Le retour au bureau (suite au télétravail) aurait engendré une forte baisse de productivité aux États-Unis

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Bien que la pandémie de COVID-19 ait fait des millions de victimes à travers le monde et ait eu des impacts considérables sur notre économie, elle a tout de même apporté quelques effets positifs. Dans de nombreux pays, des chercheurs ont notamment enregistré une hausse significative de la productivité, liée au télétravail, pendant le confinement. Cependant, au moment des levées progressives des confinements et des retours au bureau, la productivité aurait considérablement baissé. Aux États-Unis, la productivité des employés aurait chuté à son taux le plus bas depuis les années 40. Diverses théories supposent que le phénomène serait lié à la perte d’une certaine liberté, permise par le télétravail. Toutefois, inquiets des impacts potentiels sur la croissance économique, les économistes tentent encore d’en décrypter les causes exactes.

Malgré les a priori contre l’idée du télétravail lors des périodes de confinement, la productivité des employés n’a jamais enregistré une croissance aussi élevée dans un délai aussi court. Au premier trimestre 2021, la productivité des travailleurs américains aurait augmenté de 4,3%, soit la hausse la plus forte depuis des décennies. Bien que ce taux ait légèrement diminué (2,3%) le trimestre suivant, cela représente tout de même encore le double de la croissance enregistrée lors de la crise économique de 2008-2009.

Cette hausse serait liée au bien-être professionnel. Il est en effet connu qu’un environnement positif est stimulant — comme le confort de chez soi — et motive les employés à travailler plus. Travailler à la maison permettrait également d’acquérir une certaine autonomie, pour plus de productivité. D’autres facteurs, comme la gestion du temps, peuvent aussi être pris en compte. En effet, en restant à la maison, nous consacrons notamment au travail le temps supplémentaire du déplacement pour nous rendre au (et revenir du) bureau. Pour résumer, par le biais du télétravail, les employés ont fait valoir une hausse d’efficacité grâce à une gestion et un environnement plus flexibles.

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Cette hausse de productivité a incité les économistes à penser que la pandémie ait pu déclencher une croissance économique à long terme. Cependant, des secteurs comme le tourisme ou la construction ont été gravement lésés. Les employeurs ont alors commencé à rapatrier progressivement au bureau leurs employés, malgré le fait que la circulation très rapide du virus soit encore d’actualité.

Ce retour progressif au bureau a cependant mené à un déclin notable au niveau de la productivité des employés. Ces derniers expriment notamment directement ou subtilement leur mécontentement. Lors du premier semestre de cette année, le taux de productivité n’a jamais autant diminué chez les Américains depuis les années 40. Chercheurs et économistes tentent de donc décrypter les causes de ce changement de comportement au travail. « Les données sont très étranges ces deux derniers trimestres, à bien des égards. C’est même difficile de donner une hypothèse cohérente », explique Diego Comin, professeur d’économie au Dartmouth College.

Les employés apprécieraient fortement le gain de flexibilité

Si une hausse de productivité a été observée sans surprise chez les travailleurs de terrain, chez les ouvriers par exemple, la baisse généralisée de productivité pour d’autres secteurs a généré davantage de pression du côté des employeurs, parallèlement à une réadaptation post-pandémique.

Mais heureusement, cette diminution pourrait être délétère à l’échelle d’une multinationale. Les dirigeants d’entreprises se retrouvent aujourd’hui dans une sorte de « paranoïa de la productivité », car ils auraient de plus en plus de mal à retrouver les mêmes performances qu’en 2021. Pour tenter de rétablir un équilibre au sein de leur société, certains font recours à des applications permettant de suivre en temps réel l’activité des employés. Cependant, cette méthode peut être considérée comme invasive et pourrait nuire à la confiance, l’autonomie et la motivation des employés.

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En fin de compte, les employés sont plus productifs quand ils ressentent un certain sentiment d’autonomie et de « marge de confiance ». Quand, de leur initiative, ils se sentent impliqués dans les missions de l’entreprise, ils se montrent plus prompts à se dépasser et à donner de bons résultats. « Je vous promets qu’aucun PDG n’a jamais dit qu’il préférerait l’activité aux résultats », explique Elaine Richards, directrice d’exploitation de Basecamp. Or, « la seule chose que la paranoïa de la productivité amène, c’est beaucoup d’activités », dit-elle. Des activités qui ne sont pas forcément très productives, donc.

Toutefois, afin de pouvoir satisfaire cette paranoïa des employeurs, certains employés tentent de se conformer tant bien que mal aux nouvelles formes de gestion. Si certains préférant l’autonomie et la flexibilité ont tendance à démissionner, d’autres se retrouvent à supporter une plus grande charge de travail. Le nombre d’employés en surmenage est élevé lorsqu’il s’agit d’atteindre des objectifs difficiles, alors même que les niveaux d’engagement ont tendance à baisser. Aux États-Unis, l’épuisement professionnel aurait augmenté de 42% par rapport à l’année 2019 et les autodéclarations de surmenage de 12%.

À savoir que ces employés autonomes qui démissionnent sont également des travailleurs compétents et performants. Il est alors tout à fait logique que leur départ conduise à une baisse de productivité. Des experts estiment que la productivité aurait tendance à évoluer par cycle de 10 à 20 ans, signifiant que cette baisse pourrait encore se poursuivre jusqu’en 2023. Mis à part les États-Unis, d’autres pays tels que la France, l’Allemagne et le Canada voient également une baisse de productivité généralisée.

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