L’armée américaine s’apprête à tester une pilule « anti-vieillissement »

pilule anti-âge armée américaine
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L’United States Special Operations Command, communément désigné par l’acronyme SOCOM, envisage de participer à l’essai clinique d’une pilule capable de limiter les effets dégénératifs dus au vieillissement et aux blessures. Cet essai s’inscrit directement dans le programme du Pentagone visant à améliorer les performances humaines des soldats américains.

Le produit vient de passer les études précliniques destinées à évaluer la sécurité et le dosage optimal ; les Forces spéciales américaines vont à présent tester l’efficacité de cette pilule « anti-âge », qui possède le potentiel « de vraiment retarder le vieillissement et de prévenir l’apparition de blessures, ce qui change incroyablement la donne », souligne Lisa Sanders, directrice de la science et de la technologie pour les Forces spéciales.

Attention, il ne s’agit pas ici de doter les soldats de « super pouvoirs » (et de transformer des Steve Rogers en Captain America), mais bien d’améliorer leur condition physique, qui tend à diminuer avec le temps, comme pour n’importe quel individu : « Ces efforts ne visent pas à créer des traits physiques qui n’existent pas déjà naturellement. Il s’agit d’améliorer la préparation à la mission de nos forces en améliorant les caractéristiques de performance qui diminuent généralement avec l’âge », explique Tim Hawkins, un porte-parole du SOCOM.

Un « alicament » qui freine le déclin des performances physiques

Selon Hawkins, le SOCOM aurait investi près de 2,8 millions de dollars dans ce projet. Cette nouvelle pilule, qui repose sur une « petite molécule de performance humaine » est le fruit d’une collaboration avec le laboratoire de biotechnologie Metro International Biotech. Les responsables du programme précisent qu’il ne s’agit pas d’un produit pharmaceutique ordinaire, mais plutôt d’un nutraceutique (ou alicament), autrement dit, une sorte de complément alimentaire qui a une action bénéfique sur l’organisme.

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La formule mise au point a été conçue pour améliorer les performances physiques et mentales des soldats, notamment pour accroître leur endurance et leur capacité de récupération après une blessure. Metro International Biotech n’a pas fourni de détails sur la composition de cette pilule, mais cette société de biotechnologie est connue pour avoir synthétisé des composés précurseurs de la nicotinamide adénine dinucléotide (NAD+) — une coenzyme présente dans toutes les cellules vivantes, qui intervient dans de nombreux processus métaboliques.

« Le NAD+ est d’une importance cruciale pour le fonctionnement de toutes les cellules vivantes. Il a été démontré que les niveaux de NAD+ diminuent à mesure que les humains vieillissent », peut-on lire sur le site de la société. Or, il a été prouvé que des niveaux réduits de NAD+ sont associés à de nombreuses maladies, notamment à des maladies mitochondriales rares, qui peuvent affecter le système musculo-squelettique, le muscle cardiaque ou le système nerveux central.

Ainsi, pour Metro International Biotech, le maintien de niveaux optimaux de NAD+ pourrait permettre aux humains de vivre plus longtemps et en meilleure santé. Le composé formulé par le laboratoire est donc vraisemblablement conçu pour augmenter les niveaux de NAD+ et ainsi maintenir les performances des soldats à un niveau élevé tout au long de leur carrière.

Un potentiel nouveau traitement anti-âge

Plusieurs études menées sur des modèles murins ont d’ailleurs confirmé cette hypothèse, en montrant que l’augmentation de NAD+ était associée à un meilleur métabolisme. Ces divers travaux de recherche rapportent notamment un retard de la dégénérescence des motoneurones, une amélioration de la circulation sanguine et de l’endurance musculo-squelettique, une amélioration de la fonction mitochondriale, une limitation du gain de poids corporel lié à l’âge, etc.

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Récemment, le SOCOM a conclu plusieurs partenariats avec l’industrie, des instituts de recherche et des laboratoires, pour stimuler la recherche commerciale qui pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé des troupes. Le Commandement des Forces spéciales a ainsi renforcé ses relations avec les entreprises innovantes impliquées dans les technologies émergentes, notamment les biotechnologies et l’intelligence artificielle. « Il existe un énorme marché commercial pour des composés pouvant réduire les blessures, qui peuvent ralentir le vieillissement, qui peuvent améliorer le sommeil », confirme Lisa Sanders.

Augmentation des capacités cognitives, yeux bioniques, super audition, résistance à la douleur, force physique accrue, … Voilà tout autant d’axes de recherche sur lesquels travaillent activement les scientifiques de l’armée non seulement aux États-Unis, mais aussi en Chine ou en Europe. Toutes les forces militaires rêvent d’un super soldat augmenté, infaillible sur le terrain. « Nous avons atteint le point où nous pourrions potentiellement manipuler l’ADN des gens pour générer plus de force, d’endurance et d’autres facteurs, tout comme nous le faisons avec les animaux », déclarait dans une interview Michael Clarke, maître de conférences au Département d’études sur la guerre au King’s College de Londres.

Les essais cliniques du nutraceutique nouvellement développé sont prévus pour l’année prochaine. Si les performances observées et les tests cliniques sont concluants, le produit pourrait être potentiellement diffusé auprès de la population civile comme un nouveau traitement de longévité.

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