La plus grande usine de production d’hydrogène vert bientôt construite au Texas

usine hydrogène vert Texas
Éoliennes de la Loraine Wind Farm, au Texas. | Reuters/Nick Oxford
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La start-up Green Hydrogen International vient d’annoncer un projet de grande envergure, destiné à la production d’hydrogène vert. L’installation, baptisée Hydrogen City, sera alimentée exclusivement par des énergies renouvelables (solaire et éolienne) et devrait produire plus de 2,5 millions de tonnes d’hydrogène par an. Celui-ci servira à produire de l’ammoniac vert, du carburant pour l’aviation et même du carburant pour les fusées de SpaceX. Ce centre de production devrait être en partie opérationnel à compter de 2026.

L’hydrogène (ou plus exactement le dihydrogène, H2), produit par électrolyse de l’eau, peut être stocké physiquement dans des cavités salines — des cavités artificielles creusées dans les dépôts géologiques de sel. Le sel présente en effet une perméabilité et une porosité extrêmement faibles, qui garantissent une parfaite étanchéité. Le projet Hydrogen City sera implanté à proximité du dôme de sel de Piedras Pintas, au sud du Texas, une localisation idéale tant pour le stockage que pour la distribution. Des pipelines permettront d’acheminer l’hydrogène vers les différents sous-traitants : les centrales électriques à hydrogène, mais aussi les usines de production d’ammoniac et de carburant pour fusée.

En 2026, le site devrait afficher une puissance équivalente à 2 GW et mobiliser deux cavernes salines de stockage. Green Hydrogen International a annoncé une production annuelle de plus de 2,5 millions de tonnes d’hydrogène vert — soit environ 3,5% de la production mondiale actuelle d’hydrogène gris. À terme, plus de 50 cavernes peuvent être créées au dôme de sel de Piedras Pintas, fournissant jusqu’à 6 TWh de stockage d’énergie et transformant le dôme en un important centre de stockage d’hydrogène vert, précise le site du projet.

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Le futur carburant du Starship ?

Le site sera relié par des pipelines aux villes portuaires de Corpus Christi et de Brownsville, à la frontière mexicaine, non loin du site de lancement de SpaceX. Green Hydrogen International envisage en effet de combiner l’hydrogène et le dioxyde de carbone au port de Brownsville pour créer un carburant de fusée au méthane vert, qui sera directement exploité par la société d’Elon Musk. Le moteur de fusée Raptor mis au point par la société — développé pour propulser le lanceur super-lourd Starship — est alimenté par un mélange de méthane et d’oxygène liquides, une alternative plus verte au kérosène largement utilisé jusqu’à présent.

schéma hydrogen city
Schéma du projet Hydrogen City, relié aux acheteurs potentiels d’hydrogène vert. © Green Hydrogen International

L’accès direct à de grandes capacités de stockage est un véritable atout pour le projet. En effet, la quantité d’énergie éolienne et solaire étant variable selon les saisons, les stocks d’hydrogène vert permettront d’alimenter les différents clients même lorsque la production est moindre. « Nous voyons Hydrogen City devenir l’un des plus grands centres de production de dihydrogène au monde, fournissant à de nombreux clients différents du carburant 100% propre », a déclaré à Recharge Brian Maxwell, le fondateur de la société.

L’usine d’Hydrogen City sera principalement alimentée par des parcs éoliens et solaires locaux, à hauteur de 60 GW, mais l’entreprise prévoit de puiser de l’énergie renouvelable supplémentaire dans le réseau ERCOT — le réseau électrique principal du Texas — pendant les périodes de prix bas. À noter que l’annonce de ce projet survient alors que l’industrie pétrolière et gazière s’appuie actuellement sur la guerre en Ukraine pour inciter à davantage de forages dans le pays (et ainsi garantir l’indépendance énergétique des États-Unis).

Une énergie propre qui intéresse plusieurs secteurs

En dehors de SpaceX, plusieurs acteurs sont intéressés par cet hydrogène vert, à commencer par les centrales électriques proches, qui sont aujourd’hui alimentées en gaz naturel (les nouvelles centrales électriques au gaz peuvent brûler une combinaison d’hydrogène et de gaz naturel). Le secteur de l’aviation, lui aussi en recherche de carburant alternatif durable, pourrait également compter quelques acheteurs potentiels. Corpus Christi pourrait ainsi devenir un centre important de production de carburant durable d’aviation, selon GHI.

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Cet hydrogène vert pourrait par ailleurs servir à produire de l’ammoniac vert — l’ammoniac étant formé par réaction entre le diazote et le dihydrogène à haute température, selon le procédé Haber-Bosch. L’ammoniac est un composant indispensable à la fabrication des engrais azotés ; mais l’augmentation des prix du gaz naturel a entraîné une hausse vertigineuse des coûts des engrais pour les agriculteurs. L’engrais produit à partir d’hydrogène vert peut contribuer à supprimer la volatilité des prix.

L’ammoniac vert est susceptible d’intéresser fortement le marché asiatique et GHI étudie la possibilité d’exporter sa production. Le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie prévoit en effet d’ajouter 30 millions de tonnes par an d’ammoniac vert aux mélanges de carburants du pays d’ici 2050. Plusieurs négociations sont donc en cours entre le producteur et ses futurs clients.

Quelques autres projets similaires commencent à voir le jour à travers le monde, notamment le Western Green Energy Hub, en Australie-Occidentale, qui sera alimenté par 50 GW d’énergie éolienne et solaire et qui devrait permettre de produire 20 millions de tonnes d’ammoniac vert par an. Un projet européen, baptisé HyDeal Ambition, porté par un collectif de 30 industriels de l’énergie, ambitionne quant à lui de fournir 3,6 millions de tonnes par an d’hydrogène vert — soit l’équivalent en énergie de 1,5 mois de consommation de pétrole en France. La production démarrera en 2025 et devrait atteindre les 9,5 GW d’énergie solaire et 7,4 GW d’électrolyseurs d’ici 2030.

Source : Green Hydrogen International

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