Orion capture un « croissant de Terre » alors qu’il entame son trajet de retour

photo croissant Terre vaisseau Orion Artemis
| NASA
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La capsule spatiale Orion de la NASA a finalement décollé le 16 novembre dernier pour un aller-retour sans équipage vers la Lune. C’est la première mission du programme Artemis de l’agence spatiale américaine, qui vise à établir une présence humaine durable sur notre satellite. Après s’être approché au plus près de la Lune ce lundi, l’engin entame aujourd’hui son retour vers la Terre. Quelques magnifiques clichés ont pu être capturés au passage.

Hier, le 5 décembre, la capsule a survolé la face cachée de la Lune à moins de 130 kilomètres — l’objectif étant de s’approcher au plus près de notre satellite afin de profiter de son attraction gravitationnelle pour se propulser sur la trajectoire de retour vers la Terre. Comme attendu, la communication avec la capsule a été interrompue durant une trentaine de minutes lorsqu’elle est passée derrière la face cachée de la Lune. Mais une fois la communication rétablie, Orion a pu relayer de magnifiques photos de la Lune et d’un croissant de Terre.

À noter que ce survol motorisé était la dernière grande manœuvre de la mission ; la combustion a duré 3 minutes et 27 secondes et a modifié la vitesse du vaisseau d’environ 655 mph (1000 km/h). Il ne reste désormais que de minimes corrections de trajectoire à effectuer jusqu’à l’atterrissage. Il est prévu que la capsule soit de retour sur Terre le 11 décembre (à 17h40 GMT). Elle devrait alors tomber dans l’océan Pacifique, au large de San Diego, après avoir franchi l’atmosphère terrestre à plus de 30 fois la vitesse du son.

Une invitation à rêver, prête à être portée.

Record de distance à la Terre battu

C’est là l’un des objectifs clés de la mission : tester la résistance du bouclier thermique de la capsule qui subira des températures de 2800 °C lors de la rentrée atmosphérique. « Lorsque Orion rentrera dans l’atmosphère terrestre dans quelques jours, il reviendra plus chaud et plus rapide que jamais – le test ultime avant d’embarquer des astronautes », a déclaré Bill Nelson, administrateur de la NASA. La descente de la capsule sera freinée par un ensemble de parachutes ; elle sera récupérée dans l’océan et hissée à bord d’un navire de la marine américaine.

« La semaine dernière, nous avons terminé notre dernière répétition avec l’USS Portland, qui sera notre navire de récupération pour Artemis I. Nous avons passé trois jours formidables à travailler avec eux pour affiner nos procédures et intégrer nos équipes afin de pouvoir atteindre les objectifs de récupération du vaisseau spatial Orion », a déclaré Melissa Jones, directrice de l’atterrissage et de la récupération au Centre spatial Kennedy de la NASA.

photo Lune Terre Orion Artemis
Le 28 novembre 2022, au 13e jour de vol, Orion a atteint sa distance maximale de la Terre alors qu’il se trouvait à un peu plus de 432 000 kilomètres de notre planète. Il a voyagé plus loin que tout autre vaisseau spatial conçu pour le vol habité. © NASA

Au cours de sa mission, Orion a passé environ six jours en orbite rétrograde lointaine autour de la Lune — une orbite à haute altitude, dans le sens opposé de la révolution de la Lune autour de la Terre. Le 28 novembre, il a atteint sa distance maximale de la Terre, un peu plus de 432 000 kilomètres ; c’est plus loin que n’importe quel vaisseau spatial conçu pour envoyer des humains dans l’espace. À son retour, Orion aura parcouru au total plus de 2,2 millions de kilomètres.

Au cours de son voyage (d’une durée de 25 jours et demi), le vaisseau a bien entendu pris d’incroyables clichés de la Lune en gros plan, de ses cratères, mais aussi de la Terre — dont un étonnant cliché de croissant de Terre, que nous ne sommes évidemment pas habitués à voir.

Premiers tests techniques d’une future conquête spatiale

Orion n’embarque aucun passager, mais les sièges de la capsule sont occupés par trois mannequins équipés de capteurs destinés à surveiller l’exposition aux radiations, les niveaux de température et d’autres facteurs susceptibles d’affecter les futurs pilotes. Cette mission est également l’occasion de tester Callisto, un assistant vocal intelligent conçu par Lockheed Martin en collaboration avec Amazon et Cisco, qui pourrait aider les futurs astronautes lors de missions dans l’espace lointain.

Le prochain vol, prévu pour mai 2024, emportera quatre astronautes jusqu’à l’orbite lunaire — il s’agira de la première mission lunaire avec équipage depuis Apollo 17, en décembre 1972. Mais ce n’est qu’en 2025 que des astronautes fouleront à nouveau le sol lunaire, pour la première fois depuis 50 ans. En 1972, Eugene Cernan et Harrison Schmitt avaient passé trois jours sur la surface lunaire, tandis que Ron Evans les attendait en orbite ; il s’agissait du plus long séjour sur la Lune du programme Apollo.

La mission Artemis III prévoit que deux des quatre membres de l’équipage séjournent six jours et demi sur la surface lunaire, près du pôle Sud. L’objectif ultime de la NASA est bien plus ambitieux, puisqu’elle envisage de construire la première base en orbite lunaire pour établir une présence humaine à long terme sur notre satellite. Tout repose bien entendu, sur le bon déroulement des trois premières missions Artemis.

Source : NASA

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