Au cours des 545 derniers millions d’années, la Terre a subi cinq crises biologiques majeures qui ont violemment marqué son histoire et son écologie. La crise du Crétacé-Tertiaire (encore appelée crise K-T) correspond au passage de la période du Crétacé à celle du Tertiaire. Ordinairement, les paléontologues estiment que cet événement est responsable de la fin du règne des dinosaures sur Terre.

Datée de 66 millions d’années, cette crise est de loin la plus brutale et la plus célèbre car elle serait à l’origine de l’extinction massive et généralisée d’un grand nombre d’êtres vivants (animaux et végétaux) sur une très courte période de temps (à l’échelle des temps géologiques). La crise K-T revêt un intérêt particulier car, selon les différentes données géologiques recueillies, elle est à l’origine de l’extinction des dinosaures au profit des mammifères.

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L’extinction des dinosaures aurait été bien plus lente que ce que l’on pensait

En effet, avant l’avènement des mammifères, les dinosaures occupent la majorité des niches écologiques de la planète, sur la terre ferme comme dans les mers. La compétition pour les ressources, ainsi que la grande propension à la territorialité de ces grands reptiles a littéralement empêché le développement massif d’espèces concurrentes. Leur disparition a ainsi permis la radiation évolutive des mammifères placentaires, ceux-ci n’étant alors plus dominés.

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Graphique présentant les cinq plus grandes crises biologiques historiques. Crédits : université de Versailles

Les indices géologiques de la crise K-T

Sur le terrain, cet événement est associé à une signature géologique : en effet, la limite séparant la période du Crétacé de celle du Tertiaire (aussi appelée limite K-T, pour « Kreide-Tertiäre » en allemand) est marquée par une fine couche d’argile entre les deux strates géologiques associées. Celle-ci contient une quantité anormalement élevée d’iridium.

L’iridium étant un métal rare sur Terre, il est en revanche abondamment présent dans la composition des météorites et aussi dans certains produits issus des éruptions volcaniques.

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Présentation des différentes ères géologiques ; la limite Crétacé-Tertiaire est indiquée. Crédits : Académie de Blaye

Il existe des différences notables dans la biosphère des strates du Crétacé et du Tertiaire :

➢ Au niveau océanique, la strate correspondant à la période du Tertiaire ne présente plus aucune trace d’ammonites ni de foraminifères planctoniques (organismes unicellulaires eucaryotes à coquille calcaire perforée). Les scientifiques considèrent que 75% des espèces marines se sont éteintes au cours de cette crise.

➢ Au niveau continental, la même strate se voit totalement dénuée de la moindre trace de dinosaures. En revanche, ceux-ci ont laissé place aux mammifères ainsi qu’aux fougères et aux gymnospermes (plantes à graine apparente).

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Il existe de nombreuses signatures et démarcations géologiques témoignant de la limite Crétacé-Tertiaire. Crédits : C. Nicollet/Pierre Thomas

Alors que les dinosaures, ainsi qu’un grand nombre d’autres d’organismes, n’ont pas survécu à cette crise, certains animaux ont été épargnés : les mammifères, les oiseaux, les lézards, les crocodiles ainsi que les plantes vertes et les plantes à fleurs ont subsisté avec un taux d’extinction très faible. Des fossiles de dinosaures ont été découverts au-delà de la limite entre le Crétacé et le Tertiaire, mais cela est uniquement dû au remaniement des sédiments les ayant ramenés à la surface.

Impact cosmique et volcanisme : les causes de l’extinction Crétacé-Tertiaire

Bien que les paléontologues s’accordent à dire que plusieurs phénomènes naturels, alternatifs ou simultanés, ont certainement concouru à l’extinction des dinosaures, deux hypothèses majeures se sont généralement mises en évidence par les différentes signatures géologiques qu’elles ont laissé.

Impact cosmique : la collision entre un astéroïde et la Terre

Les scientifiques estiment qu’un astéroïde de 10 km de diamètre se serait écrasé sur Terre, ce qui aurait eu des conséquences dévastatrices sur toute la biosphère terrestre. Le cratère associé à cet impact serait celui de « Chixculub », situé dans la péninsule du Yucatan au Mexique. Le cratère mesure 200 km de diamètre et daterait d’environ 66 millions d’années, coïncidant ainsi particulièrement bien avec la date estimée de la crise K-T.

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Topographie du diamètre du cratère de Chicxulub ainsi que des éjectas. En 1990, Alan Hildebrand et son équipe découvrirent une structure annulaire de 180 km de diamètre sous les couches sédimentaires situées au nord de la péninsule du Yucatan au Mexique. Crédits : Lombry

Les conséquences de l’impact cosmique sur la Terre

Les répercussions de l’impact de cet objet cosmique ont été autant désastreuses que nombreuses. L’impact a provoqué une… (suite à la page suivante)

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