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Les météorologues prévoyaient de fortes pluies torrentielles, des orages et des dégâts de grêle sur l’ensemble de la Roumanie. Et c’est bien ce qu’il s’est produit : les précipitations ont même atteint les 60 litres/m² dans certaines régions. Les inondations provoquées mettent aujourd’hui également en lumière l’effroyable impact de l’Homme sur la planète. Une vidéo postée sur Facebook montre une véritable “rivière de déchets” déferlant en aval dans la commune de Micești, dans le comté de Argeș.

À la vue d’un tel phénomène, où la nature ne fait finalement que transporter nos déchets, il est difficile de ne pas être consterné. La quantité de plastique flottant est tout simplement choquante.

Mais il y a peut-être déjà une raison à l’arrivée d’une telle scène : la Roumanie montre un bilan très médiocre en matière de gestion des déchets. En effet, en 2013, seulement 5% de tous les déchets ont été recyclés, contre 28% en moyenne dans l’Union européenne. Cela signifie que la plupart des déchets du pays finissent dans des décharges, dont certaines sont illégales.


La Commission européenne a critiqué la manière dont le gouvernement roumain gère les déchets et a même alloué des fonds pour de nouveaux systèmes d’élimination des déchets. Le pays montre depuis une légère et lente amélioration : en 2010, la part de déchets recyclés était de 4%. Une hausse de seulement 1% en 3 ans. La situation est donc plutôt critique.

Malgré les efforts apparents du secteur public et privé, la plupart des déchets plastiques roumains, comme dans les autres pays du monde, finissent toujours par être simplement jetés (sans tri).

taux recyclage dechets monde

Le taux de déchets recyclés (vert), incinérés (rouge) et traités comme déchets (sans tri) au niveau mondial. Crédits : OurWorldData

Et pour la petite part de déchets recyclés, les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu. Il faut préciser que le recyclage est un processus difficile et coûteux.

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Bien entendu, la Roumanie n’est pas la seule à rencontrer des problèmes. Le recyclage subit une crise mondiale : selon une récente étude parue dans la revue Science Advances, près de la moitié du plastique destiné au recyclage part à l’étranger. Mais depuis une nouvelle politique mise en œuvre en Chine l’année dernière, qui a mis fin aux importations de recyclage du plastique (et on les comprends), la situation locale a empiré dans de nombreux pays exportateurs de déchets, dont les États-Unis, le Canada et l’Australie.

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Selon une étude publiée en 2017, en 2015, plus de 8.3 milliards de tonnes métriques de plastique avaient été produites depuis les années 1950 au niveau mondial. Plus de 6.3 milliards de tonnes avaient été rejetées dans les décharges ou dans l’environnement, y compris dans les océans. Les conséquences directes : d’importants dégâts sur la faune.

Et la France dans tout cela ? Une fois tous les deux ans, PlasticsEurope réalise une étude sur le recyclage. Au dernier rapport (du 11 janvier 2018), l’association révélait que la France pouvait faire bien mieux… Le pays se retrouvait en effet en avant-dernière position, avec un pourcentage de recyclage de 22.2%. Un score qui laisse à désirer, face à la moyenne européenne qui se situe autour des 30%. Sur le podium par contre, avec d’excellents résultats, on y trouve la Norvège (43.4%), la Suède (40.6%) et l’Allemagne (37.7%).

Les spécialistes de l’environnement ont averti que d’ici 2050, si les tendances mondiales se poursuivent de la même manière, il pourrait y avoir plus de 13 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les décharges. De quoi motiver à agir.

Une réponse

  1. Jokoko

    Et si, bien plus simplement, on obligeait les industriels à réduire l’utilisation du plastique surtout lorsque ce n’est pas nécessaire ? Il suffit de faire ses courses avec un œil critique pour s’apercevoir qu’il y a de la marge !
    Emballages et sur-emballages sont devenus la règle du merchandising surtout (et hélas !) dans l’agroalimentaire. Agir à la source au lieu de tenter de réparer à postériori.

    Répondre

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