La consommation régulière d’avocats permettrait de réduire la graisse abdominale chez les femmes

avocat graisse abdominale viscérale
| Unsplash

Riche en fibres et en vitamines, l’avocat possède de nombreuses vertus pour la santé, c’est pourquoi ce fruit est recommandé dans de nombreux régimes alimentaires. En outre, malgré sa teneur élevée en calories, il contribuerait à la perte de poids en agissant comme un coupe-faim naturel. Une nouvelle étude américaine ajoute aujourd’hui un nouvel élément à la liste de ses bienfaits : la consommation d’avocat permettrait de mieux répartir la graisse abdominale chez les femmes.

Dans l’abdomen, il existe deux types de graisse : la graisse qui s’accumule juste sous la peau, appelée « graisse sous-cutanée » et la graisse qui s’accumule plus profondément dans l’abdomen, appelée « graisse viscérale », qui comme son nom l’indique, entoure les organes internes. Or, les personnes présentant un taux élevé de graisse viscérale sont plus sujettes au diabète que le reste de la population.

Un groupe de chercheurs, dirigé par Naiman Khan, professeur de kinésiologie et de santé communautaire à l’Université de l’Illinois, a souhaité vérifier s’il était possible d’agir sur la distribution des graisses d’un individu en intégrant l’avocat dans son régime alimentaire quotidien. Plus d’une centaine d’adultes, avec un IMC de 25 (ce qui correspond à un surpoids), ont participé à cette expérience. Les résultats ont été publiés dans The Journal of Nutrition.

Un avantage avéré, mais essentiellement féminin

« L’objectif n’était pas la perte de poids », souligne Khan. Cette étude visait à évaluer les effets de la consommation d’avocat sur l’adiposité abdominale, mais aussi sur la résistance à l’insuline et la tolérance au glucose. Les 105 participants (entre 25 et 45 ans, dont 61% de femmes) ont été répartis en deux groupes : pour 53 d’entre eux, un avocat frais a été intégré à leurs repas quotidiens ; les 52 personnes du groupe témoin ont bénéficié de repas de même valeur calorique, mais sans aucun avocat.

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À l’issue de l’expérience, qui a duré 12 semaines, les chercheurs ont évalué la quantité de tissu adipeux viscéral (TVA), de tissu adipeux abdominal sous-cutané (SAAT), ainsi que le rapport TVA/SAAT pour chacun des participants. Ils ont constaté que le groupe témoin présentait la plus forte réduction de SAAT et une augmentation du rapport TVA/SAAT. Le groupe ayant intégré des avocats à leur alimentation présentait, quant à lui, une réduction plus importante de la TVA et du rapport TVA/SAAT. La consommation d’avocat n’a en revanche eu aucun impact sur la tolérance au glucose.

Fait intéressant : ces résultats concernent principalement les femmes (-33 g de perte de TVA en moyenne, contre +1,6 g pour les femmes du groupe témoin). Chez les hommes, les chercheurs n’ont noté aucune différence significative entre les groupes, tant en ce qui concerne les changements dans l’adiposité abdominale que pour les résultats glycémiques. « Apprendre que les avantages n’étaient évidents que chez les femmes nous en dit un peu plus sur le rôle potentiel du sexe dans les réponses aux interventions diététiques », souligne le professeur Khan dans un communiqué.

L’avocat est un fruit riche en fibres alimentaires et en acides gras mono-insaturés (AGMI), deux nutriments bénéfiques pour la santé métabolique. Or, il a déjà été prouvé que les régimes riches en fibres et en AGMI ont le potentiel de réduire l’obésité et le risque de diabète de type 2. Parallèlement, plusieurs études antérieures ont montré que les consommateurs d’avocats étaient moins enclins à la prise de poids et affichent une obésité abdominale plus faible que le reste de la population.

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La graisse abdominale viscérale en ligne de mire

L’épidémie de surpoids et d’obésité élevés présente un défi majeur de santé publique. L’Organisation mondiale de la santé relève que la prévalence de l’obésité a presque triplé au niveau mondial depuis 1975 : en 2016, 39% des adultes âgés de 18 ans et plus étaient en surpoids et 13% étaient obèses ; de même, plus de 340 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans étaient en surpoids ou obèses.

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L’obésité abdominale, en particulier, affecte aujourd’hui un adulte sur trois. Et il est avéré que le tissu adipeux viscéral est plus étroitement associé aux maladies métaboliques liées à l’obésité que le tissu adipeux abdominal sous-cutané. Les régimes mis en œuvre pour perdre du poids sont généralement efficaces pour réduire la TVA, et donc le risque de diabète de type 2 ; mais en pratique, ces régimes sont bien souvent difficiles à suivre pour la plupart des individus, sans compter qu’il est tout aussi difficile de maintenir le poids perdu.

C’est pourquoi une autre approche, basée sur une intervention diététique qui ne repose pas sur un régime hypocalorique et une perte de poids, pourrait être particulièrement bénéfique pour les personnes en surpoids. Les chercheurs ont déclaré qu’ils espéraient à présent mener une étude de suivi, afin d’examiner des marqueurs supplémentaires de la santé intestinale et de la santé physique et ainsi obtenir une image plus complète des effets métaboliques de la consommation d’avocat. Ils aimeraient notamment déterminer si la différence demeure entre les deux sexes au fil du temps.

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« En poussant nos recherches plus loin, nous pourrons avoir une idée plus claire des types de personnes qui bénéficieraient le plus de l’incorporation d’avocats dans leur alimentation et fournir des données précieuses aux conseillers en soins de santé », conclut Richard Mackenzie, professeur de métabolisme humain à l’Université de Roehampton à Londres et co-auteur de l’étude.

Source : The Journal of Nutrition, N. Khan et al.

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