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Une recherche sur la compréhension du malaise lors des trajets en véhicule montre que le cerveau réagit de la même manière que lors d’une intoxication, en déclenchant les mécanismes de régurgitation.

La cinétose, ou mal des transports, est un trouble cérébral de la perception lors d’un déplacement, quand le corps en position stationnaire engendre des nausées ainsi que des vertiges. Cela proviendrait d’une discordance entre les sens (principalement la vue) et la perception du mouvement par le système vestibulaire, un organe se trouvant dans nos oreilles.

Lors d’une marche, l’œil indique un déplacement du corps, tout comme le système vestibulaire et le liquide qu’il contient, qui va bouger selon la direction du mouvement et va activer des mécanismes neurologiques pour envoyer les informations au cerveau.

Dans un véhicule, ce liquide se déplace comme lors d’une marche, mais l’œil (si le regard est focalisé à l’intérieur du véhicule) indique que le corps ne bouge pas. Il y a donc un conflit d’informations transmises. Le thalamus est la région en charge de l’analyse de ces messages, et chez certaines personnes, il conclut que cette confusion serait due à un intoxication, et qu’il faut absolument régurgiter le poison.

« Dès que le cerveau est perturbé par quelque chose comme cela, il se dit : ‘oh, je ne sais pas quoi faire, alors soyez malade, juste au cas où‘ », explique le neuroscientifique Dean Burnett, de l’université de Cardiff. « Et en conséquence, nous avons le mal des transports parce que le cerveau est constamment inquiet d’être empoisonné ».

La situation est encore pire lorsque l’individu ne regarde pas son environnement durant le trajet, occupé à lire un livre ou à écrire sur son smartphone par exemple, convaincant encore plus sa perception visuelle d’être en position stationnaire. Être le chauffeur est donc la solution la plus efficace, car elle oblige à avoir un regard constant sur la route, et le fait de décider de la direction à prendre donne davantage d’informations au cerveau.

La théorie qui pourrait expliquer pourquoi seule une partie de la population est touchée par ces malaises implique des raisons évolutives. L’apparition des différents moyens de transports et les progrès permettant de voyager rapidement sont récents, augmentant significativement le nombre de voyageurs au cours du dernier siècle. Le cerveau ne s’y est donc pas encore adapté chez certains individus.

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Une étude apparue en 2013 montre que les personnes qui ont tendance à bouger plus que la normale, même en étant stationnaire, sont plus susceptibles aux maux de voyages, suggérant aux chercheurs que la manière de se déplacer en général jouerait un rôle sur la sensibilité à la cinétose.

En plus de regarder plus régulièrement l’environnement durant les trajets, manger des repas légers et riches en protéines avant de prendre la route ou écouter de la musique aiderait à calmer les maux de ventre.

Plus de 3 millions de français seraient touchés par la cinétose. Bien que cette pathologie ne soit pas dangereuse, il est toujours utile de comprendre son fonctionnement pour améliorer les remèdes, et éviter de devoir régulièrement s’arrêter sur la route pour éviter de se retrouver avec des sièges tachés de vomi.

Source : Le cerveau, cet imbécile, de Dean Burnett

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