Le trou dans la couche d’ozone au-dessus du pôle Sud est désormais plus grand que l’Antarctique

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Le trou d'ozone au-dessus de l'Antarctique, dans les années 2000. | Nasa/Science Photo Library

Chaque année entre août et octobre, soit pendant la saison printanière de l’hémisphère sud, l’ozone s’appauvrit au-dessus de la région antarctique, le trou atteignant sa taille maximale entre la mi-septembre et la mi-octobre. Cependant, le maximum de cette année, déjà atteint, est supérieur à 75% des cas précédents à ce stade de la saison depuis 1979. Autrement dit, en ce moment, le trou dans l’ozone est plus grand que l’Antarctique.

L’année dernière, le trou d’ozone avait atteint un pic d’environ 24 millions de kilomètres carrés au début du mois d’octobre, ce qui était relativement plus important que les années précédentes. Au début de la saison 2021 cependant, le trou d’ozone a commencé à se développer à une vitesse qui laissait initialement penser qu’il deviendrait à peu près de la même taille, mais il s’est considérablement agrandi au cours de la semaine dernière pour des raisons encore inconnues.

Ce changement est suivi de près par le service de surveillance de l’atmosphère Copernicus (CAMS), notamment grâce à la modélisation informatique et aux observations par satellite. « D’après ce que l’on peut voir, la croissance n’est plus très rapide, mais nous pourrions encore observer quelques augmentations au début du mois d’octobre », déclare Vincent-Henri Peuch du CAMS.

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Les prévisions du CAMS pour la superficie du trou d’ozone dans l’hémisphère sud, en millions de km², montrent que le trou de cette année est proche du 75e percentile de l’ensemble des données. Prévisions au 14 septembre 2021. © Service de surveillance de l’atmosphère Copernicus/ECMWF

La couche d’ozone nous protège des rayons UV nocifs du Soleil. L’utilisation de composés synthétiques (tels que les chlorofluorocarbones) au cours du siècle dernier, a contribué au développement de « trous » dans ce manteau protecteur, car ils peuvent atteindre la stratosphère où ils se décomposent et libèrent des atomes de chlore qui détruisent les molécules d’ozone. Des signes de rétablissement ont été observés depuis que ces composés synthétiques ont été interdits, mais la reconstitution de la couche d’ozone est encore lente.

« Ce n’est pas parce qu’une année est largement supérieure ou inférieure que le processus de reconstitution du trou d’ozone est nécessairement en danger », explique Peuch. « Il y a une grande variabilité d’une année à l’autre, et pour évaluer le processus de reconstitution de la couche d’ozone, il faut plusieurs années de recul pour voir la différence ».

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Vidéo montrant l’évolution du trou de la couche d’ozone du 1er juillet au 30 août 2021 :

Source : CAMS

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