Situation préoccupante à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzya

centrale nucléaire Ukraine Zaporizhzya
Les six réacteurs de la centrale nucléaire de Zaporizhzya. | Ralf1969 - CC BY-SA 3.0
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Dans une déclaration officielle, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, se dit « extrêmement préoccupé » par les récentes actions militaires qui mettent en péril la centrale nucléaire de Zaporizhzya. Le 6 août, le site a à nouveau été la cible de missiles russes ; ces derniers sont tombés non loin du lieu de stockage du combustible nucléaire usagé. Grossi appelle à la plus grande vigilance de la part des deux camps pour préserver la sûreté de la centrale et éviter un nouveau Tchernobyl.

« Le bombardement d’hier […] souligne le risque très réel d’une catastrophe nucléaire qui pourrait menacer la santé publique et l’environnement en Ukraine et au-delà », avertit Grossi dans un communiqué. D’après les informations relayées par l’Ukraine, le bombardement du 6 août a endommagé le système d’alimentation électrique externe de la centrale ; deux lignes restent toutefois opérationnelles. Le système de protection d’urgence de l’un des trois réacteurs en fonctionnement a également été déclenché sous les tirs ; ce réacteur a depuis été arrêté.

La centrale nucléaire de Zaporizhzya se trouve en Ukraine centrale, sur les berges du réservoir de Kakhovka, qui est alimenté par le Dniepr. C’est la plus grande centrale nucléaire d’Europe ; elle comprend six réacteurs nucléaires à eau pressurisée de 1000 MW chacun et produit environ 20% de l’électricité du pays. Les troupes russes encadrent la centrale depuis début mars. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’a pas pu visiter l’installation depuis le début du conflit ; elle espère pouvoir envoyer au plus vite une mission de sûreté nucléaire pour sauvegarder le site.

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Des conséquences potentiellement catastrophiques

À ce jour, aucun dommage n’a été signalé du côté des réacteurs ; l’Ukraine n’a fait part d’aucun rejet radioactif. Samedi matin, deux des six unités de la centrale fonctionnaient encore. Cependant, il y a eu pas mal de dégâts ailleurs sur le site : un incendie s’est déclaré à la station d’azote-oxygène et un bâtiment auxiliaire a lui aussi été endommagé. Trois capteurs de surveillance des radiations ont été mis hors service, ce qui fait craindre une détection tardive en cas de fuite radioactive.

Les frappes russes sont tombées non loin de la station de stockage à sec du combustible usagé, ce qui inquiète grandement les autorités de sûreté nucléaire. Le directeur général a souligné que les événements de vendredi avaient enfreint plusieurs des sept piliers indispensables à la sûreté et à la sécurité nucléaires qu’il avait définis au début du conflit. Cette action a notamment impacté l’intégrité physique des installations et les dispositifs de surveillance et causé un stress important parmi le personnel de la centrale — qui ne peut donc plus exercer ses fonctions dans de bonnes conditions.

« Toute puissance de feu militaire dirigée vers ou depuis l’installation reviendrait à jouer avec le feu, avec des conséquences potentiellement catastrophiques. Je lance un appel pressant et urgent à toutes les parties pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue à proximité de cette importante installation nucléaire », a déclaré le directeur général de l’AIEA.

Energoatom, la société énergétique ukrainienne contrôlée par l’État, se dit elle aussi très inquiète de la situation. « Cette fois-ci, la catastrophe nucléaire a été miraculeusement évitée, mais les miracles ne peuvent pas durer éternellement. Nous devons mettre un terme urgemment aux actions des terroristes nucléaires russes pour sauver l’Ukraine et le monde de la catastrophe nucléaire », déclare-t-elle via son compte Facebook. La société précise par ailleurs qu’un employé de la centrale a été blessé par un éclat d’obus et a dû être transporté à l’hôpital.

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Les forces russes prêtes à faire sauter la centrale ?

L’Ukraine et la Russie rejettent chacune la responsabilité des frappes. Des rapports ukrainiens suggèrent que la Russie bombarde sciemment le site de la centrale de Zaporizhzya et des images satellites publiées sur Twitter apportent des preuves du récent bombardement. L’armée russe a rapidement pris le contrôle de la zone entourant la centrale au début du conflit. Et pour cause, la zone est particulièrement stratégique : elle permettait de constituer un pont terrestre pour relier le territoire russe à la péninsule de Crimée, annexée en 2014.

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Dans la nuit du 4 mars, la centrale avait fait l’objet d’un premier bombardement, qui a provoqué un incendie. La Russie a par ailleurs fait savoir qu’elle souhaitait couper l’Ukraine de sa centrale, « sauf si Kiev paye Moscou pour l’électricité produite ». Plus inquiétant, le Centre ukrainien pour la communication stratégique affirme que les troupes russes ont installé des explosifs sur l’ensemble du site. Elle précise que le major général Vasilyev, commandant de la garnison russe stationnée à la centrale, a annoncé qu’il était prêt à faire sauter la centrale. « Ce sera soit une terre russe, soit une terre brûlée », aurait-il déclaré. Difficile pour les Ukrainiens de riposter sans mettre la centrale en danger…

L’AIEA se dit prête à envoyer des experts pour faire un état des lieux, sécuriser le site et stabiliser la situation, comme cela a été fait sur le site de Tchernobyl et sur d’autres sites ukrainiens ces derniers mois. Mais malgré ses efforts, elle n’a toujours pas pu accéder au site. « Cela nécessitera la coopération, la compréhension et la facilitation de l’Ukraine et de la Russie », souligne Grossi. En attendant, les spécialistes craignent que la situation ne s’envenime, provoquant des fuites radioactives, voire une explosion nucléaire.

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À ce jour, 10 des 15 réacteurs nucléaires du pays sont toujours connectés au réseau, dont deux à la centrale de Zaporizhzya, trois à la centrale nucléaire de Rivne, trois à la centrale nucléaire du sud de l’Ukraine et deux à la centrale nucléaire de Khmelnytskyy.

Source : IAEA

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