La recherche d’une vie extraterrestre est depuis des décennies au coeur de nombreux projets de recherche, qu’ils soient focalisés sur l’Univers dans son ensemble ou sur des planètes spécifiques. L’existence d’une éventuelle vie martienne enrichit les débats autour des récentes découvertes liées à la planète rouge, effectuées notamment grâce aux rovers évoluant sur sa surface depuis plus de dix ans. Récemment, les recherches du professeur émérite William Romoser, de l’Université de l’Ohio, montreraient selon lui que nous disposerions déjà des preuves d’une vie martienne, principalement basées sur des photographies effectuées par différents rovers. Avant de vous lancer dans cette lecture purement informative, nous tenons à préciser que notre équipe a été particulièrement critique face au contenu de l’étude en question (et vous comprendrez pourquoi). Nous avons pour cette raison émis un commentaire en fin d’article.

Le Dr. Romoser, spécialiste en arbovirologie et en entomologie générale/médicale, étudie depuis plusieurs années des photographies de la planète rouge disponibles publiquement.

Il aurait trouvé de nombreux exemples de formes ressemblant selon lui à des insectes, structurées de la même manière que les abeilles, ainsi que des formes faisant penser à des reptiles. Il aurait principalement identifié des fossiles, mais aussi des “créatures vivantes”. Romoser a présenté ses conclusions le mardi 19 novembre 2019 lors de la réunion nationale de l’Entomological Society of America à St. Louis, dans le Missouri (États-Unis).

« Il y a eu, et il y a encore de la vie sur Mars », a déclaré Romoser, notant que les images semblent montrer à la fois des créatures fossilisées et des créatures vivantes. « Il existe une diversité apparente parmi la faune ‘d’insectes martiens’. Ils présentent de nombreuses caractéristiques similaires aux insectes terriens, interprétés comme des groupes avancés – par exemple, la présence d’ailes (avec flexion de ces dernières) et divers éléments de pattes structurés ».

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Un supposé “spécimen d’insecte vivant”, dont la tête semblerait être tournée dans la direction de l’appareil photo. D’après l’échelle fournie sur le cliché dont cette image a été extraite, “l’animal” mesurerait environ 50 centimètres de long. Crédits : Dr. William Romoser

Romoser a déclaré que, même si les rovers martiens, en particulier Curiosity, recherchaient des indicateurs d’activité organique, il existe nombre de photos qui décrivent clairement des formes ressemblant à des insectes et des reptiles. De nombreuses images montrent des formes faisant penser à des segments de corps d’arthropodes, ainsi que des pattes, des antennes et des ailes. Selon lui, on peut même voir l’un des insectes plonger vers le sol juste avant de le heurter.

Des fossiles, mais aussi des indices de mouvement et de vie

Les images individuelles ont été soigneusement étudiées en faisant varier les paramètres photographiques tels que la luminosité, le contraste, la saturation, l’inversion, etc. Aucun contenu n’a été ajouté ou supprimé.

Les critères utilisés dans le cadre des recherches de Romoser comprenaient : l’environnement, la clarté des formes, la symétrie corporelle, la segmentation des parties du corps, la répétitivité des formes, les restes squelettiques et l’observation de formes proches les unes des autres. Des postures particulières, des signes de mouvement, de fuite ainsi qu’une interaction apparente suggérée par les positions relatives et des yeux “visibles”, ont été jugés par l’auteur comme étant compatibles avec la présence de formes vivantes.

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Un “fossile” d’insecte mort sur le dos, avec la tête vers le haut. (On croirait plutôt voir quelques pierres alignées…). Crédits : Dr. William Romoser

« Une fois qu’une image claire d’une forme donnée avait été identifiée et décrite, elle était utile pour faciliter la reconnaissance d’autres images moins claires, mais néanmoins valables, de la même forme de base », a déclaré Romoser.

Selon lui, un exosquelette et des appendices articulés sont suffisants pour établir l’identification en tant qu’arthropode. Il précise que trois régions du corps, une seule paire d’antennes et six pattes, suffisent traditionnellement pour établir l’identification en tant “qu’insecte” sur Terre. Selon ce que Romoser avance, ces caractéristiques devraient également être valables pour identifier un organisme sur Mars comme étant un insecte. « Sur ces bases, on peut voir des formes semblables à des insectes sur les photos prises par les rovers martiens » ajoute-t-il.

Présence de créatures ressemblant aux abeilles, selon l’auteur de l’étude

Le comportement de vol distinct “était évident dans de nombreuses images”, a déclaré Romoser. Ces créatures ressemblent vaguement à des bourdons ou à des abeilles charpentières. Certains clichés montrent ces “abeilles” semblant s’abriter ou nicher dans des grottes. Toujours selon ses arguments, d’autres montreraient une créature fossilisée qui ressemble à un serpent.

Romoser, professeur d’entomologie à l’université de l’Ohio pendant 45 ans et cofondateur de son Institut des maladies tropicales, a également passé près de 20 ans en tant que chercheur invité dans le domaine des maladies à transmission vectorielle à l’Institut de recherche médicale sur les maladies infectieuses de l’Armée de terre américaine. Entre 1973 et 1998, il a écrit et co-écrit quatre éditions du manuel largement utilisé, “The Science of Entomology”.

Romoser a noté que les interprétations des créatures ressemblant à des insectes et aux reptiles qu’il a décrites pourraient changer dans le futur, à mesure que la connaissance de la vie sur Mars évolue, mais que la quantité de preuves est déjà convaincante selon lui.

« La présence d’organismes métazoaires supérieurs sur Mars implique la présence de sources et de processus nutritifs/énergétiques, de chaînes alimentaires et d’eau, en tant qu’éléments fonctionnant dans un environnement viable, même extrême, écologique, mais suffisant pour maintenir la vie », a-t-il déclaré. « J’ai observé des cas suggérant la présence d’eau stagnante ou de petits cours d’eau avec des méandres évidents, avec le flou attendu de petites roches submergées, de plus grosses roches émergentes à l’interface atmosphère/eau, une zone de rive humide et une zone plus sèche au-delà de la zone humide. L’eau sur Mars a été signalée à plusieurs reprises, y compris de l’eau de surface détectée par des instruments sur Viking, Pathfinder, Phoenix et Curiosity ».

« Les preuves d’une vie sur Mars présentées ici fournissent une base solide pour de nombreuses autres questions biologiques, sociales et politiques importantes », a-t-il ajouté. « Cela représente également une justification solide pour des études ultérieures ».

Notre critique

Selon nous, cette étude et les arguments avancés par Romoser sont à prendre avec un sérieux recul (et les mots sont faibles), voire presque ridicules. Aucune des images que nous avons pu observer ne présente de signes aussi distincts que le prétend l’auteur quant à l’existence d’une quelconque forme de vie. Selon ce qui nous est révélé, il est évident que ses conclusions sont exagérées, idéalistes, et très orientées. D’ailleurs, la parution de cette recherche dans une revue à comité de lecture nous étonnerait fortement. (Si ce n’est peut-être dans le cadre d’une étude distincte, portant sur le phénomène de paréidolie par exemple…)

Source : Ohio University (supprimé). Voir notre dernier article à ce sujet.

3 Réponses

  1. yoananda

    C’est de la paréidolie, mais le premier qui découvrira la vie ailleurs que sur terre restera dans l’histoire, donc …
    Ce n’est pas la première fausse annonce de découverte de vie sur mars.

    Répondre

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