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Au vu de la situation actuelle dans le monde et la quarantaine imposée dans de nombreux pays, de plus en plus de personnes se sentent stressées, anxieuses et plus fatiguées que d’habitude. Pourtant, nous avons l’impression de faire moins de choses qu’en temps normal. Voici pourquoi, et ce qu’il est possible de faire afin de se sentir mieux, le temps de traverser cette crise.

Actuellement, le sentiment de fatigue que vous pouvez ressentir est plus susceptible d’être lié à la charge de travail mental associée à la pandémie du COVID-19, plutôt qu’à une cause purement physique. En effet, la fatigue peut avoir des causes non physiques. Par exemple, après avoir effectué une course de 5 kilomètres ou fait beaucoup de sport, nous devons nous reposer car nous sommes fatigués physiquement, après l’effort. Il en va de même concernant le repos après une maladie : il n’est pas inhabituel de se sentir épuisé et fatigué pendant plusieurs semaines après la maladie, car le corps doit se remettre de son combat contre cette dernière.

Mais ce n’est pas tout, et ce n’est pas une nouvelle découverte : la fatigue peut également être causée par des états psychologiques, tels que le stress et l’anxiété. Et dans la situation actuelle, ce pourrait même être la monotonie de la situation qui pourrait nous faire nous sentir d’autant plus fatigués. En effet, rien que le fait de faire face à la pression psychologique associée au coronavirus, pourrait nous épuiser.

Mais alors, comment faire pour récupérer notre énergie ?

Prendre le temps pour s’adapter au changement de situation

Lorsque nous examinons les étapes de grands changements dans la vie, tels que, par exemple, des étudiants qui entrent à l’université ou des personnes qui déménagent et s’installent dans un nouveau pays : une période d’adaptation et de transition est toujours nécessaire. Cela prend du temps et se déroule en plusieurs phases.

En général, la première semaine d’adaptation consiste à se désengager des anciennes manières de vivre, de faire, de travailler et à établir de nouvelles interactions. Puis, lorsque ces nouvelles façons de faire sont mises en place, la vie peut recommencer à devenir un peu plus stable et prévisible.

Il est donc tout à fait normal de se sentir démuni, faible, ou triste durant les premières semaines du confinement, car notre vie change de manière brusque et totalement imprévue. Il s’agit d’une étape d’adaptation normale.

Tenir un journal de réflexion peut aider

La transition vers un nouvel environnement et un nouveau mode de vie peut être facilitée par la rédaction d’un journal de réflexion : il peut être utile de noter vos pensées et vos sentiments, ainsi que leur évolution au fil du temps. Vous pouvez ensuite relire ce que vous avez écrit et constater vos progrès ainsi que voir comment vous vous adaptez à la nouvelle situation. Cela vous donnera un sentiment de progrès non négligeable en ce moment, où le temps semble s’être arrêté.

Plusieurs mois sont nécessaires pour s’adapter à un grand changement

L’adaptation fonctionnelle et complète à un nouveau mode de vie a généralement lieu après environ trois mois. Cependant, il y a une période à prendre en compte, qui peut se produire environ trois semaines après le début du changement (donc dans ce cas, du confinement), lorsqu’une personne peut succomber brusquement à un accès de mélancolie et à une perte de moral. Il est alors important de se rappeler que la situation n’est pas éternelle.

Organiser ses journées, avoir des objectifs

La prochaine leçon sur la manière de garder votre énergie provient de l’observation d’individus en situation de survie : afin d’éviter une dérive dans un état d’apathie, un sentiment de faiblesse ou de manque extrême de motivation, il est important d’établir une structure claire pour votre journée.

Cette structure nous permet de prendre le contrôle de nos vies. Il permet d’éviter une accumulation de temps « gaspillé», qui pourrait vous rendre très conscient de l’isolement et provoquer un sentiment croissant de « dérive» et de manque de contrôle.

Un manque de contrôle, généré par un manque d’organisation, peut provoquer des insomnies (ou un mauvais sommeil) et une négligence de l’hygiène personnelle, qui ne font qu’accentuer le cercle vicieux et n’aident pas à la situation globale.

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Voici un exemple d’un cas extrême démontrant l’utilité de la structure organisationnelle de nos journées pour survivre, expliqué par Sarita Robinson, professeure de psychologie à l’University of Central Lancashire et John Leach, chercheur en psychologie de la survie, de l’University of Portsmouth :

En 1915, lorsque le navire Endurance de Sir Ernest Shackleton s’est retrouvé piégé dans la glace antarctique, le commandant a imposé des règles strictes à son équipage.

Ce dernier connaissait bien un précédent navire d’expédition, le RV Belgica, qui s’était retrouvé piégé dans la glace antarctique durant l’hiver 1898. Le commandant de bord n’avait pas établi de routine et, par conséquent, l’équipage a grandement souffert d’une baisse de moral extrême, surtout après la mort du chat du navire, Nansen.

Shackleton a donc insisté sur des heures de repas strictes et a ordonné à tout le monde de se rassembler après le dîner pour un moment de socialisation forcée. Ces activités programmées ont empêché une monotonie sociale qui peut se produire lorsqu’un petit groupe de personnes est confiné pendant une longue période.

endurance bateau

L’Endurance coule finalement, écrasé par les glaces, en novembre 1915. Crédits : Royal Grographic Society

Donc, même si faire de nombreuses grasses matinées peut vous être bénéfique dans une certaine mesure, il reste préférable, pour garder de bons niveaux d’énergie et de santé mentale, d’organiser vos journées et d’avoir des buts (du moins sur le court terme). Au sein de cette structure, il est également important de maintenir une activité sociale avec vos proches et vos amis, même si ces activités sociales doivent être entreprises en ligne. Heureusement, à notre époque et avec internet, il est extrêmement simple de rester en contact avec les êtres qui nous sont chers.

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L’anxiété : une grande cause de fatigue

L’anxiété est une autre cause non physique de fatigue. La pandémie est une source de stress et les gens sont confus : c’est normal, car la situation actuelle est très incertaine à de nombreux niveaux, augmentant de ce fait le sentiment d’appréhension général. Tous ces sentiments peuvent conduire à une mauvaise qualité de sommeil, ce qui peut à son tour augmenter les états de fatigue et d’anxiété.

Faire de l’exercice physique est toujours une bonne idée !

Pour briser ce cycle, l’exercice physique est un outil fantastique. Faire de l’exercice physique (individuellement ou en ligne par vidéoconférence) peut bien entendu vous fatiguer physiquement et temporairement, mais à long terme, il réduira les sensations de fatigue mentale, à mesure que la qualité de votre sommeil s’améliorera ainsi que votre qualité de vie dans son ensemble.

Pour conclure

Vous avez donc à présent en main certaines informations qui peuvent vous être utiles afin de sortir d’un état léthargique ou d’anxiété générale. Pour cela : planifiez certaines activités et fixez des objectifs à atteindre. Organisez vos journées, faites des activités qui vous font plaisir et qui ont un sens (vous rapprochant de vos objectifs). Restez optimiste quant à l’avenir (cette situation ne restera pas ainsi éternellement), cela vous aidera à réduire le stress. Faites du sport, bougez, dansez chez vous : tout exercice physique est bon pour le corps et pour le moral.

Courage à toutes et tous !

Sources : Bmj, BMC, Journal of Anxiety Disorders

confinement fatigue

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