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Selon Bill Nye, un astéroïde meurtrier pourrait bien être en train de se diriger vers la Terre. Cependant, nous ne savons pas du tout quand cela se produira. De ce fait, selon lui, nous devons absolument nous préparer, ou plutôt continuer de le faire afin d’être prêts à réagir et à affronter cette éventualité.

Bill Nye, de son nom complet William Sanford Nye, de l’ancienne chaîne de télévision « Science Guy », occupe actuellement le poste de PDG de la Planetary Society, qui avertit que des impacts catastrophiques comme celui qui a mis fin au règne des dinosaures sur la planète il y a 66 millions d’années, risquent encore de survenir à l’avenir.

« La Terre va être touchée par un autre [grand] astéroïde » a déclaré Nye le 2 mai dernier, lors de la conférence sur la défense planétaire de l’Académie internationale d’astronautique de 2019, qui s’est tenue à College Park dans le Maryland (USA). « Le problème, c’est que nous ne savons pas quand », a-t-il ajouté.

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Selon Bill Nye, un astéroïde meurtrier pourrait bien être en train de se diriger vers la Terre, et nous devrions donc nous préparer à cette éventualité. Crédits : Alexander Antropov/Pixabay

« C’est une probabilité très faible dans la vie de n’importe qui (de vivant actuellement), mais c’est un événement très dommageable. Si cela se produit, ce serait comme un ctrl+A, delete, pour tout », ajoute-t-il.

Par contre, même si nous apprenons que la Terre se trouve sur la trajectoire d’un grand astéroïde, l’issue ne doit pas forcément être fatale pour toutes les créatures vivantes. En effet, à la différence des dinosaures, nous savons que c’est quelque chose qui pourrait se produire, alors nous devrions nous préparer à cette éventualité.

Selon Nye, il est possible de faire quelque chose pour lutter contre la menace liée aux astéroïdes : la première étape consiste à identifier les astéroïdes potentiellement dangereux pour la Terre. Et à ce niveau-là, il y a déjà de bonnes nouvelles : les scientifiques de la NASA pensent avoir déjà découvert plus de 90% des astéroïdes pouvant représenter un réel danger pour la planète (soit des astéroïdes proches de la Terre faisant au moins 1 kilomètre de large) et aucune de ces roches ne menaceraient la planète à l’heure actuelle.

Cependant, il existe encore de nombreux astéroïdes qui n’ont pas été découverts et qui survolent l’espace proche de la Terre. Ces derniers pourraient causer des dommages extrêmement graves. Il est donc vital de « mettre en place de meilleurs outils de détection », a déclaré Nye.

Il y a cependant, encore, une bonne nouvelle ! Un tel système sera bientôt opérationnel (normalement dès l’année prochaine) : le Grand Télescope d’étude synoptique (LSST), est un télescope optique américain de grande taille en cours de construction à une centaine de kilomètres de La Serena, au nord du Chili. Il est caractérisé par un champ d’observation très large (3.5° soit 40 fois la taille de la Lune). Selon les scientifiques, ce télescope devrait pouvoir cataloguer entre 80% et 90% des astéroïdes potentiellement dangereux, d’un diamètre minimal de 140 mètres.

lsst telescope

Voici à quoi ressemblera le LSST (Large Synoptic Survey Telescope). Crédits : LSST Project Office

De plus, la NASA envisage de lancer un chasseur d’astéroïdes appelé Near-Earth Object Camera (« Caméra pour les objets proches de la Terre »), en abrégé NEOCam. Cette mission aura pour but de détecter et de caractériser les objets célestes tels que les astéroïdes géocroiseurs qui présentent un risque pour la Terre et dont le diamètre est également égal ou supérieur à 140 mètres.

De ce fait, la « coordination est la prochaine étape clé après la détection », a déclaré Nye. En effet, un gros astéroïde se dirigeant vers la Terre constituerait un problème global : toute la communauté internationale devrait travailler ensemble pour résoudre cette problématique.

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Le télescope spatial NEOCam de la NASA examinera les régions de l’espace les plus proches de l’orbite terrestre, où les astéroïdes potentiellement dangereux risquent le plus souvent de se trouver. NEOCam utilisera la lumière infrarouge pour caractériser leurs propriétés physiques telles que le diamètre. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Plusieurs options sont possibles pour faire face à une telle menace. Par exemple, si nous avions suffisamment de temps par rapport à la détection de l’astéroïde (plusieurs années, voire de préférence plusieurs décennies), nous pourrions lancer une sonde pour atteindre l’astéroïde et le déplacer progressivement au moyen d’un remorqueur gravitationnel, afin que ce dernier change de trajectoire et ne heurte pas fatalement la Terre.

Selon Jim Green, un scientifique en chef de la NASA qui a participé hier à l’événement avec Nye, ces « tracteurs gravitationnels » pourraient idéalement renforcer leur traction en détruisant une partie du rocher. Les experts affirment que la perte de masse résultante et l’écoulement de matériau de l’astéroïde modifieraient le chemin emprunté par la roche restante.

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Nye a également mentionné une stratégie nommée « Laser Bees », qui consiste à envoyer un essaim de petits engins spatiaux vers l’astéroïde potentiellement dangereux : puis, chaque petite sonde focaliserait un faisceau laser sur le même point de la roche, vaporisant de la matière et provoquant l’éruption d’un jet. Ce jet servirait alors de moteur pour pousser l’astéroïde sur un chemin différent. « Ce sont des capsules temporelles de l’aube du système solaire, et des roches riches en carbone ont peut-être aidé la vie à démarrer sur Terre », a expliqué Green lors de la présentation. « Exploiter les ressources en astéroïdes pourrait rendre les astronefs et les astronautes plus autonomes et améliorer la vie sur Terre également », a-t-il ajouté.

En conclusion, Green et Nye soulignent le fait qu’il n’y a pas de menace réelle actuellement, mais qu’il y aura forcément des impacts catastrophiques dans le futur, surtout si nous ne faisons rien pour les empêcher. « Ce n’est pas une question de savoir ‘si ça arrivera un jour’, mais uniquement une question de ‘quand est-ce que ça arrivera’ », a déclaré Green.

Source : IAA Planetary Defense Conference

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