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Selon des statistiques établies concernant la préférence manuelle, moins de 5% de la population est ambidextre. Ce qui signifie que le reste de cette population est soit droitière soit gauchère. Et cette distribution est fortement inégale, puisque environ 85% de la population est droitière et 13% seulement est gauchère. Bien que les scientifiques sachent depuis plusieurs années qu’il existe certainement une explication génétique à cette différence, ils n’ont jamais été en mesure de le démontrer. Toutefois, récemment, une équipe de généticiens et neurologues serait parvenue à identifier les régions génétiques responsables de cette préférence.

Pour la première fois, des chercheurs ont pu mettre en évidence des séquences de gènes spécifiques qui semblent avoir une influence sur le fait d’être gaucher — et ont également découvert des liens avec des différences de structure du cerveau chez ceux qui présentent ces variations génétiques. Les résultats ont été publiés dans la revue Brain.

Il a déjà été établi que, le fait d’être droitier ou gaucher, dépend dans une certaine mesure — environ 25% des cas — du code génétique avec lequel nous sommes nés, mais jusqu’à présent, les généticiens n’étaient pas en mesure d’identifier les zones génétiques spécifiques qui en sont responsables.

Des régions génétiques liées au développement d’une préférence manuelle

Cette nouvelle étude concernant environ 400’000 profils individuels dans une base de données nationale britannique a révélé quatre régions génétiques associées à la préférence manuelle, et trois d’entre elles étaient liées à des protéines impliquées dans la structure et le développement du cerveau. Ces protéines sont liées au cytosquelette, c’est-à-dire la structure cellulaire interne.

À l’aide de scans cérébraux d’environ 10’000 participants, les chercheurs ont établi un lien entre les variations génétiques et les faisceaux de substance blanche circulant entre les régions de traitement du langage. Ces faisceaux de substance blanche contiennent le cytosquelette du cerveau.

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cerveau gaucher

Les scans cérébraux ont montré que la préférence gauche était le plus fortement associée à une augmentation de la connectivité fonctionnelle (corrélation temporelle) entre le réseau fonctionnel du langage homologue droit (en vert, englobant les zones de Broca, le planum temporal et le sulcus temporal supérieur, Z> 5) et une scission du réseau fonctionnel du langage gauche (en rouge-jaune). Crédits : Akira Wiberg et al. 2019

« De nombreux chercheurs ont étudié les bases biologiques de la préférence manuelle, mais l’utilisation de vastes ensembles de données du Royaume-Uni Biobank nous a permis d’éclaircir considérablement les processus conduisant à la préférence gauche » explique le médecin Akira Wiberg. « Nous avons découvert que, chez les participants gauchers, les zones linguistiques des côtés gauche et droit du cerveau communiquent les unes avec les autres de manière plus coordonnée ».

Cela signifie que les gauchers pourraient avoir un avantage en ce qui concerne les tâches verbales et les compétences linguistiques, suggère Wiberg, bien que les preuves à ce sujet ne soient pas concluantes.

Sur le même sujet : Voici comment le fond génétique façonne les différences individuelles au sein d’une espèce

Gaucher ou droitier : une histoire génétique qui commence tôt

Et nous savons, par l’étude d’autres animaux, que les gènes peuvent très tôt influencer les différences cytosquelettiques. Les chercheurs suggèrent que les signes distinctifs du développement futur de la préférence manuelle pourraient se développer dans l’utérus, bien que ce ne soit qu’une possibilité pour l’instant.

Bien qu’il soit encore trop tôt pour statuer sur le lien entre ces gènes et la préférence manuelle, la recherche met en évidence des associations significatives entre les deux sur lesquelles de nouvelles études peuvent s’appuyer. Nous commençons enfin à comprendre le codage génétique qui aide à déterminer quelle main devient dominante.

« Nous avons démontré ici que la gaucherie est une conséquence de la biologie développementale du cerveau, en partie motivée par l’interaction complexe de nombreux gènes. Cela fait partie de la riche tapisserie de ce qui fait de nous des humains » conclut Dominic Furniss, chirurgien plasticien qui effectue des recherches en génétique moléculaire.

Sources : Brain

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