COVID : premier cas confirmé de transmission du chat à l’Homme

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En avril 2022, des centaines de cerfs de Virginie ont été testés positifs au SARS-CoV-2. Les scientifiques multiplient donc les recherches sur les animaux qui pourraient servir de réservoir naturel au virus afin de comprendre le mécanisme de propagation d’une part au sein de l’espèce, et d’autre part à travers différents taxons. Le but est de prévenir toute zoonose, c’est-à-dire la transmission du virus de l’animal à l’Homme. Récemment, des scientifiques thaïlandais rapportent la première preuve solide d’un chat de compagnie infectant une personne avec le SARS-CoV-2, ajoutant les félins à la liste des animaux pouvant transmettre le virus aux humains.

En mars 2021, près d’un an après le début de la pandémie, un vison sauvage apparemment en bonne santé a été testé positif au SARS-CoV-2 dans l’Utah. Aucun signalement de contraction du virus par un animal en liberté n’avait eu lieu auparavant, bien que les chercheurs aient surveillé cela de près.

Depuis le début de la propagation du virus dans le monde, les scientifiques craignaient qu’il ne passe des humains aux animaux sauvages, signifiant alors qu’il pourrait se cacher au sein de diverses populations d’animaux, et éventuellement muter, puis réapparaître chez l’Homme même après la fin de la pandémie.

Les animaux sauvages ne sont pas les seuls à avoir attiré l’attention. Des études ont montré que le SARS-CoV-2 peut infecter de nombreux animaux domestiqués et captifs, chats et chiens, pumas, gorilles et léopards des neiges dans les zoos, en passant par les visons d’élevage. Des épidémies dans des élevages de visons ont déjà montré que les animaux infectés peuvent transmettre le virus aux humains. Récemment, des chercheurs ont rapporté le premier cas de transmission avéré du virus d’un chat tigré à un humain. L’article est publié dans la revue Emerging Infectious Diseases.

Chats : suspects depuis le début de la pandémie

Des études au début de la pandémie ont révélé que les chats éliminaient des particules virales infectieuses et pouvaient infecter d’autres chats. Et au cours de la pandémie, des pays ont signalé des infections par le SARS-CoV-2 chez des dizaines de chats de compagnie. Mais établir la direction de la propagation virale — du chat à l’Homme ou de l’Homme au chat — est délicat.

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Ils sont surpris qu’il ait fallu autant de temps pour obtenir une preuve irréfutable d’une transmission effective, compte tenu de l’ampleur de la pandémie, de la capacité du virus à passer d’une espèce animale à l’autre et du contact étroit entre les chats et les humains. Angela Bosco-Lauth, chercheuse en maladies infectieuses à la Colorado State University à Fort Collins, déclare dans un article lié à la publication primaire : « Nous savions que c’était une possibilité depuis deux ans ».

Une découverte fortuite et rare

Les auteurs ont établi précisément la chronologie des faits, afin de déterminer si effectivement la contamination par le SARS-CoV-2 était bien due au fait d’un contact rapproché avec un chat. Afin d’appuyer l’hypothèse établie par la simple chronologie, ils ont ensuite comparé les génomes des virus présents chez la vétérinaire et chez le chat.

Ainsi, en août, un père et son fils originaires de Bangkok testés positifs pour le SARS-CoV-2 ont été transférés dans une salle d’isolement de l’hôpital universitaire Prince of Songkla en raison de l’indisponibilité de lits d’hôpital à Bangkok. Leur chat de dix ans a été envoyé à l’hôpital vétérinaire universitaire pour un examen. Il a été écouvillonné et testé positif. Pour l’examen, trois vétérinaires étaient présents, mais un seul a procédé au test. Pendant que le chat était écouvillonné, il a éternué face à une vétérinaire, qui portait un masque et des gants, mais pas de protection oculaire.

Trois jours plus tard, la vétérinaire a développé de la fièvre, un écoulement nasal et une toux, et a ensuite été testée positive au SARS-CoV-2, mais aucun de ses contacts proches ni les deux vétérinaires également présents lors de l’examen n’ont développé la COVID-19. Ceci suggère qu’elle a été infectée par le chat lorsqu’il a éternué. Ensuite, l’analyse génétique a confirmé que le vétérinaire était infecté par le même variant que le chat et ses propriétaires, et les séquences génomiques virales étaient identiques.

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Arbre phylogénétique des séquences du génome du SARS-CoV-2 de la vétérinaire, du père et de son fils, ainsi que du chat appartenant à ces derniers (ombrage jaune), comparées aux séquences de référence des patients COVID-19 de la province de Songkhla (Thaïlande), pour juillet-septembre 2021. © T. Sila et al., 2022 (modifié par Laurie Henry pour Trust My Science)

Par conséquent, les auteurs ont établi la chaîne de transmission des infections par le SARS-CoV-2 dans ce cluster à partir de Bangkok. Comme mentionné précédemment, les chats sont connus pour être sensibles à l’infection par le SARS-CoV-2, en particulier lors d’interactions étroites avec des humains malades. Parce que les chats infectés ont des périodes d’incubation et de contagion relativement courtes, le chat de l’étude avait probablement contracté son infection pas plus d’une semaine avant de transmettre la maladie au vétérinaire.

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Néanmoins, les scientifiques modèrent les conclusions de leur rapport. En effet, l’incidence de cette voie de transmission est relativement rare en raison de la courte durée (environ 5 jours) pendant laquelle les chats excrètent des virus viables. Néanmoins, pour éviter la transmission du SARS-CoV-2 de l’Homme au chat, les auteurs soulignent que les personnes testées positives à la COVID-19 doivent s’abstenir de tout contact avec leur chat. Par ailleurs, la protection des yeux est vivement recommandée pour les soignants lors d’interactions étroites avec des chats suspectés d’être infectés.

Nous savons que d’autres animaux sont soupçonnés d’infecter les humains, comme le vison d’élevage, les hamsters et les cerfs sauvages. L’ajout des chats à la liste « élargit notre compréhension du potentiel zoonotique de ce virus », explique Leo Poon, virologue à l’Université de Hong Kong.

En conclusion, ces événements de transmission à l’Homme sont rares, les animaux ne jouent pas encore un rôle significatif dans la propagation du virus. Bosco-Lauth conclut : « Les humains sont clairement toujours la principale source du virus ». Les humains devraient prendre soin de leurs animaux de compagnie au lieu de s’en débarrasser à la moindre occasion (surtout avec les vacances qui arrivent), tout en prenant soin de la nature qui les entoure.

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Source : Emerging Infectious Diseases

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