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Possédant un rendement efficace et ne générant aucune pollution, l’hydrogène est considéré comme le remplaçant prioritaire des carburants fossiles. Toutefois, les méthodes d’extractions actuelles ont un coût relativement élevé, rendant la production d’hydrogène à l’échelle globale économiquement peu viable. Cependant, des ingénieurs canadiens sont parvenus à mettre au point une technique d’extraction non polluante et peu coûteuse de l’hydrogène à partir des sables bitumeux et du pétrole ; un processus qui pourrait propulser plus rapidement que prévu l’hydrogène en première place des carburants utilisés.

Les scientifiques ont mis au point une méthode économique à grande échelle pour extraire le dihydrogène (H2) des sables bitumineux (bitume naturel) et des champs pétrolifères. Cela pourrait être utilisé pour alimenter des véhicules fonctionnant à l’hydrogène, qui sont déjà commercialisés dans certains pays, ainsi que pour produire de l’électricité.

L’hydrogène est considéré comme étant un carburant efficace, similaire à l’essence et au diesel, mais sans aucun problème de pollution. Le procédé peut extraire de l’hydrogène des réservoirs de sables bitumineux existants, avec des réserves existantes considérables au Canada et au Venezuela. Il est intéressant de noter que ce processus peut être appliqué aux principaux champs pétrolifères, leur permettant de produire de l’hydrogène au lieu du pétrole.

Les véhicules fonctionnant à l’hydrogène, y compris les voitures, les autobus et les trains, sont en développement depuis de nombreuses années. L’efficacité de ces véhicules a été reconnue, mais le prix élevé de l’extraction de l’hydrogène à partir des réserves de pétrole fait que la technologie n’a pas été économiquement viable. Un groupe d’ingénieurs canadiens a toutefois réussi à mettre au point une méthode peu coûteuse d’extraction. Ils ont présenté leur travail lors de la conférence Goldschmidt Geochemistry à Barcelone.

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L’Alberta (Canada) contient de vastes réservoirs de sables bitumeux qui pourraient être utilisés pour extraire de l’hydrogène en masse. Crédits : NormanEinstein

« Il existe de vastes réservoirs de sables bitumineux dans plusieurs pays, avec de vastes champs en Alberta, au Canada, mais aussi au Venezuela et dans d’autres pays » déclare Ian Gates, du Département de génie chimique de l’Université de Calgary, et de Proton Technologies Inc.

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Utiliser l’oxygène pour extraire l’hydrogène des sables bitumeux et champs pétrolifères

Les champs de pétrole, même abandonnés, contiennent encore des quantités importantes de pétrole. Les chercheurs ont découvert que l’injection d’oxygène dans les champs élève la température et libère de l’hydrogène, qui peut ensuite être séparé des autres gaz via des filtres spécialisés. L’hydrogène n’est pas préexistant dans les réservoirs, mais le pompage d’oxygène signifie que la réaction pour former de l’hydrogène peut avoir lieu.

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Grant Strem, PDG de Proton Technologies, qui commercialise le processus, déclare : « cette technique peut générer d’énormes quantités d’hydrogène tout en laissant le carbone dans le sol. Lorsque nous travaillons au niveau de la production, nous prévoyons pouvoir utiliser les infrastructures existantes produisant de l’H2 entre 10 et 50 centimes le kilo, ce qui signifie que cela coûterait potentiellement une fraction de l’essence pour une production équivalente ».

Une méthode d’extraction peu coûteuse et non polluante

Cela se compare aux coûts actuels de production de H2 d’environ 2 euros/kg. Environ 5% de l’H2 produit alimente ensuite l’usine de production d’oxygène. Le système est donc plus que rentable. Selon Grant Strem, l’économie du procédé est favorable : « ce qui émane du sol est de l’hydrogène, nous n’avons donc pas les coûts énormes de purification en surface associés au raffinage du pétrole : nous utilisons le sol comme réacteur ».

« En prenant l’Alberta en exemple, nous avons le potentiel de répondre à la totalité des besoins en électricité du Canada pendant 330 ans (le Canada utilise environ 2.5% de l’électricité mondiale — à peu près la même quantité que l’Allemagne et davantage que la France ou le Royaume-Uni). L’hydrogène est le seul produit de ce processus, c’est-à-dire que la technologie utilisée est effectivement dépourvue de pollution et d’émissions. Tous les autres gaz restent dans le sol car ils ne peuvent pas passer à travers le filtre à hydrogène ».

Sources : Goldschmidt Abstracts

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