Simulation : un impact d’astéroïde détecté jusqu’à 6 mois plus tôt ne pourrait être évité

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| Getty

Même si nous nous trouvons dans une zone de l’Univers relativement calme, la dynamique cosmique expose inévitablement la Terre à certains dangers. Parmi ces menaces se trouvent les objets géocroiseurs ; des astéroïdes et des comètes dont l’orbite est proche de celle de la Terre. Pour faire face à ces dangers potentiels, les agences spatiales tentent de les détecter et de les surveiller du mieux possible. Pour compléter cette stratégie, les scientifiques se réunissent fréquemment pour participer à des simulations d’impact. Récemment, l’une de ces sessions s’est tenue, impliquant un scénario dans lequel un astéroïde se dirigeant vers la Terre n’avait été découvert que six mois avant son arrivée. Les experts ont conclu qu’il était impossible d’éviter l’impact en un laps de temps aussi court. 

Un groupe d’experts d’agences spatiales américaines et européennes a participé à un exercice d’une semaine dirigé par la NASA dans lequel ils ont été confrontés à un scénario hypothétique : un astéroïde situé à 35 millions de kilomètres s’approchait de la planète et pourrait frapper dans les six mois.

À chaque jour qui passait, les participants en apprenaient davantage sur la taille, la trajectoire et les chances d’impact de l’astéroïde. Ensuite, ils ont dû coopérer et utiliser leurs connaissances technologiques pour voir si quelque chose pouvait être fait pour arrêter la roche spatiale. Les experts ont échoué. Le groupe a déterminé qu’aucune des technologies existantes ne pouvait empêcher l’astéroïde hypothétique de frapper étant donné le délai de six mois de la simulation. Dans cette réalité alternative, l’astéroïde s’est écrasé en Europe de l’Est.

À notre connaissance, aucun astéroïde ne constitue actuellement une menace pour la Terre de cette manière. Mais on estime que les deux tiers des astéroïdes de 140 m ou plus — assez grands pour causer des ravages conséquents — restent à découvrir. C’est pourquoi la NASA et d’autres agences tentent de se préparer à une telle situation.

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« Ces exercices aident en fin de compte la communauté de défense planétaire à communiquer entre elles et avec nos gouvernements pour nous assurer que nous sommes tous coordonnés si une menace d’impact potentiel était identifiée à l’avenir », déclare Lindley Johnson, responsable de la défense planétaire à la NASA.

Six mois : un délai trop court pour éviter un impact

L’astéroïde fictif de la simulation s’appelait 2021PDC. Dans le scénario de la NASA, il a été « repéré » pour la première fois le 19 avril, date à laquelle on pensait qu’il avait 5% de chance de frapper notre planète le 20 octobre, six mois après la date de sa découverte. Mais le deuxième jour de l’exercice s’est déroulé le 2 mai, lorsque de nouveaux calculs de trajectoire d’impact ont montré que 2021PDC toucherait presque certainement l’Europe ou l’Afrique du Nord.

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Cette image montre la région d’impact prévue au deuxième jour de la simulation pour 2021 PDC. Il y a 99% de chances que l’impact se produise dans les limites de toute la région ombrée ; les limites des deux régions ombrées intérieures indiquent d’autres niveaux de probabilité : la probabilité d’impact est de 87% à l’intérieur du contour médian et de 40% à l’intérieur de la région centrale rouge foncé. © CNEOS

Les participants à la simulation ont envisagé diverses missions dans lesquelles des engins spatiaux pourraient essayer de détruire l’astéroïde ou de le détourner de sa trajectoire. Mais ils ont conclu que de telles missions ne pourraient pas décoller dans le court laps de temps avant l’impact de l’astéroïde. « Si nous étions confrontés au scénario hypothétique de 2021PDC dans la vie réelle, nous ne serions pas en mesure de lancer un vaisseau spatial dans un délai aussi court avec les capacités actuelles », précisent les participants.

Ils ont également envisagé d’essayer de faire exploser ou de perturber l’astéroïde à l’aide d’un engin explosif nucléaire. « Le déploiement d’une mission de perturbation nucléaire pourrait réduire considérablement le risque de dommages par impact ». Néanmoins, la simulation stipulait que 2021PDC pouvait avoir une taille comprise entre 35 et 800 m, de sorte que la probabilité qu’une arme nucléaire puisse faire une brèche était incertaine.

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Zone, diamètre et conséquences de l’impact prévus au 4e jour de simulation. © CNEOS

Le troisième jour de l’exercice s’est déroulé au 30 juin et l’avenir de la Terre semblait sombre : la trajectoire d’impact de 2021PDC montrait qu’il se dirigeait vers l’Europe de l’Est. Au jour 4, qui a avancé rapidement à une semaine avant l’impact de l’astéroïde, il y avait 99% de chances que l’astéroïde frappe près de la frontière entre l’Allemagne, la République tchèque et l’Autriche. L’explosion apporterait autant d’énergie qu’une grosse bombe nucléaire. Tout ce qui pouvait être fait était d’évacuer les régions touchées à l’avance.

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Objets géocroiseurs : quelles menaces pour la Terre ?

Il est tentant de supposer que dans le monde réel, les astronomes repéreraient un astéroïde semblable à 2021PDC avec un préavis beaucoup plus long que six mois. Mais la capacité humaine à surveiller les objets géocroiseurs (NEO) est malheureusement incomplète. Toute roche spatiale avec une orbite qui l’emmène à moins de 200 millions de kilomètres du Soleil est considérée comme un géocroiseur. Mais Johnson a déclaré en juillet que la NASA pensait « que nous n’avons trouvé qu’environ un tiers de la population d’astéroïdes qui pourraient représenter un risque d’impact sur la Terre ».

Bien sûr, l’humanité espère éviter une surprise comme celle des dinosaures il y a 65 millions d’années, lorsqu’un astéroïde de 10 km de diamètre s’est écrasé sur notre planète. Mais ces dernières années, les scientifiques ont manqué de nombreux objets volumineux et potentiellement dangereux qui se sont rapprochés. La comète Neowise, un morceau de glace spatiale de 5 km de diamètre, est passée à 103 millions de km de la Terre en juillet. Personne ne savait que cette comète existait jusqu’à ce qu’un télescope spatial de la NASA la découvre quatre mois auparavant.

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En 2013, un météore d’environ 20 m de diamètre est entré dans l’atmosphère à une vitesse de 64 000 km/h. Il a explosé au-dessus de Tcheliabinsk, en Russie, sans avertissement, envoyant une onde de choc qui a brisé des fenêtres et endommagé des bâtiments dans toute la région. Plus de 1400 personnes ont été blessées.

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Et en 2019, un astéroïde de 130 m de diamètre est passé à moins de 72 000 km de la Terre. La NASA n’avait presque aucune information à ce sujet. En effet, actuellement, la seule façon pour les scientifiques de suivre un objet géocroiseur est de pointer l’un des rares télescopes puissants de la Terre dans la bonne direction au bon moment.

Pour résoudre ce problème, la NASA a annoncé il y a deux ans qu’elle lancerait un nouveau télescope spatial dédié à la surveillance des astéroïdes dangereux. Ce télescope, appelé « Mission de surveillance des objets géocroiseurs » (Near-Earth Object Surveillance Mission), ainsi que le Test-Bed Telescope, récemment lancé par l’Agence spatiale européenne, et le télescope Flyeye en cours de construction en Italie, devraient à terme augmenter le nombre de géocroiseurs que nous pouvons détecter et suivre.

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