Les premiers signes de la maladie de Parkinson pourraient être détectés dans le nez

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| Unsplash/Getty

Parkinson, une terrible maladie neurologique dégénérative résultant en la perte progressive de neurones, affecte actuellement environ 160 000 français. À l’heure où de potentiels traitements curatifs sont en cours de développement, il devient d’autant plus important de diagnostiquer la maladie le plus tôt possible. Récemment, des chercheurs ont découvert que les signes de la maladie de Parkinson peuvent être détectés dans le nez des années avant le développement des premiers symptômes.

La nouvelle étude, publiée dans la revue Brain, pourrait conduire à la mise au point d’un test par écouvillonnage nasal (similaire à ceux utilisés pour le dépistage des coronavirus) pour détecter la maladie de Parkinson de façon précoce. Elle pourrait aussi permettre de mieux comprendre les causes et mécanismes de la maladie.

Les principaux symptômes de la maladie de Parkinson sont les tremblements et les difficultés motrices, qui se manifestent généralement entre 55 et 65 ans. Ces manifestations physiques sont principalement dues à la mort des cellules cérébrales qui fabriquent la fameuse molécule de signalisation appelée dopamine. La mort des cellules est, elle, causée par l’accumulation d’une version défectueuse d’une protéine particulière, la synucléine. Lorsque certaines molécules de synucléine sont mal repliées, le défaut se propage aux cellules voisines, provoquant un effet boule de neige pour le moment irréversible.

Ces dernières années, il a été démontré à plusieurs reprises que, dans certains cas, la synucléine commence à être mal repliée dans l’intestin, et qu’elle se propage jusqu’au cerveau par le biais de longues fibres nerveuses. Mais une origine nasale a également été suspectée, car de nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson présentent une réduction de l’odorat, qui commence souvent des années avant leurs problèmes moteurs.

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Détecter Parkinson avant les premiers symptômes majeurs

Dans le cadre de la nouvelle étude, Werner Poewe de l’université de médecine d’Innsbruck en Autriche, et son équipe, ont recherché la présence de synucléine mal repliée dans le nez de 63 personnes présentant un autre signe précoce de la maladie de Parkinson, un trouble du sommeil où les personnes bougent et s’expriment durant leurs rêves, causé par la perte du mécanisme cérébral habituel qui maintient le corps immobile durant le sommeil. Les chercheurs ont prélevé des échantillons de cellules au sommet des cavités nasales à l’aide d’un écouvillon.

Ils ont alors constaté que 44% des personnes souffrant de ce trouble du sommeil avaient de la synucléine mal repliée dans le nez. Ce chiffre était de 46% dans un autre groupe de 41 personnes atteintes de la maladie de Parkinson confirmée et de 10% dans un groupe de 59 personnes du même âge qui n’étaient pas atteintes de la maladie. Les personnes testées positives dans ce dernier groupe pourraient également se trouver dans les premiers stades de la maladie de Parkinson, selon Poewe. Les résultats ont été publiés dans la revue Brain.

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Les personnes atteintes du trouble du sommeil mentionné qui ont été testées positives par le biais de l’écouvillon nasal présentaient également une perte d’odorat plus sévère, ce qui suggère que les problèmes de synucléine défectueuse sont bien la cause de ce symptôme. Selon de précédentes études, la synucléine commence à être mal repliée dans le nez chez certaines personnes et dans l’intestin chez d’autres. Un défaut qui se propage ensuite au cerveau, explique le Dr Poewe. Il se pourrait aussi que la synucléine commence à se replier de manière erronée dans différentes zones du système nerveux.

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Limiter l’altération des neurones avant le traitement

Plusieurs médicaments visant à empêcher la synucléine mal repliée de se propager à d’autres cellules nerveuses sont en cours de développement. S’ils s’avèrent efficaces, un écouvillonnage nasal serait un test plus facile que la méthode actuelle de dépistage de la synucléine défectueuse, qui consiste à prélever un échantillon de liquide céphalorachidien dans la colonne vertébrale, explique Poewe. « C’est le tissu le moins invasif que l’on puisse obtenir pour effectuer un test ».

« Le diagnostic précoce sera important à l’avenir, lorsque nous disposerons de meilleurs médicaments », explique Alfonso De Simone, de l’Imperial College de Londres. « Plus le diagnostic est tardif, plus les neurones sont endommagés ». La maladie de Creutzfeldt-Jakob, un autre trouble cérébral causé par un mauvais repliement des protéines, bien que beaucoup plus rare, pourrait également être diagnostiquée en prélevant des cellules nerveuses dans le haut de la cavité nasale, améliorant ainsi également les résultats des traitements.

Source : Brain

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