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La vaccination est l’un des aspects les plus importants de la médecine moderne. Les vaccins peuvent éradiquer de la société des maladies auparavant mortelles et sauver un nombre incalculable de vies. Cependant, au fil du temps, les populations ont tendance à oublier les effets dévastateurs que certaines de ces maladies ont causées il y a quelques décennies à peine, ce qui du coup ne va pas à l’encontre de ce que pensent certains groupes d’individus quant à l’efficacité des vaccins. En effet, toujours plus nombreuses sont les personnes croyant à tort pouvoir se passer des vaccins sans qu’il n’y ait de conséquences pour l’ensemble de la population. On les appelle les “antivax” (anti-vaccins), et elles réduisent dangereusement l’immunité collective dans certaines zones.

Récemment, pour des raisons qui ne sont apparemment pas fondées sur la science ou la logique, de nombreux parents ont catégoriquement refusé de faire vacciner leurs enfants. Malheureusement, cette tendance a provoqué la réapparition de maladies normalement faciles à gérer.

Le Council on Foreign Relations (États-Unis) a publié une carte interactive mondiale détaillant les conséquences catastrophiques de cette tendance. Elle donne un aperçu des épidémies mondiales de rougeole, d’oreillons, de rubéole, de polio et de coqueluche dans le monde entier entre 2008 et 2017.

Ces maladies, toutes facilement évitables par les vaccins, peuvent avoir des conséquences désastreuses. Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estiment que 146’000 personnes dans le monde meurent de la rougeole chaque année, principalement des enfants.

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Carte montrant les conséquences du mouvement antivax aux États-Unis, entre 2008 et 2017. Crédits : Vaccines Work

Les États-Unis ont récemment connu une augmentation drastique des cas de coqueluche, une maladie qui provoque environ 195’000 décès par an. La majorité de ces décès surviennent dans des régions pauvres ayant un accès très limité aux vaccins. Dans le cas de régions développées comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, cela ne devrait normalement pas se produire du tout, mais ce n’est pas le cas…

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Comme le montre cette deuxième carte, l’Europe s’en sort mieux. En comparant cette dernière avec la carte centrée sur les États-Unis, on aurait tendance à croire que le mouvement antivax a plus d’impact dans les pays anglophones (ici au Royaume-Uni). Crédits : Vaccines Work

Une étude liant la vaccination à l’autisme a marqué le début du mouvement antivax

En 1998, Andrew Wakefield a publié une étude affirmant avoir identifié un lien entre le vaccin antirougeoleux, antiourlien et antirubéoleux (ROR) et l’apparition de l’autisme. Mais depuis, aucun autre groupe de recherche n’a jamais pu reproduire les découvertes de Wakefield.

En 2010, un comité de révision éthique a conclu qu’il avait falsifié les données dans son rapport, entraînant la rétractation immédiate de son étude originale et la révocation de sa licence médicale. Bien que la plupart des scientifiques se soient opposés dès le début aux “découvertes” de Wakefield, beaucoup de gens – très probablement sans antécédents médicaux – étaient tout à fait impatients de suivre le mouvement anti-ROR.

Bien entendu, le risque zéro n’existe pas. Certains vaccins peuvent avoir des effets secondaires, mais ils sont extrêmement rares. Certaines personnes ne peuvent pas être vaccinées à cause d’allergies ou d’autres conditions médicales tel que le cancer. Cela le rend la vaccination encore plus importante pour les individus qui peuvent en bénéficier. Ainsi, l’immunité collective devient suffisante et protège les membres les plus vulnérables d’une population.

La carte interactive proposée (consultable sur le site web de Vaccines Work) documente également les attaques contre les travailleurs de la santé, qui ont augmenté ces dernières années. Ces attaques sont indiquées sur la carte par des triangles rouges. En outre, ces dernières sont en corrélation avec un nombre croissant de cas de maladie, notamment une épidémie de poliomyélite en Afghanistan.

On observe également des tendances socio-économiques, avec une incidence croissante de rougeole et de coqueluche dans les régions les plus riches comme les États-Unis et le Royaume-Uni, tandis que les zones les plus pauvres indiquent un manque de fournitures adéquates, donnant aux responsables de la santé une idée précise des domaines dans lesquels des efforts doivent être intensifiés.

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