Une nouvelle étude estime que plus de 75’000 personnes à Wuhan seraient infectées par le coronavirus

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| AFP

Depuis son émergence en décembre 2019, l’épidémie à coronavirus 2019-nCoV a infecté un peu plus de 9500 personnes en Chine dont environ 6000 personnes dans la province du Hubei, selon les rapports officiels. Cependant, une nouvelle étude estime que les cas de personnes infectées à Wuhan pourraient en réalité s’élever à plus de 75’000. Un nombre qui, s’il est confirmé, signifie que le taux de mortalité précédemment annoncé serait bien plus bas que prévu.

« Nous estimons que 75’815 personnes ont été infectées à Wuhan au 25 janvier 2020 » rapporte une équipe dirigée par Gabriel Leung de l’Université de Hong Kong dans la revue The Lancet. Au 31 janvier, le gouvernement chinois a déclaré que le nombre de cas confirmés avait dépassé 9700 pour l’ensemble de la Chine, dont 213 décès.

Pour la province du Hubei — y compris Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants dans le centre de la Chine — le chiffre officiel était de près de 6000 cas confirmés et d’un peu plus de 200 décès. Jeudi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que l’épidémie était une urgence sanitaire mondiale, mais a déclaré qu’elle ne recommandait aucune restriction au commerce international ou aux voyages.

Une multiplication des cas dus au temps d’incubation et de dépistage

« L’écart apparent entre nos estimations modélisées des infections à 2019-nCoV et le nombre réel de cas confirmés à Wuhan pourrait être dû à plusieurs facteurs » explique Leung. Un décalage entre l’infection et l’apparition des symptômes, les retards de traitement médical des personnes infectées et le temps nécessaire pour confirmer les cas avec des tests de laboratoire « pourraient tous affecter l’enregistrement et les listings des cas ».

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A) Nombre cumulatif de cas confirmés infectés par le nouveau coronavirus 2019 au 28 janvier 2020 à Wuhan, en Chine continentale et en dehors de la Chine continentale. (B) Les principaux itinéraires de transport aérien et ferroviaire sortants en provenance de Wuhan pendant le chunyun 2019. Les bords plus sombres et plus épais représentent un plus grand nombre de passagers. Les voyages aériens internationaux sortants (en jaune) représentaient 13.5% de tous les voyages aériens en partance, et les 40 principales routes aériennes intérieures (en rouge) en représentaient 81%. Les îles de la mer de Chine méridionale ne sont pas représentées. Crédits : Joseph T Wu et al. 2020

L’étude a révélé que chaque personne ayant contracté le virus, qui a émergé en décembre, aurait pu infecter en moyenne deux à trois personnes et que l’épidémie avait doublé de proportions tous les 6.4 jours. Si le virus se propage aussi rapidement à l’échelle nationale, « il est possible que des épidémies se développent déjà dans plusieurs grandes villes chinoises, avec un décalage d’une à deux semaines derrière Wuhan » indique Joseph Wu, professeur à l’Université de Hong Kong.

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Un taux de mortalité potentiellement plus bas que précédemment estimé

Si la nouvelle estimation des cas est exacte, cela signifierait que le taux de mortalité du virus 2019-nCoV est nettement inférieur aux chiffres préliminaires suggérés, avec bien moins d’un pour cent des cas s’avérant mortels.

Mais un faible taux de mortalité peut encore entraîner un grand nombre de décès si le virus se propage largement. La grippe saisonnière, par exemple, tue entre 290’000 et 650’000 personnes par an, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Aux États-Unis, le taux de mortalité parmi les personnes infectées par la grippe est de 0.13%, selon les Centers for Disease Control (CDC). L’épidémie de SRAS de 2002/03 (syndrome respiratoire aigu sévère) a commencé dans la province du Guangdong et a tué 774 personnes sur un total de 8096 personnes infectées.

L’épidémie de MERS de 2012 (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) a tué 858 personnes sur les 2494 infectées. Les taux de mortalité respectifs des patients atteints du SRAS et du MERS étaient de 9.5 et 34.5%, bien plus élevés que pour le nouveau coronavirus.

Sources : The Lancet

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