On pourrait penser que le virus Ebola ne peut infecter qu’une seule fois, comme la majorité des agents infectieux. Malheureusement, il semblerait qu’il puisse, comme l’herpès, rester caché dans l’hôte et ainsi être transmis sans que ce dernier ne montre de symptômes de récidivité. C’est ce qu’une étude a démontré avec le cas d’une famille infectée par une femme guérie depuis plus d’un an.

Une étude publiée cette semaine montre que le virus Ebola pourrait être capable de provoquer à nouveau des cas d’épidémie, causés par des personnes ayant guéri du virus, mais qui est resté « endormi » dans leur organisme. En effet, ils ont observé le cas d’une libérienne âgée de 33 ans ayant contracté l’infection durant l’épidémie de 2014-2015, et qui avait infecté son mari ainsi que deux de ses quatre fils un an après son rétablissement. Seul un des deux fils infectés est décédé.

Avec plus de 11’000 morts au Liberia, Sierra Leone, et en Guinée depuis 2014, Ebola est un virus hautement transmissible, la principale voie étant le contact avec les fluides corporels.

Cependant, les chercheurs ne savent pas encore de quelle façon la mère a infecté sa famille. Ils ne sont pourtant jamais retournés dans les zones à risque.

Les chercheurs déclarent qu’elle les auraient infectés soit par contact physique, soit par contact avec ses fluides corporels.

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Des cas de contamination par des survivants avaient déjà été reportés, mais il s’agissait d’hommes. Des traces de virus avaient été aussi découvertes dans le lait maternel d’une femme qui n’avait montré aucun signe d’infection auparavant, mais qui l’a transmis à son bébé certainement durant l’allaitement, ce qui causa sa mort. En effet, dans de rares cas, l’infection reste asymptomatique.

La majorité des survivants masculins ont transmis le virus par voie sexuelle. Une recherche a par ailleurs montré que le virus pouvait être présent dans le sperme deux ans après l’infection. Mais les chercheurs ne pensent pas que ce soit le cas pour la femme libérienne.

« Il n’y a pas d’évidences de transmission sexuelle, le mari et les deux fils ont probablement été infectés en prenant soin de la mère », déclare au New York Times Dr. Dokubo, principale investigatrice de la recherche.

Curieusement, le plus jeune des quatre fils, âgé de seulement deux mois, possédait comme sa mère des anticorps contre le virus dans son sang.

Les scientifiques en sont arrivés à la conclusion que lors du réveil du virus chez la mère, le père et les deux fils ont été contaminés, mais le bébé a été épargné grâce aux anticorps présents dans le lait maternel, que l’organisme de la mère produisait pour se défendre.

« Cette dernière étude montre que nous n’en sommes qu’au début de la compréhension de l’épidémiologie et des tests cliniques de l’infection du virus Ebola » déclare Anne Rimoin, experte en maladies infectieuses à l’Université de Californie, qui n’a pas participé à l’étude. « Cela démontre aussi la nécessité d’une surveillance et d’une étude continue des survivants du virus et de leurs contacts proches, bien après que l’épidémie soit terminée ».

En Mai 2015, le Liberia avait déclaré que le virus avait été éradiqué, mais plusieurs cas de résurgence avaient été déclarés par la suite, bien que ceux-ci avaient été efficacement contenus du fait que le pays avait conservé l’état de haute alerte. Le Liberia a été débarrassé pour la dernière fois d’Ebola le 9 juin 2016.

Les chercheurs tentent à présent de comprendre quels sont les facteurs permettant la persistance du virus. Dokubo déclare qu’elle ne voudrait pas que les pays à haut risque baissent leur garde en se disant que tout est terminé, même si les chances de récidives sont rares du fait que les survivants possèdent des anticorps qui vont agir rapidement.

Mais elle avoue en même temps qu’elle ne souhaiterait pas sonner l’alarme afin d’éviter que la population ne s’affole trop en se méfiant de tout le monde, en particulier des survivants qui pourraient être davantage discriminés. Pour l’instant, la vaccination dans les pays à risque est le moyen le plus sûr pour éviter de nouvelles infections et dans le pire des cas, une nouvelle épidémie.

Source : The Lancet Infectious Diseases Journal

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