Plus de 200 scientifiques avertissent que les écouteurs sans fil tels que les AirPods d’Apple pourraient augmenter le risque de cancer. Mais qu’en est-il vraiment au niveau scientifique ? Est-ce une alerte envoyée par « précaution » ou faut-il sérieusement se méfier plus qu’on ne le pense ?
En effet, 250 scientifiques originaires de 42 pays différents ont envoyé une pétition aux Nations Unies (ONU) ainsi qu’à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Selon eux, certaines ondes seraient très nocives pour la santé et pourraient même provoquer des cancers.
Dans leur appel international, les scientifiques indiquent que « de nombreuses publications scientifiques récentes ont démontré que les champs électromagnétiques non ionisants affectent les organismes vivants à des niveaux bien supérieurs que la plupart des limites établies dans les directives internationales et nationales ». Les médecins rajoutent que « les effets incluent un risque accru de cancer, un stress cellulaire, une augmentation des radicaux libres nocifs, des dommages génétiques, des changements structurels et fonctionnels du système reproducteur, des déficits de l’apprentissage et de la mémoire, des troubles neurologiques et des effets négatifs sur le bien-être général de l’humain ». Tous ces éléments ne sont donc pas très réjouissants…
À savoir que la technologie Bluetooth, utilisée par de nombreux dispositifs sans fil à l’heure actuelle, permet de transférer des données sans fil via l’utilisation des ondes radioélectriques à fréquence électromagnétique (EMF).
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Selon les experts, ces ondes seraient particulièrement dangereuses si un dispositif les utilisant est situé près de la tête. En effet, en insérant des dispositifs tels que les AirPods d’Apple dans le conduit auditif ou sur les oreilles, l’utilisateur mettrait son corps en contact direct et rapproché avec ces ondes radio, au risque de développer des tumeurs au cerveau ainsi que des tumeurs bénignes du nerf acoustique.
Les champs électromagnétiques de radiofréquences, qui propagent les signaux de nos téléphones portables ou d’autres appareils sans-fil (les ondes wi-fi en font partie), sont classés par l’OMS depuis 2011 comme « potentiellement cancérigènes pour l’Homme ». Jerry Phillips, professeur de biochimie à l’Université du Colorado à Colorado Springs, explique justement que les AirPods « se positionnent dans le canal auditif et exposent les tissus de la tête à des niveaux relativement élevés de rayonnement radioélectrique ».
Outre le cancer, les scientifiques ajoutent que les ondes EMF pourraient à terme causer des troubles neurologiques, ainsi que des dommages à l’ADN. « Sur la base de recherches publiées et revues par des pairs, nous sommes sérieusement préoccupés par l’exposition omniprésente et croissante aux EMF générée par les dispositifs électroniques sans fil », indiquent les chercheurs.
De plus, il faut savoir que ces dommages ne s’arrêtent pas à l’être humain, puisque les végétaux et les animaux sont également touchés. Cependant, dans le cadre de cette pétition, les scientifiques et les médecins mettent l’accent sur des individus particulièrement vulnérables : les femmes enceintes et les enfants.
De ce fait, les scientifiques ont demandé à l’OMS d’adopter à la fois des directives et des normes réglementaires plus strictes concernant les champs électromagnétiques. Ils souhaitent également que les fabricants « développent des technologies plus sûres » et conseillent plus particulièrement un « câblage électrique adéquat pour minimiser les courants nuisibles, et que le public soit pleinement informé des risques potentiels pour la santé liés à l’énergie électromagnétique ».
De même, ils demandent à ce que les professionnels de la santé soient mieux informés sur les effets biologiques de l’énergie électromagnétique. « Les différentes agences qui établissent les normes de sécurité n’ont pas réussi à imposer des lignes directrices suffisantes pour protéger le grand public, en particulier les enfants plus vulnérables, aux effets des ondes EMF », expliquent les spécialistes dans leur pétition. « En n’agissant pas, l’OMS ne remplit pas son rôle d’organisme international de santé publique par excellence », ajoutent-ils.
Tandis qu’Apple ne répond pas à ces préoccupations, l’entreprise a défendu ses pratiques en 2016, lors de la sortie des AirPods : « Les produits Apple sont toujours conçus et testés pour respecter toutes les exigences de sécurité », déclarait alors le porte-parole d’Apple, Alex Kirschner.
Bien que la pétition ait de nombreux partisans, il y a également d’autres scientifiques qui ne sont pas d’accord avec ces éléments.
C’est notamment le cas de Gilles Brégant, directeur général de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), qui souhaite rééquilibrer le débat et rassurer la population, en précisant que « le protocole Bluetooth utilise les mêmes bandes de fréquence en 2.4 GHz que le wi-fi, mais en moins puissant. Les études sur le wi-fi qui font consensus montrent jusqu’à présent l’absence de dangerosité, car c’est un signal à très faible puissance ».
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À noter également que la pétition a été actualisée au mois de janvier 2019, et ne cite actuellement pas la technologie Bluetooth, ni les AirPods d’Apple. Annie Sasco, médecin épidémiologiste du cancer, est la coordinatrice européenne de cet appel international. « Nous ne mentionnons le Bluetooth nulle part et n’avons pas de réponse précise pour un appareillage particulier ». Nous rappelons que dans cet appel international, 250 scientifiques dénoncent les risques pour l’humain, et en particulier pour les enfants et les femmes enceintes, d’une exposition aux champs électromagnétiques, soit l’ensemble de la téléphonie mobile.
Mais, bien qu’il ne soit pas cité à l’heure actuelle, le Bluetooth y trouverait tout de même sa place. « À proprement parler, oui, car il rentre dans cette catégorie. Mais, à ce jour, il n’existe aucune étude prouvant l’impact néfaste du Bluetooth et le risque de cancer. Ce qu’il faudrait, c’est exposer des animaux à des ondes Bluetooth pour savoir quelle est l’exposition réelle du cerveau », a ajouté Sasco.
Et dans tout ça, qu’en pense l’OMS ? Et bien pas grand-chose… En effet, comme mentionné plus haut, c’est en 2011 (soit bien avant l’arrivée des AirPods sur le marché) que le Centre international de recherche sur le cancer (justement créé par l’OMS), classait les champs électromagnétiques de radiofréquences (dont fait partie le Bluetooth) dans sa catégorie 2B, soit comme « peut-être cancérogène pour l’Homme ».
Mais alors, qu’est-ce que cela signifie exactement ? En gros, il pourrait effectivement y avoir un risque. En 2011, l’agence avait alors annoncé qu’elle surveillait de près le lien possible entre les téléphones portables et le risque de cancer, et reconnaissait qu’il était « crucial que des recherches supplémentaires soient menées sur l’utilisation intensive à long terme des portables ». Sauf que depuis… il n’y a pas eu d’autres communications officielles sur le sujet.
Un débat qui fait donc toujours rage et qui rappelle encore une fois à quel point il est compliqué de résoudre ces problèmes de déploiement des technologies ainsi que les mesures prises (ou non) concernant leurs impacts sanitaires à long terme.
Dans tous les cas, une chose est sûre : à l’heure actuelle, les prises jack sur les téléphones portables sont en train de disparaître, ce qui accélère de plus en plus les ventes d’écouteurs et casques sans fil, utilisant notamment la technologie Bluetooth. Ce serait donc le bon moment pour encourager la recherche scientifique dans ce domaine, afin d’obtenir des résultats précis quant aux seuils de dangerosité selon le type d’appareil, surtout lorsqu’ils sont utilisés, comme les AirPods, à proximité de zones sensibles.
Sources : EMFscientist.org, CIRC
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