Égypte ancienne : découverte de plus de 18 000 morceaux de poterie témoignant de la vie quotidienne de l’époque

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Tessons de poterie retrouvés sur le site archéologique d'Athribis. | Athribis-Project Tübingen
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Des archéologues viennent de révéler leur collection de tessons de poterie sur le site d’Arthribis, cité antique égyptienne située à environ 200 kilomètres au nord de Louxor. Beaucoup de ces « cahiers de brouillon » proviendraient même d’une école antique. Une telle découverte n’avait pas eu lieu depuis le début des années 1900 dans le campement de Deir el-Medineh, où de nombreux fragments avaient été trouvés.

Les tessons de poterie — aussi appelés « ostraca » — trouvés dans un temple à Athribis témoignent de la vie quotidienne de l’Égypte ancienne il y a environ 2000 ans. Les archéologues ont d’ailleurs retrouvé une majorité de restes de récipients qui semblent provenir d’une ancienne école. En effet, plus accessibles que les papyrus, les ostraca étaient largement utilisés dans l’Antiquité pour noter la liste de courses, enregistrer les échanges commerciaux et apprendre aux étudiants à écrire et à dessiner. Les Égyptiens utilisaient un roseau ou un bâton creux avec de l’encre.

Une telle quantité de tessons n’a été découverte qu’une seule fois auparavant. Au début des années 1900, l’archéologue anglais Sir Flinders Petrie a été le premier à fouiller le temple, avant l’Organisation des antiquités égyptiennes de 1981 à 1997. En revanche, les textes retrouvés concernaient surtout la médecine et les pratiques médicales, alors que ces ostraca portent sur la vie quotidienne des Égyptiens.

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Des écritures démotique et hiératique, ainsi que des ostraca picturaux

Dans le détail, il s’agit de listes diverses d’aliments ou d’articles d’usage quotidien, mais aussi de lignes écrites à répétition, comme le ferait un élève en punition. Selon les chercheurs, la grande majorité des ostraca concernerait le milieu scolaire : « Il y a des listes de mois, de chiffres, de problèmes d’arithmétique, d’exercices de grammaire et un ‘alphabet des oiseaux’ — à chaque lettre était attribué un oiseau dont le nom commençait par cette lettre », relatent-ils.

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Les élèves en punition devaient écrire des lignes : des centaines de ces tablettes ont été retrouvées, avec le même symbole généralement écrit au recto et au verso. © Athribis-Project Tübingen.

En ce qui concerne l’écriture, différentes langues ont été retrouvées dont les hiéroglyphes, le grec, l’arabe et le copte, témoignant de l’histoire multiculturelle de la ville. D’après l’équipe de recherche. « près de 80% des tessons de pot sont inscrits en démotique, l’écriture administrative commune aux périodes ptolémaïque et romaine et qui s’est développée à partir du hiératique après 600 avant Jésus-Christ ». Cette écriture était notamment utilisée sous le règne de Ptolémée XII (le père de Cléopâtre), qui a régné au 1er siècle avant notre ère.

Cependant, même si le démotique était l’écriture la plus populaire à cette époque, l’écriture hiératique (une forme simplifiée de hiéroglyphes) était encore enseignée aux enfants. Avec cette écriture, un oiseau est attribué à chaque lettre de l’alphabet.

Hieratique
Exemples de passage de hiéroglyphes aux caractères hiératiques (par Champollion). © CC BY-SA 3.0

Mais la découverte ne s’arrête pas là, et les archéologues ont également trouvé des ostraca picturaux. « Ces tessons montrent diverses représentations figuratives, notamment des animaux comme des scorpions et des hirondelles, des humains, des dieux du temple voisin, et même des figures géométriques », détaille l’égyptologue Christian Leitz de l’université de Tübingen en Allemagne.

Le projet du temple de Tübingen à Athribis

Athribis est une cité antique située à environ 200 km au nord de Louxor. Le site archéologique, qui s’étend sur 30 hectares, n’a pas encore été entièrement fouillé. Il se compose d’un complexe de temples, d’une colonie, d’une nécropole et de carrières. Deux temples sont situés dans l’ensemble des temples, dont l’un est encore enfoui sous plusieurs mètres de sable.

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Depuis 2003, le projet du temple de Tübingen (sous la direction de Leitz) permet la fouille des salles enterrées et d’évaluer leurs représentations iconographiques et leurs textes. Le temple de 75 mètres sur 45 a été construit par Ptolémée XII et décoré sur une période de plus de 200 ans. Le souverain égyptien a décoré les pièces intérieures, tandis que les murs extérieurs et les colonnes datent des règnes de Tibère, Caligula et Claude (1er siècle apr. J.-C.).

Temple de Ptolémée XII
Temple de Ptolémée XII, vu du nord. © Athribis-Project Tübingen

Des fouilles à grande échelle dans le temple ont donc été possibles ces dernières années. et le temple est désormais accessible aux visiteurs. Depuis 2018, d’autres fouilles sont en cours dans un autre sanctuaire, plus à l’ouest. Mais à mesure que la profondeur augmente, des difficultés apparaissent, car le reste de la zone s’est rempli de gravats au fil des siècles. Une analyse d’autres ostraca devrait nous parvenir à mesure que les fouilles progressent.

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