Les humains produisent 100 fois plus de CO2 que tous les volcans de la Terre combinés

Échantillonnage de gaz sur le volcan Lastarria. | Yves Moussallam/Observatoire de la Terre/Lamont Doherty

Au cours de ces dix dernières années, une équipe internationale de chercheurs a mené une étude sur les émissions de CO2 d’origine humaine. Les résultats sont absolument alarmants : l’être humain produit 100 fois plus de CO2 que tous les volcans de la Terre combinés, contribuant ainsi au réchauffement climatique.

La quantité totale de CO2 émise par les volcans n’est que d’environ 0.3 gigatonne par an, soit une fraction infime des 37 gigatonnes produites par l’Homme, et ce, en 2018 seulement ! Cela permet également de clarifier que les volcans ne sont pas « si dangereux » en matière de réchauffement de la planète, comme le suggèrent certaines théories dominantes.

Le cratère du volcan Póas, en 2014. À l’aide d’appareils de surveillance permanente des gaz, nommés DECADE, les scientifiques ont analysé la composition des émissions de gaz des volcans. Crédits : Katie Pratt/Université de Rhode Island

« Les sceptiques vis-à-vis du changement climatique considèrent les volcans comme de potentiels candidats aux émissions de CO2 les plus importantes, mais ce n’est tout simplement pas le cas », a déclaré Marie Edmonds, professeure de volcanologie et de pétrologie au Queens College de Cambridge.

À l’heure actuelle, les volcanologues utilisent de plus en plus de véhicules aériens (ou drones) pour faire passer leur équipement d’échantillonnage à travers des panaches de gaz volcaniques, autrement inaccessibles. Sur cette photographie, la préparation d’un vol au bord du cratère du volcan Lascar (situé au nord du Chili), lors de l’expédition Trail by Fire. Crédits : Yves Moussallam/Observatoire de la Terre/Lamont Doherty

Il faut savoir que dans un passé lointain, il y a eu des incidents d’une ampleur similaire à la production humaine de CO2 actuelle : les résultats ont été catastrophiques. Cela fut par exemple le cas de l’impact de l’astéroïde Chicxulub, qui s’est produit il y a environ 66 millions d’années. Un événement qui, selon les scientifiques, aurait généré à lui seul entre 415 à 1400 gigatonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Le sommet de Manam, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à la suite d’une importante éruption survenue en août 2018. Crédits : Emma Liu/Université de Cambridge.

À présent, l’impact de la civilisation industrielle a des conséquences comparables… « La quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère par l’activité d’origine humaine au cours des 10 à 12 dernières années est équivalente aux changements catastrophiques survenus au cours des événements qui se sont produits par le passé sur Terre », a déclaré Edmonds. « Nous sommes au même niveau de catastrophe carbone, ce qui est un peu décevant », a ajouté Celina Suarez, professeure agrégée de géologie à l’Université d’Arkansas.

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Échantillonnage de gaz sur le volcan Lastarria (au nord du Chili) durant l’expédition Trail by Fire. Crédits : Yves Moussallam/Observatoire de la Terre/Lamont Doherty

L’équipe de scientifiques a publié toute une série de documents relatant leurs résultats, dans le cadre du programme Deep Carbon Observatory, un programme de recherche mondial fondé en 2009 déjà. Malheureusement, il faudra énormément de temps pour que la Terre nivelle le dioxyde de carbone dans son atmosphère : « Cela se rééquilibrera, mais pas sur une échelle de temps significative pour les humains », a ajouté Suarez.

Source : Deep Carbon Observatory

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