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Une étude à l’échelle mondiale sur les suppléments en vitamine D et leur rôle dans la prévention contre les fractures osseuses ainsi que de nombreuses maladies, a montré qu’il ne diminuait aucunement leurs risques. Des résultats qui pourraient sensibiliser davantage les médecins à réduire les recommandations de la prise de vitamine D.

La vitamine D est présente dans de nombreux aliments riches en lipides, comme les produits laitiers ou certains poissons. Cependant, la majeure partie de notre apport provient de notre organisme, lors de l’exposition de notre peau au soleil, dont les UV stimulent la conversion du cholestérol en vitamine D. On estime que cette voie représente 80% de notre apport, contre 20% venant de l’alimentation.

Elle est connue pour jouer un rôle essentiel dans l’assimilation du calcium par les os, une carence pouvant causer le rachitisme chez les enfants.

Pendant de nombreuses années, la médecine lui a attribué une grande importance pour la prévention contre l’ostéoporose ou les fractures, ainsi que pour plus d’une centaine d’autres maladies, dont le cancer et la dépression. Ses nombreux bienfaits sont à l’origine de son importante consommation sous forme de suppléments dans le monde. On estime que plus de la moitié des habitants des États-Unis et du Royaume-Uni en achète régulièrement.

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Un bon nombre de ses prétendus avantages avait été dévoilé durant les années 80, avec la publication de recherches qui n’ont certainement pas été réalisées convenablement, sachant qu’elles n’ont jamais été répliquées. C’est ce qu’une importante étude clinique sur les bienfaits de la vitamine D pour la prévention contre les fractures a voulu vérifier, en analysant plus de 500’000 individus, et environ 188’000 fractures dans 23 cohortes provenant de plusieurs pays.

Les chercheurs ont effectué une randomisation mendélienne pour éviter que l’étude ne soit biaisée par des causes et conséquences de la maladie, ou encore par des effets du comportement lié à la santé, en utilisant des marqueurs génétiques pour le taux de vitamine D sanguin, son niveau étant fortement influencé par les gènes. Ils n‘ont constaté aucune corrélation entre le niveau de vitamine D durant la vie et le risque de fracture.

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Ce n’est pas la première fois qu’une étude conteste le rôle protecteur de la vitamine D sur la prévention des blessures osseuses : en 2014, une méta-analyse ayant porté sur 31 compléments en vitamine D est arrivée à la même conclusion, tout comme en 2017, où une autre recherche impliquant plus de 50’000 personnes âgées n’a montré aucune efficacité, de la prise de ces suppléments, sur leurs os. Mais jamais auparavant une telle étude n’avait été réalisée à l’échelle mondiale, et sur un nombre aussi important d’individus.

On estime que plus d’un cinquième des américains et britanniques souffrent de carences en vitamine D. Cependant, il n’y a aucune définition précise du niveau sanguin considéré comme insuffisant, chaque pays le définissant de façon arbitraire : un taux sanguin considéré comme largement suffisant dans un pays peut être faible dans un autre, ce qui peut donc causer dans certaines régions une crainte et une surconsommation inutile de suppléments.

De plus, il existe un risque lors d’abus des suppléments. La vitamine D étant liposoluble, on ne la trouve que dans les graisses. Or, toutes les vitamines faisant partie de cette catégorie ont tendance à se stocker dans le corps, ce qui peut causer une hypervitaminose en cas d’importante consommation.

Les suppléments dépassent souvent de loin l’apport journalier recommandé, et si l’on ajoute les sources naturelles (alimentation, UV), les risques d’une intoxication à la vitamine D ne sont pas négligeables. Des études ont également montré qu’une surconsommation de vitamine D peut avoir un effet contraire sur les os, en augmentant les risques de fractures.

Les récentes recherches ainsi que les progrès effectués en méta-analyse et en génétique ont aussi permis de réfuter les prétendus effets bénéfiques des suppléments en vitamine D sur plus de 137 maladies, comme la diminution du risque de maladies cardio-vasculaires.

Les scientifiques ne cherchent pas à interdire la vente de ces compléments, qui sont utiles pour des cas d’extrême déficience ou des personnes alitées, le message étant que le reste de la population peut largement se contenter des sources alimentaires et d’une courte exposition au Soleil, de l’ordre de 10 à 15 minutes par jour minimum (en cas de beau temps).

Sources : The bmj, The conversation

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