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Une équipe internationale de chercheurs s’est concentrée à établir le “bilan thermique de l’océan” de 1960 à ce jour, soit de combien les océans du monde entier se sont réchauffés au fil du temps. Après avoir analysé les données en profondeur, ils ont déterminé que la température moyenne des océans du monde en 2019 était de 0.075 degré Celsius supérieure à la moyenne de 1981-2010. Cette augmentation équivaut, en matière d’énergie, à 3.6 milliards d’explosions de bombes atomiques d’Hiroshima. 

Cette comparaison avec la bombe atomique a été suggérée par l’un des chercheurs de l’étude, car la majorité des individus penseraient à tort que 0.075 degré ne représente pas grande chose. Mais en considérant le volume des océans, une augmentation même aussi petite nécessiterait un afflux de chaleur stupéfiant — exactement 228 sextillions de Joules (228 x 1036 J), selon les scientifiques. Les résultats de l’étude ont été publiés lundi dans la revue Advances in Atmospheric Sciences.

C’est un chiffre difficile à contextualiser, ce calcul permet donc de le placer dans un cadre de référence plus parlant, en le comparant à la quantité d’énergie libérée par la bombe atomique que l’armée américaine a larguée sur Hiroshima, au Japon, en 1945.

« Lors de l’explosion, la bombe atomique d’Hiroshima a libéré une énergie d’environ 63’000’000’000’000 Joules », a déclaré dans un communiqué de presse l’auteur Lijing Cheng, de l’Académie chinoise des sciences. « La quantité de chaleur que nous avons déversée dans les océans du monde au cours des 25 dernières années équivaut à 3.6 milliards d’explosions de bombes atomiques à Hiroshima ».

Cinq bombes d’Hiroshima par seconde, tous les jours, durant 25 ans

Cela représente en moyenne l’équivalent en énergie de cinq bombes d’Hiroshima pénétrant dans les océans chaque seconde au cours des 25 dernières années. Mais ce qui est encore plus alarmant, c’est que ce taux n’est pas constant, il est en augmentation.

En 2019, le réchauffement de l’océan équivalait en matière d’énergie à « environ cinq bombes d’Hiroshima par seconde, jour et nuit, durant 365 jours par an », selon l’auteur de l’étude John Abraham, de l’Université de Saint-Thomas au Minnesota.

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bilan thermique ocean 1960 2019

Bilan thermique de l’océan de 1960 à 2019 (unités : ZJ, soit 1021 J), d’après les données d’analyse de l’IAP allant de 0 à 2000 m et de Purkey et Johnson (2010) pour les changements dans les profondeurs océaniques en dessous de 2000 m. Les anomalies sont liées à la période de référence 1958-1962, et les séries chronologiques vont par intervalles de 24 mois. Les lignes grises en pointillés représentent l’intervalle de confiance à 95 % du bilan thermique total de l’océan. Crédits : Purkey et Johnson (2010)/ Cheng et al.

Sur le même sujet : L’histoire du réchauffement climatique résumée en 35 secondes

Et si les bombes atomiques sont pour vous une comparaison trop abstraite, sachez que le taux de 2019 équivaut à avoir constamment pointé, au-dessus des océans et pour chaque personne sur Terre, environ 100 sèche-cheveux.

L’impact sur l’environnement est déjà considérable : la glace fond plus vite, provoquant une hausse du niveau de la mer. La vie marine est également directement touchée, les animaux et les coraux du monde entier sont mis en danger, car ils ne peuvent tout simplement pas s’adapter à un changement aussi rapide.

tendance thermique oceans 1960-2019 vue separee

Tendances de températures des océans, de 1960 à 2019, dans les trois principaux bassins océaniques (depuis la surface jusqu’à 2000 m de profondeur). Les sections zonales et verticales sont organisées autour de l’océan Austral, au centre. Les contours noirs montrent la température climatologique moyenne associée, avec des intervalles de 2 °C. Crédits : Cheng Lijing

L’augmentation de la quantité d’eau qui s’évapore dans l’atmosphère par la chaleur a, elle aussi, un impact négatif sur le climat. « Cela rend les ouragans et les typhons plus puissants, et les précipitations plus intenses », a déclaré Abraham. « Cela intensifie la météo planétaire ».

Si les mesures visant à réduire le réchauffement planétaire échouent, ce réchauffement, qui ne fait que s’intensifier au fil du temps, pourrait nous mener vers la catastrophe climatique plus rapidement que prévu.

Source : Advances in Atmospheric Sciences

3 Réponses

  1. Luc Levieux

    Très intéressant, en effet. La surface des océans étant (paraît-il) de 321Mio km² (321.130.000 km²), 5 fois 13 kt de TNT, 5 fois l’énergie de la bombe d’Hiroshima ou 272 TJ en une seconde donc, exprimé en W, une puissance moyenne de 0,85 W/m² sur toute la surface océanique, probablement un peu plus de 2 fois plus puisque le soleil n’éclaire au mieux que la moitié de la surface. 1,7 W/m² environ, le refroidissement nocturne peut-être aussi réduit par l’effet de serre au-dessus de l’océan.
    L’augmentation de l’apport thermique solaire serait donc de l’ordre du pourcent depuis 25 ans. Oui, mais avant?

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