Les psychologues l’appellent la triade noire : une intersection de trois des tendances les plus malveillantes de la nature humaine, soit le narcissisme, le machiavélisme et la psychopathie. Selon une nouvelle étude, il y aurait encore plus « d’éléments sombres » impliqués : notamment l’égoïsme, le sadisme, la méchanceté, et plus encore.

Une nouvelle étude menée par des psychologues allemands et danois a permis d’identifier cette force motrice derrière toutes nos pulsions les plus sombres, et les chercheurs lui ont donné un nom : « facteur D », ou simplement « D » (du mot anglais « dark », signifiant « sombre »), qui est donc le facteur de personnalité obscure nouvellement identifié.

Le cadre théorique du facteur D repose sur ce que l’on appelle le facteur g : une construction proposée par le psychologue anglais Charles Spearman il y a plus d’un siècle, lorsqu’il a observé et constaté que les individus qui avaient bien réussi à effectuer un certain type de test cognitif étaient plus susceptibles de bien réussir d’autres types de tests d’intelligence également.

En d’autres termes, un « facteur d’intelligence générale » pourrait être mis au point. « De même que les aspects obscurs de la personnalité humaine ont également un dénominateur commun, ce qui signifie que, tout comme l’intelligence, on peut dire qu’ils sont tous l’expression de la même tendance dispositionnelle », explique le psychologue Ingo Zettler, de l’Université de Copenhague au Danemark.

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Dans une série de quatre études distinctes incluant plus de 2500 participants, Zettler et d’autres chercheurs ont interrogé ces derniers afin de mesurer le niveau de neuf traits de personnalité distincts : égoïsme, machiavélisme, désengagement moral, narcissisme, droit psychologique, psychopathie, sadisme, intérêt et méchanceté.

Pour ce faire, il a été demandé aux participants d’être d’accord avec une série d’énoncés dit « sombres » et variables, tels que : « je dirai n’importe quoi pour obtenir ce que je veux », « il est difficile d’aller de l’avant sans prendre des raccourcis ici et là », et « blesser les gens serait excitant ».

Avec les réponses en main, les chercheurs ont alors procédé à une analyse statistique : les résultats suggèrent que, bien que ces traits sombres soient tous distincts, ils se chevauchent parfois dans une certaine mesure, en raison du facteur central de l’obscurité, D, qui se révèle de différentes manières chez des personnes différentes.

« Chez une personne donnée, le facteur D peut se manifester principalement par le narcissisme, la psychopathie ou l’un des autres traits obscurs, voire une combinaison de ceux-ci », explique Zettler.

« Mais avec notre cartographie du dénominateur commun des divers traits de personnalité obscurs, on peut simplement vérifier si la personne a un facteur D élevé ou non pour déterminer une tendance obscure globale. C’est parce que le facteur D indique la probabilité qu’a une personne, d’adopter un comportement associé à un ou plusieurs de ces traits obscurs », ajoute-t-il.

Si vous le souhaitez, vous pouvez également effectuer ce « test D » vous-même : en effet, l’équipe a mis en place un portail en ligne sur lequel vous pouvez mesurer votre propre score D à l’aide d’un questionnaire.

Pourquoi est-ce utile de connaître ce score ? Eh bien, mis à part la curiosité personnelle des individus quant à leur degré de « noirceur », les chercheurs affirment que ces informations pourraient un jour mener à de nouvelles découvertes en psychologie et en thérapie, faisant progresser notre compréhension de la manière dont nous interprétons les actions malveillantes des gens.

« Nous le voyons par exemple dans des cas de violences extrêmes, de violations de règles, de mensonges et de tromperies dans les entreprises ou d’autres secteurs publics », a déclaré Zettler. « Ici, la connaissance du facteur D d’une personne peut être un outil utile, par exemple pour évaluer la probabilité que cette dernière récidive ou adopte un comportement plus néfaste », a-t-il ajouté.

Sources : Psychological Review, Dark Factor

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