Une start-up construit des centres de données sous-marins

startup construit datacenters sous marins
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Subsea Cloud a décidé d’utiliser une méthode on ne peut plus simple pour évacuer les grandes quantités de chaleur que dégagent les centres de données. Au lieu de les déployer sur terre, ils les placeront sous les océans.

L’idée paraît presque simpliste. Pourtant, selon les fondateurs de la start-up, ce système de refroidissement océanique permet d’économiser beaucoup d’énergie. « Nous réduisons la consommation d’énergie et les émissions de 40% », affirment-ils ainsi sur leur site internet. En immergeant dans les océans les centres de données, autrement appelés « data centers », les entrepreneurs utilisent la capacité naturelle de refroidissement de l’eau de mer. D’autres projets de ce type ont déjà vu le jour à travers le monde, mais le procédé n’est pas encore très développé.

En effet, les data centers sont des dispositifs qui produisent beaucoup de chaleur. Concrètement, il s’agit d’un réseau d’ordinateurs (serveurs) et d’espaces de stockage informatique. Ils sont très fréquemment utilisés : sites web, applications, et les entreprises qui doivent traiter beaucoup de données. De fait, ils sont donc présents dans notre quotidien : même lorsque vous envoyez un simple e-mail, celui-ci a de fortes chances, selon le service mail que vous utilisez, d’être conservé dans un data center pour y être stocké. Or, les systèmes de refroidissement élaborés de ces centres de données représentent une forte proportion de l’énergie qu’ils requièrent.

En les immergeant dans l’océan, Subsea Cloud espère donc réduire les coûts aussi bien économiques qu’écologiques de ces monstres de données. « Les complexités de la construction et de l’extension des câbles sur terre n’existent pas dans l’environnement sous-marin, ce qui réduit encore les coûts », précise ainsi l’entreprise.

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Pour ce faire, la start-up a conçu des « capsules » de stockage pour les serveurs. Ces capsules font approximativement la taille d’un conteneur maritime, et peuvent contenir chacun 16 rangées de serveurs, soit l’équivalent de 800 ordinateurs. Ces capsules sont modulaires, c’est-à-dire qu’il est possible d’en assembler plusieurs, jusqu’à des centaines, pour obtenir de très grands centres de données.

L’océan comme système de refroidissement

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Concrètement, ces modules sont immergés dans un fluide semblable à de l’huile minérale, non conductrice. L’excédent de chaleur se transmet à ce fluide, puis aux parois du module, qui sont elles-mêmes directement en contact avec l’eau de mer. La chaleur se disperse donc dans l’océan, sans qu’il y ait besoin d’un système de refroidissement électrique, ou de produits particuliers.

L’installation se fait par bateau, en utilisant une foreuse sous-marine. Les capsules doivent être remplacées tous les 3 à 5 ans. L’évacuation de toute cette chaleur dans l’eau peut cependant soulever des doutes concernant son innocuité sur la vie sous-marine. La start-up, de son côté, affirme que chaque module mis à l’eau peut empêcher jusqu’à 750 tonnes de carbone d’être émis par an. Un bilan qu’ils estiment donc positif pour le réchauffement global, malgré leur empreinte thermique sur les océans. « Notre empreinte thermique est faible en raison de la capacité calorifique des liquides. Nous sommes toujours ouverts à travailler avec des groupes environnementaux pour gagner leur confiance et prouver nos avantages pour l’environnement et la planète », ajoutent-ils.

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Le premier test de ce projet a été effectué à 3000 mètres de profondeur. Les infrastructures n’ont pas besoin d’être placées à une telle profondeur, mais l’idée était de prouver la robustesse et la fiabilité du dispositif. Dans l’État de Washington, aux États-Unis, un module a aussi été immergé à neuf mètres de profondeur à Port Angeles. Le projet à cet endroit porte sur une centaine de modules, qui effectueraient des opérations classiques : stockage de données et calcul. Deux autres projets sont aussi prévus : un dans le golfe du Mexique et un en mer du Nord. La start-up aimerait également utiliser l’énergie d’éoliennes offshore pour les alimenter.

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