L’AVC est l’une des principales causes de décès et d’invalidité dans le monde : rien qu’en France, toutes les 4 minutes en moyenne, une personne subit une attaque cérébrale. Récemment, une nouvelle étude révèle qu’un sommeil excessif est lié à une augmentation considérable du risque d’attaque cérébrale. Des résultats étonnants, mais il y a bien une explication précise à cela.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’AVC peut toucher n’importe qui, n’importe quand. En effet, à travers le monde, plus de 15 millions de personnes subissent un AVC chaque année. Près de 6 millions de ces dernières décèdent des suites de l’attaque, 5 millions conservent des séquelles, et 4 millions s’en remettent entièrement (ce qui n’est pas beaucoup).

Rien qu’en France, plus de 155’000 personnes subissent un accident vasculaire cérébral chaque année, ce qui représente 1 individu toutes les 4 minutes…

Les principaux facteurs de risque de l’AVC sont nombreux, incluant le style de vie, y compris le tabagisme, des prédispositions anatomiques ou génétiques ou des maladies (diabète, insuffisance cardiaque, etc.).

Plus récemment, des chercheurs ont commencé à explorer l’implication de la durée du sommeil, un facteur qui apparemment, fait également partie des risques potentiels.

Certaines études antérieures avaient déjà permis de constater que trop ou trop peu de sommeil pouvait augmenter le risque d’accidents cardiovasculaires, y compris les accidents vasculaires cérébraux. Selon les résultats, une privation de sommeil régulière ou un sommeil de plus de 7 heures par nuit sont chacun associés à un risque plus élevé d’AVC.

Mais récemment, une nouvelle étude publiée dans la revue Neurology s’est concentrée sur la mis en évidence d’un lien entre la durée du sommeil diurne, le sommeil excessif et le risque d’AVC. Le Dr Xiaomin Zhang, de l’Université des sciences et technologies de Huazhong, à Wuhan (Chine), est l’auteur correspondant de l’article qui détaille cette étude.

Un risque 85% plus élevé chez les grands dormeurs

Le Dr Zhang et son équipe ont recueilli des informations auprès de 31’750 personnes en Chine. Aucun des participants (qui avaient en moyenne 62 ans) ne présentait d’antécédents d’AVC ou de tout autre problème de santé grave au début de l’étude.

Les participants ont répondu à des questions concernant leurs habitudes de sommeil et de siestes en général. Les chercheurs ont suivi cliniquement le groupe durant 6 ans en moyenne.

L’équipe a constaté que 8% des participants avaient l’habitude de faire des siestes de plus de 90 minutes, et 24% déclaraient dormir pendant au moins 9 heures par nuit.

Au cours de la période d’étude, il y a eu en tout 1557 AVC parmi les participants. Ceux qui dormaient 9 heures ou plus par nuit étaient 23% plus susceptibles de subir un AVC que ceux qui ne dormaient régulièrement que 7 à 8 heures par nuit.

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Les personnes qui dormaient moins de 7 heures, tout comme celles qui avaient entre 8 et 9 heures de sommeil, ne montraient pas de risque d’AVC plus élevé que celles qui ont dormi 7 à 8 heures.

Les participants qui dormaient plus de 9 heures par nuit et faisaient également régulièrement des siestes de plus de 90 minutes par jour, présentaient un risque d’AVC 85% plus élevé que celles qui dormaient (et faisaient des siestes) modérément.

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La qualité du sommeil également impliquée ?

Enfin, la qualité du sommeil semble également jouer un rôle : les individus qui avaient déclaré avoir une mauvaise qualité de sommeil étaient 29% plus susceptibles de subir un accident vasculaire cérébral que celles dont la qualité du sommeil semblait bonne. D’où l’importance d’avoir de bonnes habitudes (respecter des horaires strictes, afin d’influencer un bon fonctionnement du rythme circadien), mais aussi d’opter pour une bonne literie (matelas de qualité, oreiller confortable, etc.). En effet, d’autres études ont révélé (sans surprise) l’importance du confort diurne pour bénéficier d’un sommeil de qualité.

Limites de l’étude et mécanismes potentiels

Les résultats de cette nouvelle étude ont continué d’être significatifs après ajustement pour les facteurs de biais potentiels, tels que l’hypertension, le diabète et le tabagisme. « Ces résultats mettent en évidence l’importance d’une sieste et d’une durée de sommeil modérés, ainsi que du maintien d’une bonne qualité de sommeil, en particulier chez les adultes d’âge moyen et les personnes âgées », déclare Zhang.

Cependant, les chercheurs reconnaissent que leur travail a certaines limites, ainsi que le fait que davantage de recherches sont nécessaires. Premièrement, parce que l’étude était observationnelle, elle ne peut pas prouver la causalité. Deuxièmement, elle n’a pas tenu compte de l’apnée du sommeil ou d’autres troubles du sommeil, qui auraient pu influencer les résultats.

Troisièmement, les données autodéclarées (par les participants) ne sont pas aussi fiables que les données enregistrées, qui résulteraient de mesures directes du sommeil des participants par exemple. Enfin, les résultats pourraient ne s’appliquer qu’aux adultes chinois plus âgés et en bonne santé, et non à d’autres populations (différences génétiques, etc.).

« Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment les longues siestes et le fait de dormir plus longtemps la nuit peut être lié à un risque accru d’accident vasculaire cérébral. Mais des études antérieures ont montré que les siestes longues et les grands dormeurs montrent des changements défavorables dans leur taux de cholestérol, ainsi que des circonférences de taille accrues. Les deux étant des facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral », explique Zhang.

« De plus, une sieste et un sommeil prolongés peuvent suggérer un mode de vie globalement inactif, également lié à un risque accru d’AVC » conclut-elle.

Source : Neurology

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