Depuis la fin du 20ème siècle, le recul de la banquise a subi une nette accélération attribuée au phénomène global de réchauffement climatique. La banquise arctique est une région particulièrement touchée par la modification rapide du climat, de grandes parties de sa surface fondant de manière alarmante. Dans une récente vidéo, la NASA montre à quel point la situation de l’Arctique est préoccupante.

La variation de la surface des banquises n’est pas un phénomène nouveau. Au cours des 2 derniers millions d’années, celle-ci a oscillé entre augmentation et diminution en fonction des périodes glaciaires et interglaciaires. Cette surface globale est restée relativement stable jusqu’à la fin du 20ème siècle, qui a également marqué le début de la surveillance satellite des banquises et des océans. Le phénomène de réchauffement climatique à l’échelle planétaire a notablement accéléré la fonte des glaces, notamment au niveau de l’Arctique.

Le début d’année 2018 n’est définitivement pas marqué par une amélioration de la situation. Pour le moment, 2018 se joint à 2015, 2016 et 2017 comme l’année où la superficie de la banquise arctique est à son plus bas. Cette année, la surface glaciaire de l’Arctique culmine à 14.48 millions de km². Si ce nombre paraît important, il est inférieur de 1.6 millions de km² à la superficie moyenne enregistrée entre 1981 et 2010, soit une surface perdue supérieure à celles du Texas et de la Californie combinées.

niveau glace arctique

Variation du niveau de glace de la banquise arctique entre 1979 et 2015. Crédits : National Snow & Ice Data Center

Les experts rappellent que les conséquences de cette situation ne vont pas en s’arrangeant. La chimie de l’océan arctique est modifiée par l’élévation des températures, certaines parties apparaissent vertes sur les relevés satellites, tandis que d’autres étaient au-dessus du point de congélation en plein milieu de l’hiver plus tôt cette année. Et ces problèmes ne sont pas uniquement locaux. Les changements dans les niveaux de glace et dans la chimie de l’eau entraînent d’importantes modifications de la dynamique du plancton arctique, ayant pour conséquence une transformation progressive de l’ensemble de la chaîne alimentaire à l’échelle mondiale.

Sur cette vidéo, la NASA retrace l’augmentation et la diminution de la banquise arctique au cours des 6 derniers mois, accompagnés de commentaires alarmants de climatologues spécialistes des banquises :

« La couverture glaciaire de l’Arctique continue de suivre une tendance de diminution reliée au réchauffement climatique » explique Claire Parkinson, climatologue au Goddard Space Flight Center (NASA). « C’est un cercle vicieux : le réchauffement signifie que moins de glace se forme et que plus de glace fond, mais aussi, parce qu’il y a moins de glace, moins de lumière solaire est réfléchie, cela contribue donc au réchauffement climatique ».

« Ce qu’il se passe dans l’Arctique ne reste pas à l’intérieur de l’Arctique. L’ensemble de la planète est interconnecté » rappelle Katharine Hayhoe, climatologue à la NASA. Les scientifiques montrent en effet que nous ne travaillons pas assez vite à la diminution du phénomène de réchauffement climatique et qu’une crise climatique majeure devient de jour en jour plus inéluctable.

Même le comportement des glaces d’été ne peut être, pour le moment, prédit avec certitude. « La situation dépendra majoritairement des conditions de vent et de température de printemps et d’été » explique Parkinson. Dans tous les cas, les climatologues du monde entier ne cessent de le rappeler : c’est maintenant qu’il faut agir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Share
Share