Dans les pays où le charbon représente la principale ressource, l’extraction massive peut être responsable de phénomènes météorologiques étonnants. C’est le cas en Sibérie, où les émanations provenant de centrales à charbon étaient si denses que les résidus atmosphériques de charbon ont contaminé la neige, donnant naissance à de véritables pluies de neige noire, recouvrant certaines villes du pays. Au-delà de l’aspect spectaculaire de l’événement, il s’agit avant tout d’une des nombreuses dangereuses conséquences de la pollution au charbon.

Plus tôt cette année, le vortex polaire a laissé de vastes étendues d’Amérique du Nord recouvertes d’une couverture scintillante de neige et de glace d’un blanc fantomatique. Toutefois, il n’a pas fallu longtemps avant que ce blanc immaculé ne prenne une teinte noire plus inquiétante. La neige noire a été repérée dans la région de Kemerovo, au sud-ouest de la Sibérie, dans le bassin de Kuznetsk, le centre minier du pays.

En effet, le charbon domine si bien l’économie et l’identité de la région que le Krasnaya Gorka, un musée (intérieur/extérieur) d’extraction du charbon, figure parmi les principales attractions de Kemerovo. Les riches ressources de la région en charbon ont peut-être bien servi les habitants du point de vue de l’emploi, mais c’est également une cause majeure de pollution. Par conséquent, les villes de Prokopyevsk, Kiselyovsk et Leninsk ont été les cibles de chutes de neige imprégnées de charbon.

Les habitants sont actuellement en train de pointer du doigt une centrale au charbon à proximité. Selon les rapports, l’usine n’a pas réussi à filtrer suffisamment les vapeurs. Andrei Panov, sous-gouverneur de la région de Kemerovo, accuse également les chaudières à charbon, les gaz d’échappement des voitures et d’autres centrales au charbon.

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Ce n’est pas la première fois que les habitants de Kemerovo sont témoins d’un tel phénomène. Ce n’est qu’en décembre que les responsables ont été soupçonnés d’avoir peint la neige en blanc pour dissimuler la poussière et la saleté qui l’avaient rendue grise sombre. Et ce n’est pas seulement la Russie. Temirtau, une région d’extraction de fer dans le centre du Kazakhstan, était aussi recouverte de neige noire plus tôt cette année.

En réponse, les habitants ont envoyé à Aliya Nazarbayeva, responsable de l’Association des organisations écologiques du Kazakhstan (et la plus jeune fille du président Nursultan Nazarbayev) une lettre dans laquelle il était écrit : « La neige est un test décisif, révélant l’ampleur effrayante de ces émissions nocives. Toute la poussière de la centrale se retrouve dans nos poumons, et dans ceux de nos enfants ».

Source : Siberian Times

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