Les hommes psychopathes ont une « obsession » pour l’accouplement au détriment du reste et ont tendance à être des pères « parasites »

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La psychopathie est un trouble de la personnalité caractérisé par un comportement antisocial, un manque d’empathie et de sensibilité, ainsi qu’un profond égoïsme. Contrairement à la croyance populaire, tous les psychopathes ne sont pas des meurtriers ou des individus malfaisants. Malgré des traits de caractère peu avenants, certains ont une vie tout à fait normale et peuvent même devenir parents. Des psychologues ont entrepris d’examiner comment les hommes psychopathes s’investissent dans une vie de famille.

Dans une nouvelle étude, Kristopher Brazil et Anthony Volk, chercheurs à l’Université Brock, au Canada, ont examiné en particulier trois composantes essentielles à la vie de famille : l’accouplement (la recherche de partenaire), l’investissement parental (le fait de prendre soin de ses enfants) et l’investissement somatique (qui désigne le fait d’assurer sa propre survie, de prendre soin de soi). « Bien que des études antérieures aient montré que les hommes ayant des traits psychopathiques plus élevés semblent investir beaucoup dans l’effort d’accouplement et très peu dans l’effort parental, aucune étude n’avait examiné le rôle de l’effort somatique », explique Brazil.

Dans un second temps, les deux chercheurs ont vérifié si la perception des hommes psychopathes de stimuli associés à chacun de ces domaines (par exemple, des visages de femmes attirantes, de bébés mignons et différentes activités somatiques) s’aligne sur leur comportement réel — notamment si cette perception reflète ou non le temps passé à s’engager dans chacun de ces domaines. Les résultats ont montré que les traits psychopathiques étaient associés à un taux d’accouplement plus élevé et à des attitudes comportementales parentales et somatiques plus faibles.

Des pères qui ne se préoccupent pas de leurs enfants

Cette étude repose sur un échantillon de 255 jeunes hommes américains et canadiens, âgés de 25 à 35 ans. Pour évaluer leur niveau d’investissement dans les trois domaines étudiés, les participants ont été soumis à une évaluation des traits psychopathiques, puis ont été invités à répondre à divers questionnaires concernant leur investissement somatique, leur comportement sexuel et leurs attitudes comportementales en tant que parents.

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L’analyse des données a révélé que les traits psychopathiques étaient associés à des attitudes d’accouplement plus fortes et à des attitudes d’investissement parentales et somatiques plus faibles. En revanche, ces effets variaient selon le statut des participants : les hommes en couple affichaient des niveaux d’investissement somatique plus élevés, mais un moindre investissement dans l’accouplement et le rôle parental. De même, les participants qui étaient pères ont montré des niveaux plus élevés d’investissement parental, mais des niveaux plus faibles d’investissement en matière d’accouplement.

« Les hommes qui présentaient des traits psychopathiques plus élevés ont déclaré qu’ils consacraient plus de temps et d’énergie à l’accouplement et moins de temps et d’énergie à l’éducation des enfants et à l’effort somatique », a déclaré Brazil à PsyPost. Par conséquent, il apparaît que les psychopathes sont capables de faire un compromis, en se concentrant sur l’accouplement au détriment des domaines parentaux et somatiques. Une attitude qui n’est évidemment pas sans conséquences pour la progéniture…

L’étude montre que les hommes présentant des traits psychopathiques plus élevés étaient plus susceptibles d’être pères — même s’ils reconnaissent consacrer moins de temps et d’énergie à leurs enfants. Les psychopathes pourraient donc être des pères « parasites », explique Brazil, dans le sens où ils ont beaucoup d’enfants, mais ne s’en occupent pas. On est à l’opposé du modèle d’investissement typique d’un père non psychopathe, souligne le spécialiste.

Une étude publiée en 2019 avait déjà mis en évidence le fait que les hommes à haut degré de psychopathie avaient tendance à avoir plus d’enfants que les hommes moins psychopathes. Les psychopathes n’ont donc pas de difficulté particulière à trouver des partenaires et à avoir des enfants, mais dans les faits, ils ne se préoccupent pas d’eux et tendent plutôt à créer d’autres relations pour répéter le même schéma.

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Maximiser les chances de paraître comme un partenaire idéal

Les participants à l’étude ont ensuite visionné plusieurs images : des photos de femmes très séduisantes, des photos de nourrissons particulièrement mignons, ainsi que des photos illustrant des activités somatiques (faire du sport, manger sainement, gagner de l’argent, etc.). L’objectif était d’étudier la manière dont ils percevaient ces images et ce qu’elles déclenchaient en eux. Ils devaient donc indiquer dans chaque cas s’ils étaient susceptibles de sortir avec ces femmes, d’adopter ces enfants et si l’activité présentée leur semblait attrayante ou non.

Les chercheurs ont constaté que les traits psychopathiques étaient associés à des perceptions positives des signaux d’accouplement, mais à des perceptions plutôt négatives des signaux somatiques indirects (par exemple, le travail et la formation de relations amicales). En revanche, ils n’ont établi aucune association entre la psychopathie et la façon de percevoir des signaux somatiques directs (comme faire de l’exercice) ou parentaux.

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« Cela correspond à leurs niveaux de comportement déclarés pour chacun de ces domaines. Ils aiment les stimuli associés à l’accouplement et n’aiment pas les stimuli associés à l’effort somatique, comme travailler ou économiser de l’argent. Mais ils n’ont pas montré une préférence réduite pour les bébés mignons comme leur investissement parental plus faible pourrait le suggérer », résume Brazil. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que les psychopathes tendent ici à se comporter comme les autres hommes pour maximiser leurs chances de paraître comme un partenaire idéal auprès des femmes — qui pourraient rechercher certaines qualités parentales chez leur futur partenaire.

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Le chercheur résume la situation ainsi : soit les psychopathes sont conscients du fait que ne pas aimer les enfants pourrait leur porter préjudice dans leur recherche de partenaire — et donc, les stimuli associés aux enfants sont perçus de façon neutre — soit ils pensent aimer les enfants (et aimeraient en avoir), mais n’ont finalement pas la force ni l’envie de s’en occuper lorsqu’ils deviennent pères.

Les auteurs de l’étude estiment nécessaire de réaliser d’autres recherches pour approfondir la question et pouvoir dégager une perspective évolutive du profil psychopathe — notamment en incluant des profils violents et des mesures d’évaluation provenant de l’entourage direct d’hommes psychopathes, ainsi que des mesures physiologiques (cette étude ne reposait que sur de l’auto-évaluation). « Il serait également important de comparer les mesures, telles que les mesures physiologiques et les mesures d’auto-évaluation, pour rechercher des divergences qui pourraient aider à clarifier comment ce style de personnalité trompeur peut échapper à la détection lorsqu’il est évalué et choisi dans le domaine de l’accouplement », conclut Brazil.

Source : K. Brazil et al., Evolutionary Psychological Science volume

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