Pourquoi sommes-nous majoritairement constitués d’eau ?

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L’eau est essentielle au bon fonctionnement de notre organisme et le remplit à environ 60% (chez l’adulte). Véritable carburant présent partout et tout le temps, elle facilite les réactions métaboliques, la digestion, régule la température de notre corps… Sans elle, nous ne pourrions tout simplement pas vivre au-delà de trois jours. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’économie d’eau reste l’une des principales exigences de la vie terrestre. Mais pourquoi sommes-nous majoritairement constitués d’eau et non d’une autre substance ?

C’est un fait, l’eau est le constituant principal du corps humain. Chez l’homme adulte, ce liquide essentiel représente en moyenne 60% de son poids, soit 42 litres pour un individu de 70 kg. Chez la femme, cette quantité avoisine 50%, car elle dépend de plusieurs facteurs, dont la quantité de masse graisseuse, plus importante que chez l’homme. En effet, plus une personne est maigre, plus la quantité d’eau dans son organisme est élevée. La proportion d’eau dans le corps dépend également de l’âge de l’individu. Avant la naissance, l’embryon humain contient plus de 90% d’eau, tandis que le nouveau-né en contient environ 75%. Avec l’âge, la quantité d’eau dans l’organisme diminue, car plus les tissus vieillissent, plus ils se déshydratent (l’eau étant remplacée par de la graisse).

À l’intérieur du corps, la proportion d’eau varie d’un organe à l’autre : de 1% dans l’ivoire des dents jusqu’à 81% dans un rein. Les autres organes les plus riches en eau sont le cœur, les poumons et le cerveau, sièges de nombreuses réactions métaboliques. Le sang est constitué à 79% d’eau, tandis que les autres liquides dans l’organisme (salive, transpiration, lymphe) en contiennent plus de 95%. Fait intéressant, les muscles contiennent de l’eau en même proportion que les autres tissus mous (75%), mais en raison du poids important de la masse musculaire, les muscles contiennent de fait la moitié du contenu en eau de l’organisme !

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© CNRS et Boron & Boulpaep, « Medical Physiology »

Équilibre hydrique

En réalité, les fluctuations de l’eau (apports et pertes) sont permanentes entre le corps et son environnement : on parle d’équilibre hydrique. D’une part, l’eau est éliminée de l’organisme (jusqu’à 2,5% de l’eau totale) via les excrétions (principalement l’urine), la transpiration et la respiration (au moment de l’expiration). D’autre part, cette eau perdue doit être compensée par l’eau de boisson et des aliments.

C’est la raison pour laquelle il est conseillé de boire au moins 1,5 litre d’eau par jour — environ 1 litre étant apporté par une alimentation normale. Par ailleurs, les réactions métaboliques qui se déroulent dans le corps fournissent environ 0,3 litre d’eau par jour, et une faible part est également apportée par la respiration. Sans apport d’eau, un être humain ne peut pas vivre plus de deux ou trois jours, alors qu’il peut tenir environ quarante jours sans manger, à condition de ne fournir aucun effort (d’après un dossier du CNRS).

Ainsi, retrouver une majorité d’eau dans notre organisme n’est pas surprenant, car elle est présente dans presque tout ce que nous absorbons, en particulier les liquides, les fruits et les légumes. Dans les produits alimentaires, elle se présente même sous quatre formes différentes : en état libre, liée aux colloïdes (pour la production et la conservation), hygroscopique et d’hydratation (retenue par des substances cristallines). Dans l’organisme, la majeure partie de l’eau siège à l’intérieur des cellules, tandis qu’une autre partie occupe l’espace intercellulaire, servant de réserve aux cellules et aux vaisseaux sanguins. Le reste, contenu dans le sang, circule en permanence dans tout le corps.

L’eau : « Champ d’action de toutes les réactions biochimiques qui définissent la vie »

Constituant essentiel des cellules, l’eau est un solvant universel donc un environnement optimal dans lequel toutes les substances nutritives solubles de l’organisme peuvent transiter. Par cette même propriété, elle permet d’éliminer les déchets — résultant des processus métaboliques du corps — par les reins dans les urines.

En outre, elle assure le bon déroulement de nombreux processus métaboliques, dont la glycolyse nécessaire à la production d’adénosine triphosphate (l’énergie servant à la contraction musculaire). L’eau est un électrolyte faible qui se dissocie en ion d’hydrogène (H+) et hydroxyle (OH-). Ces ions ont des propriétés catalytiques permettant d’accélérer des réactions chimiques, qui ont alors lieu en quelques secondes au lieu de plusieurs jours. « L’eau est le champ d’action de toutes les réactions biochimiques qui définissent la vie », résume Bengt Kayser, professeur à l’Institut des sciences du sport à l’Université de Genève. « Toute notre machinerie ne peut fonctionner que dans une solution aqueuse ».

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Autrement, l’eau est essentielle pour faciliter la circulation et la digestion des aliments, d’ailleurs apportée par les boissons et les aliments ingérés, et l’organisme fournit lui-même plusieurs litres d’eau à l’estomac et à l’intestin grêle. La plus grande part traverse les parois de l’intestin grêle et du colon pour rejoindre le sang et la lymphe, qui la transportent notamment vers les reins, la peau et les poumons, principaux organes par lesquels elle sera éliminée. Elle aide aussi au maintien d’une température constante à l’intérieur du corps.

Une étude japonaise de 2020 montre qu’augmenter sa consommation quotidienne d’eau présente plusieurs avantages pour la santé. Sur les 174 personnes recrutées pour l’étude, 58 ont pu y participer : 28 dans le groupe évalué et 30 dans le groupe témoin. Les chercheurs ont testé l’effet d’une supplémentation en eau pendant 12 semaines sur les biomarqueurs dans le sang, l’urine et la salive. Dans le groupe évalué, deux bouteilles d’eau supplémentaires de 550 ml ont été consommées (l’une après le réveil et l’autre avant le coucher) en plus de l’apport hydrique habituel. La consommation moyenne de liquide est ainsi passée de 1,3 L/jour à 2,0 L/jour et le taux d’eau corporelle totale a augmenté avec la supplémentation en eau associée.

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« Il n’y a pas eu de changement significatif de la glycémie à jeun, mais la pression artérielle systolique a diminué de manière significative dans le groupe d’intervention », écrivent les auteurs de l’étude. « En outre, l’existence d’un microbiome intestinal était corrélée à une diminution de la pression artérielle systolique et à une augmentation de la température corporelle. En revanche, la supplémentation habituelle en eau après le réveil et avant le coucher chez des sujets sains présentant des taux de glycémie à jeun légèrement élevés ne permet pas d’abaisser ces taux. Cependant, il s’agit d’une intervention qui peut […] diluer les déchets sanguins et protéger la fonction rénale ».

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Effets néfastes de la déshydratation

Au contraire, le manque d’eau dans l’organisme (dès une réduction de 2%) peut entraîner une déshydratation dont les signes les plus courants sont des étourdissements, une réduction de la capacité de concentration, une tachycardie avec palpitations, des troubles visuels, une sécheresse de la bouche… Une autre étude suggère que la déshydratation aigüe altère entre autres la santé cardiovasculaire, notamment la fonction vasculaire et la régulation de la pression artérielle. « Des études d’observation ont établi un lien entre un faible apport hydrique habituel et un risque futur accru d’événements cardiovasculaires indésirables, bien que l’on ne sache pas encore très bien comment », écrivent les auteurs. La déshydratation diminue également les performances mentales et physiques, la thermorégulation et la tolérance orthostatique (capacité à se maintenir debout).

effets deshydratation
Résumé des conséquences physiologiques d’une légère déshydratation aiguë chez l’homme sain. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si et comment ces effets aigus influencent les mauvais résultats sur la santé cardiovasculaire associés à une consommation insuffisante d’eau (chronique). ↓ : altéré ou réduit ; ↑ : augmenté. © Watso JC, Farquhar WB. 2019.

Si le déficit d’eau est supérieur à 6%, il y a danger, et à 10%, c’est le coma puis la mort. En somme, chaque organe interne a besoin d’eau pour se développer et fonctionner avec des paramètres optimaux. Et comme la nature est « bien faite », nous trouvons dans notre environnement l’eau nécessaire pour combler ce besoin vital et intemporel.

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