Selon la découverte d’un ensemble de fossiles parfaitement conservés dans de l’ambre, les tiques suçaient déjà le sang des dinosaures, il y a 99 millions d’années ! Soit bien avant de devenir une menace pour les randonneurs et les animaux, selon une étude publiée dans la revue Nature Communications.

Une équipe de chercheurs espagnols, britanniques et américains a découvert des tiques parfaitement conservés dans de l’ambre (une résine d’arbre durcie qui peut préserver les animaux et autres éléments pris au piège) et datant d’il y a 99 millions d’années. Selon Ricardo Pérez-de la Fuente, un paléontologue du Musée d’histoire naturelle de l’université d’Oxford en Angleterre qui a aidé à diriger le travail, cette découverte est un véritable « rêve paléontologique ».

Les échantillons d’ambre contenaient plusieurs indices démontrant que les tiques se nourrissaient littéralement de dinosaures. La preuve la plus directe provient du fait que la tique soit accrochée à une plume qui appartenait à un dinosaure théropode (l’ancêtre des oiseaux modernes). Un autre échantillon d’ambre comprend deux tiques, dont les deux possèdent des poils collés, provenant d’un type de larve de coléoptère qui, selon les chercheurs, vivait dans les nids de dinosaures.

tiques parasites sang dinosaures

Crédits : Penalver et al., Nature Communications

Il est plutôt inhabituel de retrouver un parasite et des restes de son hôte conservés ensemble. Pérez-de la Fuente explique qu’il s’agit là de la première preuve directe démontrant que les anciennes tiques festoyaient bel et bien avec le sang des dinosaures : « cela montre que la relation entre les tiques et les oiseaux est ancienne : elle était déjà présente chez les ancêtres des deux lignées ».

Les échantillons proviennent d’un gisement d’ambre du Myanmar, vieux de 99 millions d’années. À l’origine, ces morceaux d’ambre ont été achetés par des collectionneurs privés à des marchands d’ambre, mais ces derniers ont finalement fait don de ces échantillons aux musées. C’est un collectionneur d’ambre de Pennsylvanie, Scott Anderson, qui a décrit l’un des spécimens comme une tique d’environ un demi-centimètre de long, lors d’une réunion de paléontologie il y a quelques années. Il espérait initialement que le sang pourrait contenir de l’ADN récupérable, mais cela n’a pas été le cas. Puis, Anderson a fait équipe avec Pérez-de la Fuente et d’autres collègues pour mieux caractériser plusieurs de ses échantillons.

Les chercheurs ont alors déterminé que les spécimens étaient une espèce de tique non décrite auparavant, qu’ils ont appelée Deinocroton draculi, ou « la tique terrible de Dracula ».

Les poils collés aux deux D. draculi ressemblent beaucoup à ceux trouvés sur un certain type de larves de coléoptères. Aujourd’hui, ces larves vivent dans des nids d’oiseaux et de mammifères, et se nourrissant de peau et de plumes dépouillées. « Le scénario le plus probable est que les deux tiques se sont emmêlées avec les poils lors de leur visite du nid d’un dinosaure à plumes », a expliqué Pérez-de la Fuente.

Ryan McKellar, paléontologue au Royal Saskatchewan Museum de Regina, au Canada, affirme que cette hypothèse est tout à fait plausible, bien qu’il n’ait pas participé au travail. Selon lui, pour que les poils de coléoptères soient préservés à côté d’une paire de tiques, cela suggère qu’ils ont été piégés dans la résine assez près de l’endroit où ils ont rencontré les larves de coléoptères. « Les auteurs ont fait un travail fantastique, d’extraire tous ces indices possibles de ces anciens clichés », explique-t-il.

Source : Nature Communications

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