Les répercussions de nos actions sur l’environnement coutent déjà cher à la biodiversité, et elles pourraient durer très longtemps. Des chercheurs ont estimé qu’il faudrait entre 3 et 5 millions d’années pour que l’évolution comble la disparition de milliers d’espèces animales et végétales, qui se produira durant les 50 prochaines années.

Depuis son existence, notre planète a connu cinq extinctions massives, où des désordres et des catastrophes naturelles ont causé la perte de la majorité des espèces animales et végétales. Il se pourrait qu’une sixième soit en phase de se produire, mais cette fois le coupable est l’Homme.

Des scientifiques de l’Université d’Aarhus, au Danemark, ont publié cette semaine une recherche démontrant à quelle vitesse la biodiversité se dégrade, mais également combien d’années il lui faudra pour qu’elle retrouve le niveau qu’elle a aujourd’hui. Il ont estimé entre 3 et 5 millions d’années, mais aussi que 7 millions d’années seront nécessaires pour que la biodiversité soit identique à celle ayant existé avant l’évolution de l’humain moderne.

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L’évolution est le moteur clé pour le maintien de la diversité des êtres vivants sur Terre face aux différentes perturbations environnementales. Elle permet de remplacer les espèces disparues qui n’ont pas su s’adapter aux divers changements de leur milieu. Mais ce mécanisme prend un temps considérable, et aujourd’hui, il n’arrive de loin pas à rattraper les dégâts causés par les humains.

Les chercheurs de l’Université danoise ont utilisé pour leurs calculs des données sur les mammifères existants, ainsi que ceux déjà éteints. Ils les ont réuni avec des informations sur des espèces que l’on s’attend à voir disparaître durant les 50 prochaines années, et ont employé des méthodes de simulation avancées. Ces dernières leur ont permis d’estimer le temps nécessaire pour que l’évolution rétablisse la biodiversité.

Il est important de préciser que pour leur calcul, les scientifiques ont dû imaginer que l’Homme décide de stopper la destruction de l’environnement, et que grâce à cela, le taux d’extinction diminuerait.

Ils ont également prêté une attention particulière à l’importance de chaque mammifère : par exemple, il existe une centaine d’espèces de musaraignes, et seulement quatre de tigres à dents de sabre, ces derniers étant tous éteints aujourd’hui. La disparition de quatre espèces de musaraignes ne risquerait pas de causer un impact de la même importance que dans le cas des tigres à dents de sabre, où plusieurs années d’histoire évolutive ont disparu avec eux.

« Les grands mammifères, ou mégafaunes, tels que les paresseux géants et les tigres à dents de sabre, qui ont disparu depuis environ 10’000 ans, étaient très distincts du point de vue de l’évolution », déclare Matt Davis, paléontologue de l’Université d’Aarhus. « Comme ils avaient peu d’espèces proches, leur extinction a coupé des branches entières de l’arbre évolutif de la Terre ».

De plus, de nombreux facteurs détermineront le temps qu’il faudra pour que les mammifères commencent à regagner leur biodiversité, comme le nombre d’années avant que le taux d’extinction ne régresse, ainsi que le nombre d’espèces qui vont encore disparaître d’ici là.

Les mammifères géants, comme les rhinocéros noirs où les éléphants, sont les plus concernés par les dégâts humains sur l’environnement.

« Nous vivons maintenant dans un monde de plus en plus appauvri en grands mammifères sauvages », déclare Jens-Christian Svenning, chercheur en mégafaune de l’Université d’Aarhus.

Le groupe espère parvenir, grâce à ses recherches, à déterminer quelles espèces en voie d’extinction seraient évolutivement uniques. Cela permettrait aux conservationnistes de se concentrer davantage sur ces dernières, afin d’éviter des extinctions catastrophiques.

Source: Proceedings of the National Academy of Sciences

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