte les usagers de ces plateformes à autoriser le partage de leurs données avec la police.

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Fin 2019, le Tampa Bay Times rapportait que plusieurs cas de viols avaient été résolus de la même façon, grâce à des bases de données généalogiques ; les faits remontaient à 1998 ! L’année précédente, cette approche avait permis aux autorités californiennes de mettre la main sur le « Tueur du Golden State » : cet ancien officier de police et tueur en série américain, Joseph DeAngelo, a sévi dans les années 1970 et 1980 ; il n’a été appréhendé qu’une quarantaine d’années plus tard, en avril 2018, grâce à l’ADN d’un cousin éloigné qui avait fait appel aux services de la société GEDmatch.

Ce type de pratique soulève évidemment des questions éthiques relatives à la surveillance de masse et à la confidentialité des données privées. Ces bases de données confèrent en effet aux forces de l’ordre de vastes pouvoirs de surveillance du public. Certaines personnes peuvent par ailleurs être impliquées dans des crimes après que leurs proches ont téléchargé leurs propres échantillons, les soumettant ainsi à une surveillance génétique sans leur consentement. Mais d’un autre côté, il est plutôt satisfaisant et rassurant de savoir que des criminels ont pu enfin être arrêtés grâce à cette procédure.

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