L’humanité poursuit sa course effrénée avec (contre ?) la nature… et depuis des décennies, les climatologues lancent avertissements après avertissements. Mais apparemment, et malheureusement, cela ne suffit pas. Si nous ne prenons pas des mesures drastiques immédiatement, alors bientôt les catastrophes seront inévitables.

Un nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies estime que nous arrivons à la fin de la course.

Le rapport, qui englobe plus de 6000 références scientifiques, a révélé que certains des scénarios de changement climatique les plus graves pourraient être ressentis à un stade plus précoce du réchauffement planétaire, se produisant donc des décennies plus tôt que prévu. « Les quelques années à venir sont probablement les plus importantes de notre histoire » a déclaré Debra Roberts, coprésidente du GIEC.

L’Accord de Paris de 2015 prévoyait d’empêcher un réchauffement de plus de 2 degrés Celsius depuis l’époque préindustrielle. À l’heure actuelle, aucun pays industrialisé n’arrive à le respecter. Cet objectif a longtemps été considéré comme le seuil des effets les plus dangereux du changement climatique, notamment la destruction massive des récifs coralliens, les pénuries alimentaires généralisées, les incendies de forêt dévastateurs et les inondations côtières.

Le nouveau rapport a examiné ce qui se passerait si le monde se réchauffait de seulement 1.5 degré, et les résultats sont mauvais, très mauvais. « 1.5 degré, c’est le nouveau seuil, qui était jusqu’ici de 2 degrés », a déclaré Jennifer Washington, directrice exécutive de Greenpeace International, après avoir assisté à la finalisation du rapport du GIEC.

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Si les émissions mondiales se maintiennent au taux actuel, les 91 auteurs du rapport prévoient que la température mondiale globale augmentera de 1.5 degré d’ici 2040. Cela signifie que nous avons environ 10 à 14 ans pour éviter un scénario que nous pensions initialement avoir à affronter dans plusieurs décennies.

Comme les objectifs ont été modifiés, notre définition de « sévère » a également évolué : avec 1.5 degré supplémentaire, le rapport indique que 70 à 90% des récifs coralliens tropicaux vont disparaître. Mais à 2 degrés, ce nombre grimpe à plus de 99%. À 1.5 degré, les auteurs prévoient que l’océan Arctique sera libre de glace de mer une fois par siècle. À 2 degrés d’augmentation par contre, ce sera plus d’une fois par décennie.

Et si nous arrivons à maintenir le réchauffement à 1.5 °C au lieu de 2 °C, le rapport suggère que l’élévation du niveau de la mer atteindra 10 centimètres de moins, ce qui pourrait empêcher ce que le rapport décrit comme une véritable « évacuation disproportionnée et rapide » des populations vivant dans les tropiques.

Il semble que ce qui était autrefois notre pire scénario puisse maintenant être l’un de nos meilleurs. Mais même comme cela, il sera extrêmement difficile à réaliser et nécessitera une action immédiate et drastique à l’échelle internationale. « Limiter le réchauffement à 1.5 degré Celsius est possible dans les lois de la chimie et de la physique, mais cela nécessiterait des changements sans précédent », a déclaré Jim Skea, autre coprésident du GIEC et expert en énergie durable à l’Imperial College of London.

Dans l’ensemble, les auteurs expliquent que les émissions actuelles de gaz à effet de serre doivent être réduites de 45% par rapport aux niveaux de 2010, et ce, d’ici 2030. D’ici 2050, les émissions devront être réduites de 100%. De plus, et dans le même temps, le monde entier doit pratiquement éliminer le charbon, tout en augmentant de près de 50% l’utilisation des énergies renouvelables.

Malheureusement, aujourd’hui, nous ne sommes pas du tout sur le point d’atteindre l’un de ces objectifs. En réalité, le rapport du GIEC indique que nous nous dirigeons vers un réchauffement de 3 degrés Celsius… « Cela nous indique que nous devons inverser les tendances en matière d’émissions et redynamiser l’économie mondiale », a déclaré Myles Allen, climatologue de l’Université d’Oxford et auteur du rapport.

Malheureusement (encore une fois) et compte tenu des antécédents de l’humanité, cette action spectaculaire et sans précédent semble improbable. Tandis que plus de 180 pays ont accepté le résumé du rapport, les États-Unis (le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde) ont déclaré que leur acceptation du rapport n’impliquait « pas leur approbation » quant aux résultats.

« Nous réitérons que les États-Unis ont l’intention de se retirer de l’accord de Paris le plus tôt possible sans identifier les termes qui conviennent le mieux au peuple américain », indique le département d’État américain.

En réalité, il semble très probable que le monde dépasse la barre des 1.5 degré, causant de ce fait des dommages irréversibles. À ce stade, les auteurs préviennent que notre seule chance de survie sur le long terme sera de créer une technologie d’élimination du carbone, dont l’efficacité n’a pas encore été démontrée, et qui ne pourrait pas regénérer les écosystèmes déjà perdus.

Sources : IPCC, IPCC (2)

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