Bien que malheureusement répandu partout à travers le monde, le braconnage est particulièrement actif en Afrique du Sud où de nombreux animaux, notamment les rhinocéros, souffrent du trafic de peaux et objets de luxe. La police et les rangers patrouillant les zones protégées sont chargés de la protection des espèces menacées, mais parfois, la justice est rendue par les animaux eux-mêmes.

Dans la nuit du mardi 3 juillet 2018, les rangers de la réserve animalière de Kenton (Cap Oriental, Afrique du Sud) ont eu la surprise de découvrir, durant leur patrouille, des membres humains éparpillés un peu partout dans la zone naturelle des lions. Dispersé autour de ces restes, la patrouille a retrouvé un fusil de chasse accompagné d’un silencieux, un coupe-câble et une hache longue, selon le journal local Herald Live.

Ces objets ne sont pas si surprenants que cela étant donné que le Cap Oriental a constitué une région d’intense braconnage des rhinocéros ces dernières années. Jusqu’aujourd’hui, neuf rhinocéros ont été tués, et la semaine dernière, une femelle rhinocéros blanche a été tuée près du parc de jeu de Kragga Kamma par des trafiquants de cornes alors même qu’il ne lui restait plus qu’un centimètre de corne — le reste lui avait été retiré chirurgicalement par sécurité anti-braconnage.

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Les rhinocéros font partie des victimes les plus nombreuses du braconnage, en Afrique du Sud comme en Asie. Prisés pour leur corne, les braconniers les laissent mourir après la leur avoir sectionné. Crédits : Brent Stirton

Selon National Geographic, 1028 rhinocéros ont été victimes du braconnage en Afrique du Sud durant l’année 2017, un pays abritant 80% des rhinocéros encore vivants dans le monde, soit environ 29’000 spécimens.

Les cinq espèces de rhinocéros actuelles sont classées menacées, en danger d’extinction ou en danger critique d’extinction. La sous-espèce nord de rhinocéros blancs africains est aujourd’hui considérée techniquement comme éteinte, puisqu’il ne reste que deux femelles ; mais les scientifiques espèrent les sauver de la disparition totale en relançant l’espèce grâce aux méthodes combinant cellules souches et fécondation in vitro.

En retournant sur les lieux dans la journée du 4 juillet pour enquêter et rechercher d’éventuels autres braconniers, la police locale à découvert d’autres restes humains éparpillés dans les buissons, assez pour constituer deux ou trois individus. Par sécurité, les six lions vivant dans la petite zone ont été endormis par un vétérinaire le temps d’effectuer les fouilles.

La porte-parole de la police, la capitaine Mali Govender, n’a pas officiellement confirmé que ces restes appartenaient à des braconniers, les preuves devant encore être examinées. En effet, l’identité des morts est encore inconnue, et le fusil a été envoyé au laboratoire de balistique afin de déterminer si l’arme a déjà servi dans d’autres cas.

L’Afrique du Sud se dote d’une technologie de plus en plus optimisée pour lutter contre le braconnage, impliquant des drones, des chiens spécialement entraînés et des systèmes de surveillance radar. Selon le gouvernement, 502 braconniers ont été arrêtés en 2017. Malheureusement, le pays a encore du mal à mettre en place une justice efficace contre les braconniers, les procès étant parfois longs ou incomplets.

Toutefois, il semblerait que dans ce cas les lions, les voisins directs des rhinocéros, se soient constitués juge, jury et bourreau. Un rôle qu’ils n’endossent cependant pas pour la première fois. En effet, en février dernier, un groupe de lions vivant à côté du Kruger National Park avaient déjà mutilé un braconnier armé, ayant dévoré son corps, ne laissant que la tête « en guise d’avertissement ».

Source : Herald Live

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