Maladie d’Alzheimer : un vaccin expérimental passe avec succès les essais cliniques de phase II

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| Getty

Au cours des dernières années, les neurosciences ont appris à mieux connaître les mécanismes et la dynamique de la maladie d’Alzheimer. Toutefois, malgré ces avancées, il existe encore peu de pistes de traitements ; les recherches progressant lentement du fait de la complexité de la maladie. Cependant, une équipe de chercheurs pourrait apporter une lueur d’espoir avec l’ADDvac1, un vaccin peptidique expérimental ciblant la protéine pathologique tau. Celui-ci a passé avec succès les essais cliniques de phase II en se montrant à la fois sûr et potentiellement efficace, produisant une bonne immunogénicité. Cependant, au regard de la taille de l’échantillon et des paramètres de l’essai, des études supplémentaires seront nécessaires pour statuer sur le réel potentiel de cette immunothérapie. 

Un vaccin expérimental unique en son genre conçu pour protéger contre la maladie d’Alzheimer a franchi la dernière étape des essais sur l’Homme, rapportent des chercheurs dans une nouvelle étude. Dans un essai clinique de phase II, le candidat-vaccin AADvac1, développé par la société de biotechnologie Axon Neuroscience, s’est avéré être bien toléré par les patients et produit une réponse contre certains marqueurs de la maladie.

Un vaccin sûr et potentiellement efficace

Dans des tests avec 193 patients atteints de la maladie d’Alzheimer légère, 117 patients de la cohorte ont reçu AADvac1, tandis que le reste a agi comme groupe témoin, recevant à la place un placebo. Dans l’essai randomisé en double aveugle, mené sur 24 mois, les participants qui ont reçu AADvac1 ont pris le vaccin à base de peptides en 11 doses administrées au cours de l’essai et ont montré des niveaux élevés de réponses en anticorps immunoglobuline G (IgG).

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Les chercheurs s’attendent à ce que cela rende AADvac1 efficace contre les agrégations nocives de protéines tau dans le cerveau, qui sont considérées comme l’une des principales caractéristiques de la maladie. À l’appui de cela, le dernier essai a montré qu’AADvac1 est lié à une accumulation plus lente d’une protéine à chaîne légère de neurofilament (NfL), suggérant une neurodégénérescence plus lente par rapport aux patients qui ont reçu le placebo.

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Graphique montrant les concentrations plasmatiques de chaînes légères neurofilamenteuses (NfL) pour le groupe ayant reçu le vaccin (bleu) et le groupe placebo (rouge). © Petr Novak et al. 2021

« Dans la mesure de mes connaissances, c’est la première fois qu’une immunothérapie ciblée tau a montré des preuves claires d’impact sur le processus neurodégénératif et une forte indication d’effet clinique chez des patients avec un profil de biomarqueur confirmé de la maladie d’Alzheimer », explique Petr Novak, chercheur principal en recherche clinique chez Axon Neuroscience.

Les limites de l’essai clinique

Mais alors que cet effet modificateur de la maladie est certainement un développement prometteur à surveiller, la thérapie expérimentale n’a pas encore démontré de signes convaincants qu’elle fonctionne pour contrer de manière significative le déclin cognitif à travers le spectre des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. « Aucun effet significatif n’a été trouvé dans les tests cognitifs et fonctionnels sur l’ensemble de l’échantillon de l’étude », écrivent les chercheurs dans leur étude.

Cela dit, il convient de garder à l’esprit que ces résultats proviennent d’un essai clinique de phase II relativement petit et précoce, conçu principalement pour tester le profil d’innocuité du vaccin expérimental. Sur ce point, celui-ci bien toléré a été considéré comme un succès, ne montrant aucun effet indésirable cliniquement significatif attribué à l’AADvac1.

Quant à savoir si l’AADvac1 peut tenir sa promesse de traiter avec succès le déclin cognitif, cependant, les chercheurs disent que nous aurons besoin d’un essai plus vaste impliquant plus de patients ; et probablement plus de patients dont la démence est liée à la pathologie tau en particulier. La petite taille globale de l’essai actuel, appelé ADAMANT, et le manque proportionnel de pathologies des patients basées sur des biomarqueurs au sein de la cohorte sont des limites dont nous devons être conscients.

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« Avec 193 patients dans l’ensemble d’analyse complet, l’étude a été conçue pour détecter uniquement des effets importants sur les paramètres cliniques », écrivent les chercheurs, notant que de nombreux patients de l’étude ne remplissaient pas certains critères liés à tau pour les biomarqueurs diagnostiques.

Une action dirigée contre la protéine tau

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En d’autres termes, malgré l’ambiguïté de certaines des conclusions, il y a encore des signaux positifs ici, en particulier lorsque l’analyse se concentre sur des patients dont la maladie d’Alzheimer est liée à des biomarqueurs suggérant que tau est responsable de leur état, qui répondraient très probablement à ce vaccin.

Dans un sous-ensemble spécifique de 109 des patients les plus susceptibles d’être positifs pour les biomarqueurs amyloïdes et tau, les évaluations de leur taux de démence et de leurs activités de la vie quotidienne ont suggéré que le traitement par AADvac1 ralentissait potentiellement leur déclin cognitif et fonctionnel jusqu’à environ 30 % par rapport au groupe placebo.

« Ces analyses post hoc présentent des limites importantes, car elles n’étaient pas préspécifiées dans le protocole de l’étude clinique et n’ont pas été corrigées pour les tests de multiplicité. Ces résultats doivent donc être interprétés avec prudence et nécessiteront une confirmation dans un futur développement clinique », concluent les auteurs.

Sources : Nature Aging

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