États-Unis : seulement 7% des adultes ont une bonne santé cardiométabolique

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La santé cardiométabolique regroupe la santé cardiovasculaire et celle du métabolisme. Elle peut être évaluée par plusieurs facteurs de risque, notamment le diabète de type 2 et l’obésité. En tenant compte de cinq composantes de la santé cardiométabolique d’Américains de 20 ans ou plus, des chercheurs de l’université Tufts (Boston) ont découvert que la plupart d’entre eux obtiennent de mauvais résultats. Ces derniers étaient aggravés par un niveau d’éducation plus faible et des différences ethniques.

L’Organisation mondiale de la santé rapporte que les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès dans le monde, causant environ 17,9 millions de morts chaque année. Au fil du temps, la situation ne s’est pas améliorée — bien au contraire —, car les facteurs de risque comportementaux n’ont pas été évités : une mauvaise alimentation, la sédentarité, le tabagisme et la consommation nocive d’alcool. Ces facteurs de risque se traduisent notamment par de l’hypertension artérielle, de l’hyperglycémie (taux de sucre dans le sang élevé), de l’hyperlipidémie, une surcharge pondérale et l’obésité.

Aux États-Unis, peu d’études ont évalué les tendances de la santé cardiométabolique — niveaux optimaux de facteurs de risque multiples et absence de maladie cardiovasculaire (MCV) clinique — ou son impact sur les disparités en matière de santé. Pourtant, la situation du pays n’est pas nouvelle, comme le rappelle Meghan O’Hearn, candidate au doctorat à la Friedman School of Nutrition Science and Policy de l’université Tufts et auteure principale de l’étude. « Aujourd’hui, il est de plus en plus impératif, d’un point de vue économique, social et éthique, d’accorder à ce problème beaucoup plus d’attention qu’il n’en a reçu », s’alarme-t-elle dans un communiqué.

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L’étude a porté sur un échantillon national représentatif d’environ 55 000 Américains âgés de 20 ans ou plus, et ayant participé à la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) entre 1999 et 2018. La NHANES recueille des données démographiques, socioéconomiques, alimentaires et liées à la santé, ainsi que des mesures standardisées d’examen physique et de laboratoire.

Les chercheurs ont évalué les proportions d’adultes présentant une santé cardiométabolique optimale, basée sur cinq composantes : l’adiposité, la glycémie, les lipides sanguins, la pression artérielle et les MCV cliniques. Ils ont aussi évalué les niveaux optimaux, intermédiaires et médiocres de chaque composante, en plus de la « simple » présence ou absence de maladie, car les facteurs de risque de MCV sont tout aussi importants à considérer en santé publique.

Des disparités en fonction de l’éducation et de l’ethnie qui s’aggravent avec le temps

Résultat : entre 1999-2000 et 2017-2018, la santé cardiométabolique des Américains évalués s’est aggravée, avec seulement 6,8% (indice de confiance à 95%) des adultes ayant une santé cardiométabolique optimale. Dans le détail des composantes, les changements les plus importants concernaient l’adiposité (les niveaux optimaux sont passés de 33,8% à 24,0% ; les niveaux médiocres de 47,7% à 61,9%) et la glycémie (les niveaux optimaux sont passés de 59,4% à 36,9% ; les niveaux médiocres de 8,6% à 13,7%).

Les chercheurs ont également identifié d’importantes disparités en matière de santé cardiométabolique en fonction de l’âge, du sexe, de l’éducation et de la race/ethnie pour toutes les années, et ces différences se sont généralement aggravées avec le temps. Par exemple, en 2017-2018, la prévalence moyenne d’une santé cardiométabolique optimale était deux fois plus faible chez les Américains ayant un niveau d’éducation inférieur (5%) que supérieur (10,3%), et encore plus faible chez les Américains d’origine mexicaine (3,2%) que chez les personnes blanches non hispaniques (8,4%).

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Prévalence d’une santé cardiométabolique optimale chez des adultes américains, entre 1999 et 2018, en fonction de : l’âge (A), l’ethnie (B), le niveau d’éducation (C) et les revenus (D). À noter que le niveau d’éducation a augmenté au cours du temps, tandis que la répartition des revenus familiaux est restée relativement stable. © O’Hearn M, et al. 2022

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« C’est vraiment problématique. Les déterminants sociaux de la santé tels que la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le contexte social et communautaire, la stabilité économique et le racisme structurel exposent les individus de différents niveaux d’éducation, races et ethnies à un risque accru de problèmes de santé », a déclaré Dariush Mozaffarian, co-auteur de l’étude.

Des facteurs de risque évitables en matière de santé publique

En parallèle, l’évaluation des niveaux de santé intermédiaires (y compris des conditions comme le pré-diabète, la préhypertension et le surpoids) révèle qu’une grande partie de la population se trouve à un seuil critique. « Identifier ces personnes et s’occuper de leur état de santé et de leur mode de vie à un stade précoce est essentiel pour réduire la charge croissante des soins de santé et les inégalités en matière de santé », a alerté M. O’Hearn.

En effet, ces nouvelles conclusions soulignent la nécessité d’interventions cliniques et de santé publique pour améliorer la santé cardiométabolique et l’équité en matière de santé. Par exemple, il s’agirait de développer des interventions nutritionnelles pour une alimentation plus saine et de favoriser les subventions pour rendre ces aliments plus abordables.

Source : Journal of the American College of Cardiology

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