Le ver aquatique noir Lumbriculus variegatus vit dans des grottes de souffre et autres zones inondées, et ce parmi de nombreux congénères. Lorsqu’ils se rassemblent (parfois par milliers) ils peuvent former des « blobs » dont le comportement ressemble à la créature du film de science-fiction, datant de 1958, portant le même nom.

Enchevêtrés dans des masses visqueuses de la taille d’un ballon de basket (voire plus gros), les vers se transforment en un blob suffisamment polyvalent pour se faufiler, rester ensemble, rebondir sur des surfaces, ou encore s’étendre ou rétrécir, selon les conditions.

« Ces comportements pour le moins particuliers aident ces animaux à résister aux conditions extrêmes », ont expliqué les chercheurs lors de la réunion annuelle de la Society for Integrative and Comparative Biology.

Il faut savoir que les vers respirent à travers leur peau et doivent rester humides. Un ver unique vit moins d’une heure à l’air libre et à température ambiante. Mais les chercheurs ont découvert qu’un blob de 20 vers pouvait survivre plus de 5 heures et que la durée de survie augmentait avec l’augmentation du nombre de vers. Les vers se trouvant sur la partie extérieure du blob peuvent se dessécher, mais ceux qui se trouvent à l’intérieur, restent humides.

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Les chercheurs ont constaté que les vers se rassemblent pour minimiser la surface exposée perdant de l’humidité. À savoir que les très gros blobs peuvent même résister au séchage par sèche-cheveux.

Il est important de noter qu’un blob de ce type est également très polyvalent. En effet, un blob composé de 50’000 vers placés dans un récipient à gradient de température va automatiquement migrer vers sa température préférée, mais en agissant comme une masse solide. Pourtant, dans d’autres situations, le blob se « liquéfie » et s’écoule, par exemple lorsqu’il souhaite passer à travers des tubes fins.

Cette recherche est importante car sur la base de cette compréhension croissante de ce type d’animaux et de leurs comportements, les scientifiques peuvent concevoir, par exemple, des robots qui pourraient éventuellement présenter un comportement collectif similaire, et un jour aider à résoudre des problèmes complexes, ou encore effectuer des tâches impossibles à réaliser d’une autre manière.

Source : Society for Integrative and Comparative Biology

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