Mis en service en 1952, le Sunspot Solar Observatory (SSO) est un observatoire américain utilisant des télescopes solaires. Il est situé, pour partie, sur le Pic de Sacramento au Nouveau-Mexique. Sa principale mission est d’étudier la physique et la dynamique solaires. Cependant, depuis septembre 2018, l’observatoire a été évacué puis fermé par le FBI pour un mystérieux problème de sécurité.

Le 6 septembre 2018, suite à la remise d’un rapport rédigé à l’issue d’une enquête du FBI, le National Solar Observatory du Pic de Sacramento a été rapidement et mystérieusement évacué. Le manager du site, l’Association des Universités de Recherche en Astronomie (AURA), a déclaré le 14 septembre, que l’observatoire « restera fermé jusqu’à nouvel ordre en raison d’un problème de sécurité ».

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À la suite de la fermeture, Benny House, le shérif du Comté d’Otero, a révélé que « le FBI était sur place. Quel était leur but ? Personne ne le sait ». Les employés de l’installation sont également tenus dans l’ignorance. « Nous n’avons absolument aucune idée de ce qu’il se passe » explique Alisdair Davey, scientifique spécialiste du traitement des données au National Solar Observatory (NSO). « Vraiment aucune idée, ce qui en soi est étrange ». Les demandes d’explication adressées au bureau du FBI d’Albuquerque sont restées sans réponse.

Courrier contaminé et menace terroriste : une hypothèse rejetée

Tous les autres bâtiments du site ont aussi été fermés, et les employés d’environ 12 d’entre eux ont été renvoyés chez eux selon James McAteer, directeur de l’observatoire et astronome à l’université du Nouveau-Mexique. Il explique que les fermetures ne sont pas inhabituelles car les installations situées en altitude, au sommet des montagnes, sont souvent sujettes à des fuites d’eaux usées, à des dysfonctionnements de lignes électriques ou encore à des tempêtes de neige. Néanmoins, l’Apache Point Observatory, situé un peu en dessous du SSO, est, lui, resté ouvert.

Le bureau du Service Postal des États-Unis (USPS) de Sunspot, qui traite principalement le courrier de l’observatoire, a également été fermé. Selon le porte-parole du bureau, cette fermeture n’est qu’une mesure collatérale. « Ce qu’il se passe sur ce site n’a rien à voir avec nous » affirme Rod Spurgeon, le porte-parole de l’USPS au Nouveau-Mexique.

Spurgeon rejette l’idée que l’incident puisse avoir un rapport avec une attaque terroriste via des courriers contaminés. « Je n’ai rien entendu de tel ni eu connaissance d’une telle menace » indique-t-il. Liz Davis, chargée de communication publique au Bureau d’Inspection du Service Postal assurant la sécurité au sein de l’USPS, confirme qu’il n’y a « aucune activité criminelle ».

Une fermeture de l’observatoire suite à la détection d’un satellite ou d’une transmission classifiés ?

Le SSO surplombe la base militaire d’Holloman (Air Force), et un observateur pourrait potentiellement apercevoir les tests opérés sur le site de lancement de missiles de White Sands. Cette situation a soulevé des questions concernant un possible espionnage. « Le Nouveau-Mexique est un centre névralgique de recherche concernant la science appliquée à la sécurité nationale, et pour cette raison, est devenu un lieu de premier plan pour l’espionnage étranger » révèle Steven Aftergood, directeur de la Fédération des Projets Scientifiques Américains sur le Secret Gouvernemental. « Les espions vont là où les secrets se trouvent, et le Nouveau-Mexique est rempli de secrets ».

Toutefois, selon Aftergood, un observatoire solaire ne constituerait pas une cible privilégiée pour l’espionnage. « J’imagine que la plupart de ses capteurs et instruments sont dirigés vers le ciel ». À ce titre, il envisage la possibilité qu’un membre de l’observatoire ait pu, par inadvertance, détecter un satellite ou une transmission classifiés, conduisant à la fermeture de l’installation.

D’après Aftergood, cela expliquerait également pourquoi, depuis le 6 septembre, l’observatoire est toujours fermé. Cela pourrait pourrait prendre du temps d’interroger individuellement chaque membre du personnel, les amener à signer des clauses de non-divulgation, et mener des enquêtes de fond pour s’assurer qu’aucun espion étranger ne se trouve parmi les scientifiques et les employés.

La discrétion des autorités nationales sur cette situation ne fait que renforcer le mystère qui l’entoure. « Le mystère est plus intriguant que ce que l’explication pourrait réellement être » conclut Aftergood.

Source : Alamogordo Daily News

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